CONCLUSIONS

       Arrivé au terme de notre étude sur le Mystère et le Ministère des Anges, nous pensons que le lecteur qui nous aura suivi, pas à pas, tout au long de notre exposé y aura gagné une certitude, source de courage, de paix et de joie, certitude qu'il existe bien de nombreux intermédiaires entre l'homme et Dieu; les cohortes angéliques sont une réalité de même que l'existence de notre Ange Gardien, dont la mission de tout instant est de nous assister, de nous guider à travers les embûches de la vie et de nous protéger efficacement contre les attaques du malin.

       Lorsqu'on a réalisé la présence constante de notre Ange gardien qui note dans le livre de vie, nos actions, les bonnes comme les mauvaises, il devient de plus impensable et impossible de transgresser les Lois de Dieu; car, c'est alors que nous réalisons toute la portée de cette parole de Jésus: «II n'y a rien de secret qui ne doive être manifesté, ni rien de caché qui ne doive être mis en évidence» (Marc IV, 22).

       Fait à bien retenir: Notre Ange gardien n'est pas uniquement placé auprès de nous pour prendre note de toutes nos actions; il a pour mission principale de nous protéger spirituellement et même matériellement (on se rappellera le cas du P. Lamy, préservé miraculeusement, grâce à l'intervention de l'Archange Gabriel, d'une grave collision avec un bicycliste qui allait le renverser).

       L'Ange gardien n'est pas seulement un guide, un observateur et un protecteur, il est encore un messager tout à notre service; il porte nos prières à Dieu et il nous transmet en retour Sa grâce et Ses bénédictions.

       Comment ne pas être frappé de l'universalité de la croyance innée, que l'on retrouve chez tous les peuples, en l'existence d'entités peuplant l'Au-Delà, soit Dieux, Esprits ou Anges, qui sont les hôtes tant du plan astral que du plan spirituel.

       La Bible (aussi bien l'Ancien que le Nouveau Testament), est infiniment riche en citations d'interventions angéliques plus ou moins spectaculaires et l'on peut s'étonner et même déplorer que les chrétiens modernes fassent si peu cas de ces Messagers du Père, dont les manifestations efficientes se remarquent tout au cours de l'histoire; elles sont attestées comme étant réellement vécues par les Pères de l'Eglise, les Pères du désert, par les saints et par tous les vrais mystiques.

       Saint Denys ou Pseudo-Denys, comme on voudra, a le premier codifié la montée ascendante, par hiérarchies et chœurs successifs, de ces innombrables habitants des Cieux; saint Thomas d'Aquin en a établi rationnellement l'existence et la nature; il a été lui-même au bénéfice d'apparitions et de communications angéliques.

       Tout au long des âges, ces manifestations n'ont pas cessé d'avoir lieu, et, à notre époque, nous avons eu un Père Lamy qui fut en commerce constant avec le Christ, la Sainte Vierge et les Anges; il en est de même, encore actuellement, avec un mystique de la trempe du Padre Pio, le premier prêtre stigmatisé.

       Les chrétiens modernes auraient tout avantage à reconsidérer la question, toujours actuelle, du mystère et du ministère des Anges; avec un peu d'étude, d'attention et de compréhension, ils arriveraient à savoir que Dieu créa les Anges, ces Entités célestes, pour être des intermédiaires, des messagers entre terre et ciel. Ils réaliseraient que le Christ est le chef des chœurs et des cohortes angéliques, que la sainte Vierge en est leur Reine, et que les Archanges sont à son service pour exécuter ses ordres. On le sait, la Reine des Anges est apparue à de nombreux mystiques, en de multiples lieux. Elle a même parlé et donné d'utiles conseils ou des réprimandes justifiées (la Salette, Lourdes, Fatima, cas du Père Lamy).

       A l'adresse de certains protestants qui accusent les catholiques d'être des «mariolâtres», Péladan eut cette exclamation motivée: «Ah! La Vierge, la sainte Vierge, comme je la sens et que je plains ces malheureux protestants qui n'ont pas de Mère dans le ciel». Et toujours à propos de la sainte Vierge, Péladan a émis cette parole illuminative: «L'art est vraiment un don divin, car il crée; il rend visible l'invisible et permanentes les choses fugaces.»

       «Le théologien n'en finit pas d'expliquer la Vierge-Mère. Si nous la peignons, tout le monde la comprend et l'honore.»

       Le Nouveau Testament nous révèle que les Anges ont été les compagnons et les serviteurs de Jésus dès sa naissance, durant tout son ministère ici-bas et jusqu'à sa mort; après sa résurrection et son ascension au travers des chœurs angéliques, le Christ en fut proclamé le Chef.

       La croyance en l'assistance des Anges, en celle de leur Chef et en celle de leur Reine, n'est pas à regarder comme une aimable fiction poétique; au contraire, c'est bien là une réalité, un fait d'expérience, dont avec un peu de foi, d'humilité et de charité, chacun peut avoir la preuve. Cette bénédiction a été promise à tous les croyants sincères qui ont cherché à réaliser, en eux et par eux, le «commandement nouveau» du Maître: «Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis».

       Maître Philippe n'a-t-il pas montré, lui aussi, le chemin qui facilite et qui nous ouvre la voie du monde angélique? Il nous a dit en effet: «Si vous n'allez pas vers les pauvres et les petits, comment les Anges viendraient-ils vers vous?»

       On nous reprochera, peut-être, d'avoir attribué trop d'importance aux paroles de Maître Philippe; cette critique ne peut provenir que de l'ignorance ou de la mauvaise foi, car celui qui a pris la peine d'étudier le cas de l'apparition sur terre de cet Envoyé de Dieu, sait combien son enseignement et ses pouvoirs étaient identiques à ceux du Christ. C'est avec raison que Maître Philippe s'appelait «le plus vieil esprit de la terre» et qu'il ne craignait pas d'affirmer dans une lettre à son ami, le Dr Gérard Encausse: «Vous savez bien, mon digne ami, que Dieu nous a remis plein pouvoir et qu'il a armé notre main du vent, de la grêle, du feu, de la foudre, de la mort et de la vie. Qui peut nous faire trembler? Rien à notre avis.» Et ce n'étaient pas là propos en l'air! Toute la vie de Maître Philippe a été une démonstration spectaculaire de ces pouvoirs métanormaux, voire miraculeux. Or, l'enseignement d'un tel Envoyé de Dieu doit être pris en sérieuse considération. Rappelons les ouvrages parus sur Maître Philippe que l'on peut consulter avec fruit: Dr. Ph. Encausse, «Le Maître Philippe de Lyon. Thaumaturge et Homme de Dieu»; Michel de Saint-Martin, «Révélations. Entretiens spirituels sur le Maître Philippe, de Lyon»; Alfred Haehl, «Vie et Paroles du Matin Philippe»; De Ed. Bertholet, «La Réincarnation d'après le Maître Philippe de Lyon» (voir Bibliographie).

       Des esprits, en mal de critique, nous reprocheront certainement de trop abondantes citations, de trop fréquentes répétitions qui leur sembleront inutiles; elles sont voulues, car, par ces répétitions le tableau de l'angéologie se complète et se parachève petit à petit. Nous avons cherché à réaliser ainsi une modeste anthologie de l’angélisme; elle évitera à beaucoup de lecteurs des recherches longues et souvent fastidieuses d'ouvrages épuisés ou introuvables dans les bibliothèques non spécialisées.

       La notion de l'assistance angélique est encore vivace dans le folklore des peuples. Nous en citerons un cas entre plusieurs, tiré des Traditions et Légendes de la Suisse romande, par un groupe d'auteurs, A. Daguet, etc., Lausanne 1873. Voici le récit intitulé: 

La Pierre meurtrière

        Trois petits bergers faisaient un jour paître leurs troupeaux sur l'alpe Stuffel, vallée de Viège. Vers l'heure de midi, comme les vaches, fatiguées de paître, étaient couchées sous les arbres de la forêt, occupées à ruminer, les enfants étaient assis sur l'herbe, à l'ombre d'un sapin. Chacun de ces bambins s'amusait pour lui seul, sans appeler ses camarades à partager son jeu.

        Le premier des enfants, couché au milieu d'une touffe de rhododendrons, creusait dans le gazon des petits trous, pour le chemin des âmes.

        Une excavation pratiquée dans le sol représente ce bas monde. De petits escaliers indiquent le chemin du ciel; d'autres marches qui descendent dans le sol, sont la voie du purgatoire et de l'enfer. Le travail achevé, on jette en l'air le couteau, comme au jeu de hasard on jette un dé et d'après la façon dont il tombe, l'âme monte vers le paradis ou descend vers l'abîme. Les enfants des montagnes aiment beaucoup ce jeu, mais ils s'en amusent loin des yeux de la maman qui n'aime pas à voir badiner sur un sujet aussi grave.

        Le second enfant raccommodait sa chaussure qui offrait de nombreuses solutions de continuité, tandis que la troisième — une fillette — tricotait un bas.

        Le cordonnier-amateur rompit tout à coup le silence et dit à ses compagnons en leur montrant un bloc de rocher qui menaçait le théâtre de leurs jeux: «Si cette grosse pierre se détachait subitement du sol et qu'elle roulât sur nous, que ferions-nous?» L'autre bambin répondit: «Je me sauve, car je ne suis pas encore en purgatoire». L'interpellateur répondit: «Moi, je remets mon soulier et je me sauve». La fillette pensa: «Moi, je me recommande à mon ange gardien».

        Au même instant la pierre se détacha et roula sur le groupe d'enfants. Elle broya les deux garçons. La jeune fille seule échappa comme par miracle.

*

        Dans le même ouvrage, on trouve relatée une légende de Gruyère: Les Cygnes du Lac Noir. Nous y relevons ce charmant passage:

       «II y avait une heure que l'enfant sommeillait à l'ombre d'un sapin; sous le charme d'un rêve délicieux, il voyait de doux visages, pleins de sourires, se pencher vers lui.

       «Son ange gardien agitait ses ailes pour rafraîchir l'air qu'il respirait, et trois autres anges lui présentaient des bouquets si brillants qu'ils semblaient faits de pierreries.»

*

       Notre conteur vaudois, M. le pasteur Alfred Cérésole, dans Légendes des Alpes vaudoises, a consigné une prière particulière, en patois, qu'il a recueillie dans certains hameaux écartés des Ormonts:

       Dans mon blanc lit je me couchai; trois anges y trouvai qui me dirent que dormisse bien, que ne me donnasse peur, ni de feu, ni de flamme, ni de mort subite, ni d'acier trempé, ni de bois pointu, ni de pierre brisée...

        Dieu bénisse les lattes et les chevrons et tout ce qu'il y a dans la maison.

        Dans le même ouvrage, on trouve tout un chapitre consacré à l'étude du diable et des démons, tels qu'ils étaient alors compris et craints parmi le peuple.

       Puisque nous en sommes aux citations littéraires, voici, dans Sagesse (I/XXI, strophes 4 et 5), comment Verlaine comprenait la mission de l'Ange gardien: 

Va ton chemin sans plus t'inquiéter!

*

Simple comme un enfant, gravis la côte,

Humble comme un pécheur qui hait la faute,

Chante, et même sois gai, pour défier

L'ennui que l'ennemi peut t'envoyer,

Afin que tu t'endormes sur la voie.

*

Ris du vieux piège et du vieux séducteur,

Puisque la Paix est là, sur la hauteur,

Qui luit parmi les fanfares de gloire.

Monte, ravi, dans la nuit blanche et noire,

Déjà l'Ange Gardien étend sur toi

Joyeusement des ailes de victoire.

*

       Et Victor Hugo, le voyant, le poète, n'a-t-il pas magnifié la mort du juste persécuté et méconnu (Jean Valjean)? En effet, «Les Misérables» prennent fin sur cette vision sublime et consolante:

       «La nuit était sans étoiles et profondément obscure. Sans doute, dans l'ombre, quelque ange immense était debout, les ailes déployées, attendant l'âme

       Penchons-nous encore une fois sur l'enseignement de saint Denys l'Aréopagite qui nous dit:

        Ainsi ce sont les Anges qui en premier lieu et à plusieurs titres sont admis à la participation de la Divinité et expriment moins imparfaitement et en plus de manière, le mystère de la Nature infinie; de là vient qu'ils sont spécialement et par excellence honorés du nom d'Anges, la splendeur divine leur étant départie tout d'abord et la révélation des secrets surnaturels étant faite à l'homme par leur entremise.

        Ainsi, avant et après la loi, les Anges conduisaient à Dieu nos illustres ancêtres, tantôt en leur prescrivant des règles de conduite, et les ramenant de l'erreur et d'une vie profane au droit chemin de la vérité, tantôt en leur manifestant la constitution de la hiérarchie céleste et en leur donnant le spectacle mystérieux des choses surhumaines, en leur expliquant au nom du ciel, les événements futurs.

        On pourrait nous reprocher de n'avoir pas réservé une section spéciale de notre étude sur le Mystère et le Ministère des Anges, au cas extraordinaire de sainte Thérèse d'Avila, (1515-1582), mystique qui durant toute sa vie fut en rapports constants et intimes avec le Christ, la Vierge, les Saints et les Anges. La vie de cette mystique est si riche en visions, colloques divins et angéliques qu'il faut avoir recours à son Autobiographie ou à l'ouvrage que Louis Bertrand, de l'Académie française, a consacré à Sainte Thérèse, pour avoir une vue d'ensemble et complète du sujet; notamment il faut se reporter au quatrième chapitre traitant des Grandes Grâces, où nous lisons: «Thérèse a vécu dans l'intimité du Christ... Pendant les vingt-cinq dernières années de sa vie, il ne s'est pas passé un seul jour où elle n’ait entendu Sa Voix et où elle ne L'ait senti à côté d'elle. C'était l'Ami de tous les instants.» Bertrand relève l'affirmation de sainte Thérèse ayant trait à la difficulté qu'éprouvent tous les mystiques de décrire, en mots humains, leurs sensations dans l'état d'extase et d'union avec Dieu. «Ceux que Dieu a élevés à l'état d'union, dit-elle, auront seuls quelque intelligence de ce langage.»

       Il est à noter que chez Thérèse d'Avila, les extases survenaient surtout après la communion. Voici quelques visions de cette mystique, telles qu'elle les a consignées dans son Autobiographie: «La veille de la Saint Sébastien, comme on commençait à chanter le Salve, je vis la Mère de Dieu, entourée d'une grande multitude d'anges descendre vers la stalle de la Prieure».

       Un jour que Thérèse assistait à l'Office des morts, célébré pour une religieuse très pure, morte en odeur de sainteté, notre mystique vit le Christ et les Anges qui se joignaient aux Sœurs durant l'office: «C'est, dit-elle, parce que Dieu honore les corps où ont été des âmes justes».

       Une fois le Christ avait dit à Thérèse cette phrase lourde de sens: « Que deviendrait le monde sans les religieux?»

       Comme saint François d'Assise, sainte Thérèse d'Avila a eu le cœur «transverbéré» par le dard d'or d'un Chérubin (1), et l'on voit encore sur ce cœur, qui est conservé religieusement par les Carmélites d'Avila, la cicatrice, confirmant les sensations et les dires de la sainte. Au demeurant voici comment Thérèse rapporte le fait dans son Autobiographie;

       «Le Seigneur voulut, à plusieurs reprises, que j'eusse cette vision: Je vis un ange près de moi, du côté gauche, sous une forme corporelle, ce qui ne m'arrive que par un miracle extraordinaire. Bien que, souvent, des anges m'apparaissent, je ne les vois pas, sinon par une vision intellectuelle analogue à la première que j'ai rapportée. Cette vision, le Seigneur voulut que je la visse, ainsi: il n'était pas grand, plutôt petit, très beau, le visage tellement enflammé qu'il me semblait être un ange d'un rang très élevé, de ceux qui ne sont que feu. Ce doit être ceux qu'on nomme Chérubins, car ils ne me disent par leurs noms. Mais je vois bien que, dans le ciel, il y a une telle différence d'un ange à l'autre et de ceux-ci à ceux-là, que je ne saurais le dire. Je lui voyais dans les mains un long dard qui était d'or, avec une pointe de fer qui me semblait avoir un peu de feu. Il me parut qu'il me le plongeait dans le cœur, à plusieurs reprises, et que ce dard me pénétrait jusqu'aux entrailles.» La douleur était si forte que Thérèse poussait des gémissements et qu'en même temps elle se sentait tout embrasée du feu de l'amour divin.

       Il va de soi que ces extases et ces visions extraordinaires ne pouvaient être comprises par ses Sœurs en religion, pas plus que par son confesseur; on parlait de déséquilibre mental ou d'hystérie; ces jugements désespéraient notre mystique; on prétendait que c'était fantasmagorie diabolique et non divine; pour faire échec au trouble de Thérèse, le Christ lui dit au cours d'une extase: «Je ne veux plus que tu converses avec les hommes, mais avec les anges». On ne peut imaginer plus sévère et radicale condamnation de la dialectique humaine appliquée au jugement discursif des manifestations angéliques et divines.

       Il est enfin une page de saint François de Sales qui mérite une attention toute particulière:

 

Entre la bête et l'Ange

       Les philosophes anciens ont reconnu qu'il y avait deux sortes d'extases, dont l'une nous portait au-dessus de nous-mêmes, l'autre nous ravalait au-dessous de nous-mêmes, comme s'ils eussent voulu dire que l'homme était d'une nature moyenne entre les Anges et les bêtes, participant de la nature angélique en sa partie intellectuelle (spirituelle), et de la nature bestiale en sa partie sensitive, et que néanmoins il pouvait, par l'exercice de sa vie et par un continuel soin de soi-même, s'ôter et déloger de cette moyenne condition, d'autant que s'appliquant et s'exerçant beaucoup aux actions intellectuelles, il se rendait plus semblable aux Anges qu'il ne l'était aux bêtes; que s'il s'appliquait beaucoup aux actions sensuelles, il descendait de sa moyenne condition, et se rapprochait de celle des bêtes. Et parce que l'extase n'est autre chose que la sortie qu'on fait de soi-même, de quelque côté que l'on sorte, on est vraiment en extase.

        Ceux donc, qui, touchés des voluptés divines et intellectuelles, laissent ravir leur cœur aux sentiments d'icelles, sont voirement hors d'eux-mêmes, c'est-à-dire au-dessus de la condition de leur nature, mais par une bienheureuse et désirable sortie, par laquelle entrant en un état plus noble et relevé, ils sont autant Anges par l'opération de leur âme, comme ils sont hommes par la substance de leur nature, et doivent être dits ou Anges humains, ou hommes angéliques... Ainsi ces hommes angéliques, qui sont ravis en Dieu et aux choses célestes, perdent tout à fait, tandis que leur extase dure, l'usage et l'attention des sens, le mouvement et toutes actions extérieures.

       D'après saint François de Sales, Élie, le prophète, est le prototype de ces hommes angéliques; or, Élie fut ravi en haut sur le char enflammé entre les Anges.

       Devenir et être un de ces hommes angéliques, tel est l'idéal final vers lequel nous devons tous tendre; c'est dans cette direction et à ces fins que notre Ange gardien s'efforce de nous conduire. Que par notre froideur, ou notre indifférence nous ne découragions pas notre bon Ange!

       Enfin, en matière d'angéologie, ayons toujours présent à l'esprit l'enseignement donné par deux grands mystiques contemporains: le Père Lamy et le Padre Pio. Ces deux serviteurs de Dieu ont eu, en effet, tout au long de leur vie, de nombreuses manifestations angéliques et ils ont particulièrement attiré l'attention des chrétiens sur la nécessité qu'il y avait pour eux de s'adresser plus souvent et avec plus de confiance à leur Ange gardien dont ils pourraient à tout instant recevoir aide et protection; pour cela, il suffit de faire appel à leur assistance qui jamais ne nous laisse sans secours. Écoutons encore une fois ce que ces mystiques ont à nous apprendre, résultat de leur propre expérience et de leur communion constante avec les Anges du Seigneur: 

Nous ne donnons pas aux Anges l'importance qu'ils ont.

Nous ne les prions pas assez!

Rien n'est plus fidèle qu'un Ange.

(Le P. Lamy.)

 

L'Ange gardien est l'ami le plus sincère

et le plus fidèle, même quand nous avons le tort de le peiner

par notre mauvaise conduite.

(Padre Pio.)

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(1) Le P. Dominique Banès, confesseur de sainte Thérèse et son conseiller habituel a noté en marge du manuscrit de Thérèse: «II semble plutôt que ce devait être l'un de ceux que l'on nomme Séraphins».

       La sainte était âgée de quarante-quatre ans lorsqu'elle reçut, au monastère de l'Incarnation d'Avila, une faveur si extraordinaire.

       Les Carmes réformés d'Espagne et d'Italie obtinrent, en 1726, du pape Benoît XIII un Office propre pour la fête de la Transverbération du cœur de sainte Thérèse, leur fondatrice. Cet Office est célébré le 27 du mois de mai, tandis que la fête de la sainte a lieu le 15 octobre.