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VIE DユANNE CATHERINE EMMERICH

 

TOME TROISI餉E

 

CHAPITRE XV

 

ANNE CATHERINE EST TRANSPORTウ DANS UN NOUVEAU LOGEMENT. ELLE PREND SUR ELLE L'サAT CORPOREL ET SPIRITUEL DE PERSONNES VIOLEMMENT TENTウS ET D'AGONISANTS.

 

           1. Le 15 f思rier 1821, sur la nouvelle de la mort de Lambert, le conseiller de la chambre des finances Diepenbrock, p俊e du cardinal Melchior Diepenbrock, 残rivit de Bocholt la malade pour l'inviter amicalement venir passer dans le sein de sa famille ce qui lui restait de temps vivre : il offrait en m仁e temps au p俊e Limberg la position d'aum冢ier Bocholt, afin qu'Anne Catherine ne f柎 pas priv仔 de son assistance sacerdotale. Ces marques de bienveillante sympathie, succ仕ant aux douloureuses 姿reuves des derniers jours, furent pour Anne Catherine aussi bien que pour le p俊e Limberg un 思始ement qui les remplit d'士otion joyeuse et de vive reconnaissance. La premi俊e d残lare, apr峻 avoir lu la lettre : ヌ Il y a des ann仔s, 師ant dans la derni俊e d師resse, j'ai cri une fois vers Dieu que je ne pouvais pas conserver le tr市or de mon 盈e au milieu de tribulations si grandes et si continuelles; il me dit que je devais pers思屍er jusqu' la fin; qu'il viendrait mon secours, quand m仁e je serais abandonn仔 ou m姿ris仔 par mes meilleurs amis, et que je vivrais tranquille pendant quelque temps. J'ai toujours esp屍 en ce secours. ネ

Ces paroles 師aient la premi俊e expression de son profond sentiment de reconnaissance et contenaient l'aveu involontaire qu'elle 師ait pr腎e accepter l'invitation autant que cela. pouvait d姿endre de son inclination personnelle. Elle regarda son confesseur qui r姿ondit : ヌ Nous prierons pour savoir si c'est la volont de Dieu. ネ Quelques semaines plus tard, Diepenbrock renouvela ses offres par l'interm仕iaire de sa fille Apollonie qui vint Dulmen visiter la malade, et cela ne put que contribuer accro杯re la grande affection qu'Anne Catherine, tant qu'elle v残ut, porta dans son coeur cette g始屍euse famille. Apollonie 師ait accompagn仔 de Louise Hensel, laquelle, dans les ann仔s pr残仕entes, avait d史 pass un temps assez long pr峻 d'Anne Catherine. Toutes deux appartenaient au petit nombre de connaissances avec lesquelles elle avait nou des relations particuli俊ement amicales et intimes, et auxquelles elle ne cessa de porter jusqu' la fin la plus vive et la plus ardente sympathie spirituelle, s'int屍essant toutes leurs affaires, surtout aux affaires de leur 盈e, et les accompagnant de ses pri俊es sur tous les chemins de la vie. Il 師ait naturel qu'Anne Catherine ne cach液 pas l'士otion joyeuse produite chez elle par les offres g始屍euses qui lui 師aient faites, qu'elle r姿師液 souvent et avec vivacit combien elle en 師ait reconnaissante et combien elle croyait l'accueil cordial qu'elle trouverait : il n'y avait rien l qui f柎 en contradiction avec l'assurance int屍ieure que, dans les desseins de Dieu, elle ne, devait pas quitter Dulmen pour finir ses jours dans une situation plus agr斬ble et plus tranquille. Elle r志ssit aussi insinuer cette persuasion son p俊e spirituel, mais le P粛erin et son fr俊e ne pouvaient pas renoncer la pens仔 que son 士igration Bocholt serait pour elle le plus grand des bienfaits et la d四ivrerait, suivant leur plus vif d市ir, de tous ces d屍angements qui faisaient obstacle leurs propres efforts. Ils attendaient seulement l'instant convenable pour mettre le projet ex残ution. Ayant la conviction in暫ranlable qu'ils travaillaient pour le bien gela malade, ces deux hommes ind姿endants, d'un esprit remarquable, qui jusque-l avaient plut冲 ob司 l'impulsion de hautes facult市 po師iques et scientifiques qu' une vocation solide les appelant une vie plus relev仔 oubli俊ent compl春ement que pour Anne Catherine la translation Bocholt pouvait 腎re quelque chose de plus grave que ne l'est pour un voyageur le changement des auberges o il passe la nuit. Le P粛erin, dans son journal, avait exprim en termes assez secs son opinion sur l'師at des choses : ヌ Au milieu du d市ordre et de la confusion qui l'entourent (C'est dire de la situation ext屍ieure, telle qu'il la voyait), lorsqu'on voit se produire en elle des ph始om熟es d'une port仔 incalculable qui exigeraient qu'elle v残柎 dans la retraite la plus absolue, sous la protection des personnes les plus intelligentes, son incurable condescendance fait qu'elle entretient chez toute sorte de personnes, bonnes sans doute, mais parfaitement inintelligentes (Il qualifiait ainsi tous ceux qui ne partageaient pas sa mani俊e de voir), le sentiment qu'elle leur tient par des rapports 師roits et intimes. Ces personnes se scandalisent alors de ce que d'autres (c'est--dire le P粛erin et son fr俊e), cherchent faire pr思aloir des vues diff屍entes en ce qui la concerne ; elles soul竣ent des inimiti市 et suscitent des bavardages, tandis qu'elle m仁e impute tous les ennuis qui naissent de l ceux qui l'assistent sans la troubler (!!!). Si elle n'est pas enti俊ement s子uestr仔, si les discours, les actes, les conseils en ce qui touche les choses du monde ne sont pas compl春ement retranch市, - si elle ne meurt pas enti俊ement au monde ext屍ieur et ne cesse pas de s'entretenir seule et longuement avec toute sorte de personnes, le d市ordre ne finira jamais. Le P粛erin lui a dit derni俊ement qu'elle parlait souvent comme quelqu'un qui divague. Elle a pris cela fort coeur et il en est r市ult des pleurs qui ont abouti un fort vomissement de sang. ネ

 

Avec de semblables vues sur la situation de la malade et ses relations, il est certain qu'on ne pouvait pas h市iter tout faire pour la ヌ s子uestrer ネ totalement du monde une fois pour toutes.

 

           2. Au mois de juillet, Overberg 師ait venu Dulmen. Anne Catherine lui avait expos sa situation tout enti俊e, lui avait rendu compte de l'師at de sa conscience et avait re講 de lui des conseils et des consolations. ヌ Il a, dit-elle, pris sur lui tous mes scrupules (c'est--dire qu'il l'avait tranquillis仔 en lui disant qu'elle n'師ait nullement responsable de l'irritation qu'avait excit仔, en f思rier, sa r姿ugnance bien justifi仔 changer de domicile). Il n'a rien dit non plus cette fois sur le changement projet dans ma situation. ネ Les jours suivants, elle r姿師a plusieurs fois : ヌ Le diable veut emp芯her par force ce que Dieu veut de moi. Je vois en face de moi cro杯re une grande croix... Je me suis vue mourant dans une bruy俊e que je traversais en voiture. Je ne vais Bocholt qu'en esprit .... On veut se saisir de moi et m'emporter... ネ Et le 1er ao柎 : ヌ Je suis pleine d'anxi師 comme si une grande souffrance me mena溝it ネ... Mais le P粛erin en reproduisant toutes ces paroles, fait la remarque suivante : ヌ Ce sont l des visions m四ang仔s d'angoisse et de d四ire auxquelles on ne peut se fier; ネ ou bien : ヌ Elle a 師 toute la journ仔 dans un 師at tr峻-mis屍able et en proie un d四ire f暫rile. ネ

 

           Cependant, d峻 le 6 ao柎, il fut 思ident qu'elle avait bien vu et que ce pressentiment plein d'angoisse n'avait 師 que trop fond : car, ce jour-l, on vit s'arr腎er devant la maison de la malade une voiture command仔 par le P粛erin et son fr俊e, dans laquelle elle devait 腎re conduite sans retard Bocholt. Le P粛erin lui-m仁e raconte cet incident dans les termes suivants : ヌ A midi arriv俊ent Mme Hirn et M. de Druffel (Sur l'invitation du fr俊e du P粛erin). On parla beaucoup des d士arches faites aupr峻 de Son Excellence le prince 思尋ue Munster et aupr峻 de M. le doyen, et il fut dit que tout obstacle au voyage 師ait lev. Il se tint divers propos et certaines personnes s'irrit俊ent. Le fr俊e du P粛erin se confirma dans l'opinion qu'il avait du triste 師at moral de la malade. La malade devint plus malade. Le confesseur s'opposa, contre toute attente, ce qu'on la port液 dans la voiture et, dans son extr仁e anxi師, il eut recours aux plus 師ranges subterfuges. M. de Druffel et Mme Hirn lui repr市ent俊ent qu'ils avaient des preuves par 残rit (que la chose se faisait d'accord avec l'思尋ue). Il demanda les voir et quand on les lui e柎 montr仔s, il ne voulut pourtant pas se rendre. Druffel se retira d使o柎, Mme Hirn eut l'imprudence de dire au fr俊e de la malade que celle-ci devait partir. Ce fr俊e qui, naturellement, ne voulait pas entendre parler de cela, r姿師a la chose l'extravagante soeur : ce fut comme si le feu prenait partout et le d姿art devint impossible ! ネ

Anne Catherine vit avec la plus grande tristesse l'irritation qui s'emparait de nouveau des esprits, et pouss仔 par sa bont et par le d市ir de pr思enir des dissentiments, ult屍ieurs, elle se montra pr腎e c仕er aux exigences des deux fr俊es, en tant que Dieu le lui permettrait. Elle se consulta cette fin avec son confesseur aux yeux duquel le fait que le nouveau prince 思尋ue de Munster avait pris connaissance du projet de changement de domicile comme d'une chose d残id仔, pesait d'un tel poids dans la balance qu'il d残lara qu'Anne Catherine pouvait, au nom de Dieu, quitter la maison, se rendre dans un autre logement et aussi cong仕ier sa soeur. Elle se soumit cette d残ision comme un ordre et, la m俊e sup屍ieure Hackebram 師ant absente, elle fit mander son ancienne ma杯resse des novices, la soeur Neuhaus, pour d残larer, en sa pr市ence et en pr市ence du confesseur, au P粛erin et son fr俊e qu'elle 師ait pr腎e faire ce que d残idait son confesseur. Le P粛erin rapporte ce sujet en termes qui t士oignent d'un sentiment d'irritation encore tr峻-grand que la faible et vieille soeur Neuhaus se pr残ipita sur le fr俊e du P粛erin et ne voulait pas laisser la malade s'en aller. Il la remit sa place. La malade garda le silence, elle le laissa dans l'embarras (!), elle ne dit pas que c'師ait sa volont d'腎re emmen仔. Cette marque de faiblesse le blessa et le confirma dans la mauvaise opinion qu'il a d'elle. La ma杯resse de la maison se jeta aussi sur lui. Elle et la Neuhaus reproch俊ent au P粛erin qu'il 師ait toujours pr峻 de la malade et, qu'il lui 師ait charge. La malade ne dit pas un mot pour y contredire (note).

 

(note) Comme on le comprend, elle ne pouvait pas plus contredire ce qui 師ait vrai que d残larer qu'elle-m仁e d市irait 腎re emmen仔 ailleurs

 

Ce second reniement l'irrita encore davantage. Il eut encore combattre contre la soeur et contre l'enfant. Mme Hirn (note) d残lara qu'elle ne partirait pas que la malade n'e柎 師 emmen仔 hors de la maison.

 

(note) Que cette bonne dame qui n'avait jamais eu de relations particuli俊es avec la malade se permit pareille chose, c'est une preuve de plus que chacun se croyait appel contr冤er les voies par lesquelles Dieu conduisait son instrument choisi.

 

 

Enfin, dans la nuit du 6 au 7, elle fut retir仔 de cette maison ou r夙ne le d市ordre (note) et conduite dans un autre.

 

(note) Mais, dans cette maison, Anne Catherine avait 師 trait仔 avec tant d'affection et de respect que le propri師aire, Cl士ent Limberg, conserva, jusqu'en 1859, les deux petites chambres qu'elle avait habit仔s dans l'師at o elles se trouvaient lorsqu'elle fut transport仔 dans sa nouvelle demeure. Et apr峻 la publication du premier volume de cette biographie, ce vieillard envoya l'auteur un rapport fid粛e sur toutes les impressions

que lui avait fait 姿rouver Anne Catherine et qu'il avait conserv仔s dans toute leur vivacit jusqu' l'曳e tr峻-avanc oit il 師ait parvenu.

 

Quoiqu'師ant enti俊ement sans connaissance, elle s'inclina profond士ent devant le Saint-Sacrement lorsqu'on la fit passer devant l'使lise et, le lendemain, elle croyait qu'on la lui avait fait traverser. Cela est touchant et pourtant instructif pour les personnes qui font les choses de mauvaise volont. ネ

 

3. Mais il y a aussi quelque chose de " touchant " dans les aveux que le P粛erin se vit amen faire involontairement et plusieurs reprises, les jours suivants. A peine la malade e柎-elle 師 transport仔 dans son nouveau et sombre logement et install仔 dans une petite chambre fort triste situ仔 au rez-de-chauss仔 que le P粛erin et son fr俊e l'accabl俊ent de reproches sur ヌ ce qu'elle n'avait agr試 en rien les peines qu'ils avaient prises (pour l'emmener Bocholt). Le fr俊e du P粛erin lui dit tout ce qu'il pensait de son 師at moral (note).

 

(note) Ce jugement s思俊e port sur l'師at de son 盈e par un la敏ue qui n'師ait revenu la foi que depuis peu de temps, 師ait la plus r思oltante injustice envers une religieuse dirig仔, comme elle l'師ait, par des pr腎res aussi consciencieux et rest仔 invariablement fid粛e ses voeux de religion.

 

Elle en eut beaucoup de chagrin et en vint douter d'elle-m仁e. Elle s'en ouvrit son confesseur qui en fut aussi extr仁ement agit. Alors ses mis俊es recommenc俊ent et elle eut de nouveaux vomissements de sang. Mais souvent l'expression de son visage annonce que son 盈e jouit de la paix la plus profonde. ネ

 

9 ao柎. ヌ Elle est extr仁ement troubl仔 de ce que lui a reproch le fr俊e du P粛erin. Elle n'a probablement pas bien compris de quelle nature 師aient ses reproches. Elle en appelle Dieu et son tribunal. Au milieu de tout cela, elle se montre, dans certains moments, pleine d'un calme inexprimable : on dirait une image de la paix. ネ

 

10 ao柎. " Aujourd'hui elle a 師 tr峻-malade et elle a eu plusieurs reprises une sueur de sang et d'eau. Elle est en outre si faible qu'elle ne peut ni parler, ni remuer la main. Mais avec cela l'expression de son visage est celle d'une paix impossible d残rire, d'un calme int屍ieur plein de douceur et d'une parfaite puret d'盈e. On ne peut dire combien elle est douce et 姿uis仔 de fatigue. Elle a dit : " Je suis mieux maintenant. Quand je suis malade, je suis toujours meilleure. Saint Ignace m'a ordonn de demander Dieu le v屍itable esprit de paix et la connaissance de moi-m仁e. Je re腔is souvent de lui des consolations : mais on ne peut jamais savoir dans quels termes on est avec Dieu. ネ

Cette profonde et solide humilit, par suite de laquelle Anne Catherine 師ait toujours port仔 prendre pour vraie toute accusation port仔 contre elle, si injuste et si passionn仔 qu'elle f柎, et se croire r仔llement la cause ヌ que la discorde et l'irritation naissaient autour d'elle ネ, comme le fr俊e du P粛erin le lui avait reproch, cette humilit fut r残ompens仔 de Dieu par la vision consolante sur la puret de sa contemplation, cit仔 plus haut (tom. II, ch. viii), et qui commence par ces mots : " Quand je vis na杯re de tels ennuis, etc., etc. " Elle se sentit tellement fortifi仔 par l que le P粛erin put dire : " Je la trouvai le soir en vision. Elle chanta d'un air tr峻-paisible des cantiques la louange de Marie, et dit en revenant elle : " J'ai suivi une procession. " Son visage avait l'expression d'une gravit calme et sereine. Cela prouve combien il est absurde qu'elle s'occupe encore des choses du dehors, ネ c'est--dire combien le P粛erin a raison, en d姿it de tout, de vouloir ヌ la s子uestrer absolument du monde. ネ

La soeur Gertrude ne fut pas emmen仔 dans le nouveau logement, et ainsi toutes les exigences du P粛erin semblaient satisfaites : cependant ses yeux la malade n'師ait pas encore assez s姿ar仔 du monde, et il fallait que la petite ni縦e aussi f柎 renvoy Flamske. ヌ Le P粛erin demanda tr峻-simplement si elle ne pensait pas renvoyer l'enfant chez ses parents. Elle se mit g士ir de ce qu'on ne voulait pas m仁e lui laisser l'enfant, ce quoi pourtant personne ne pense (!). ネ Le P粛erin lui dit en plaisantant : ヌ Je vous connais bien et je parie que vous seriez capable de reprendre votre soeur pr峻 de vous. ネ Elle se mit pleurer. Certainement il ne s'師ait pas tromp en comptant sur sa bont : elle ne reprit pas sa soeur avec elle et elle renvoya l'enfant Flamske. Mais quel gr lui en sut le P粛erin? Il se plaignit de nouveau : ヌ Le retour de l'enfant chez ses parents lui donne tant d'inqui師udes et de soucis que toutes les visions sont mises de c冲 pour un peu de linge destin faire des serre t春e. Ainsi beaucoup de choses se perdent encore. En g始屍al, depuis qu'elle jouit du repos, elle fait ses communications avec plus de faiblesse et de langueur, ce qui est assez singulier, car le confesseur maintenant ne s'y oppose en rien, et m仁e l'y encourage ! ネ Et ailleurs : ヌ Elle est tr峻-fatigu仔 et pourtant pleine de douceur ; mais elle raconte d'une mani俊e d残ousue (c'est--dire, cause du grand effort qu'il lui faut faire, avec des interruptions et par fragments). Cela augmente de plus en plus depuis qu'elle jouit du repos de sa nouvelle demeure... Elle a eu de tr峻-belles visions sur les choeurs des anges : mais le r残it ne passe qu'apr峻 un travail domestique tr峻-insignifiant, une lessive, etc. Elle a aussi omis les visions les plus importantes par suite d'un entretien assez inutile avec le chapelain Niesing (que le P粛erin appelle ailleurs son meilleur ami). ネ C'est par des -plaintes de ce genre que se cl冲 le mois d'ao柎, lequel pourtant avait fourni l'残rivain une moisson d'une richesse plus qu'ordinaire.

 

 

4. Plus d'un lecteur trouvera peut-腎re inexplicable la condescendance presque passive de la malade en face des exigences du P粛erin, et l'auteur du pr市ent livre l'avait aussi trouv仔 telle lorsqu'il prit d'abord connaissance des incidents relat市 plus haut. Mais quand il s'est mieux rendu compte de la direction suivie par cette 盈e privil使i仔, sa conduite lui a apparu sous un tout autre jour. Tout ce qu'elle avait supporter de la part du P粛erin 師ait dispos par la Providence divine et plac sur le chemin de sa vie dans le m仁e but que toutes les autres circonstances que nous avons appris conna杯re jusqu'ici. Jamais elle ne re講t de son guide spirituel l'injonction d'四oigner le P粛erin de son voisinage ou de r市ister absolument tout ce que celui-ci voudrait lui persuader de faire. Dans les visions pr斬lables, elle 師ait, il est vrai, pr姿ar仔 d'avance tout ce qui la mena溝it de ce c冲 : toutefois ce n'師ait pas afin qu'elle se d屍ob液 aux 姿reuves, mais pour qu'elle en triomph液 par sa vertu. Un jour elle raconta ceci : ヌ J'ai eu, en vision, extraordinairement faire avec le P粛erin. Il fut oblig de me montrer son journal. Je ne pouvais pas comprendre comment il s'師ait arrog tant de droits sur moi et avait pris tant de libert市. Mais il me fut ordonn de lui dire tout. Cela me parut 師range et j'en fus fort surprise parce qu'apr峻 tout, le P粛erin n'est pas pr腎re. ネ

Elle 師ait donc convaincue qu'elle ob司ssait uniquement la volont de Dieu quand elle acceptait avec mansu師ude les proc仕市 les plus durs. S'il y a du reste des faits assur市 o l'oeil faible des mortels puisse reconna杯re avec une enti俊e clart combien les voles de Dieu sont diff屍entes de celles de l'habilet et du calcul humain, ce sont pr残is士ent les 思始ements journaliers de la vie des personnes arriv仔s une haute perfection et favoris仔s de gr営es extraordinaires. Nous sommes accoutum市 juger d'apr峻 la grandeur et le caract俊e merveilleux de leurs dons spirituels les rapports ext屍ieurs dans lesquels Dieu les a plac市 afin qu'ils accomplissent leur t営he dans ces circonstances et non dans celles qu'ils auraient choisies; nous voudrions en cons子uence que leur vie ext屍ieure se r使l液 sur leur vie int屍ieure parce que nous trouvons cela plus conforme l'ordre tel que le con腔it notre intelligence si courte. Mais c'est l une grande erreur et le P粛erin y est tomb de son c冲, lui qui, voyant Anne Catherine surabondamment combl仔 de gr営es extraordinaires, ne voulut jamais reconna杯re que ces dons sublimes n'師aient pas le but de sa vie, mais la r残ompense de sa fid四it dans les petites choses, de ses pratiques de chaque jour et de chaque heure, de ses victoires dans des combats qui se d屍obaient souvent ses yeux, et que Dieu est plus glorifi par des actes d'abn使ation et de charit parfaites, quoique cach市 au monde parce qu'ils se font int屍ieurement, que m仁e par les miracles et les signes que ses 四us pourraient op屍er. Si nous appliquons cette mesure aux directions donn仔s Anne Catherine, sa condescendance envers les demandes du P粛erin, la bont, la douceur et la patience avec lesquelles elle supporte ses caprices et ses, exigences croissantes de jour en jour, nous appara杯ront comme un enchantement des vertus les plus sublimes et comme la garantie de sa fid四it envers Dieu : nous verrons dans le P粛erin lui-m仁e un simple instrument dont les proc仕市 perdent beaucoup de leur duret apparente, lorsque nous consid屍ons quelles intentions et quel z粛e pur leur servaient de mobiles. Quand elle lui raconta; le 14 f思rier, la vision sur les deux chマurs de saints dont l'un priait pour qu'elle continu液 vivre, l'autre pour sa dissolution, elle tait par humilit qu'il avait 師 laiss son libre choix de d残ider laquelle des deux pri俊es serait exauc仔 : le r市ultat devait d姿endre de sa pri俊e elle et du c冲 vers lequel elle inclinerait. Mais elle fut si 士ue par la vue soudaine d'une personne qui allait faire une fin malheureuse, moins d'un secours extraordinaire, qu'elle demanda rester encore ici-bas sur la voie de souffrances qu'elle avait suivie jusqu'alors, pour le salut de ceux qui se perdaient, et y marcher avec la m仁e fid四it aux vues de Dieu sur elle. C'est pourquoi la premi俊e manifestation de cette vie qui lui 師ait rendue fut un acte d'ob司ssance envers le repr市entant de Dieu, puisqu'elle ne voulut prier genoux pour le mourant que si son confesseur le permettait. Et, cet acte, si insignifiant en apparence, 師ait plus que la vision qui ne pouvait lui 腎re octroy仔 qu'en vue d'une semblable fid四it. Elle voyait dans le P粛erin l'instrument des desseins de Dieu, au moyen duquel elle pouvait arriver exercer sans rel営he les vertus les plus difficiles. Elle ne pouvait pas et ne voulait pas l'四oigner d'elle : car il fallait qu'il f柎 pr峻 d'elle pour qu'elle p柎 remplir compl春ement sa t営he et c'est ce qui eut lieu en r斬lit. Du reste ses visions et sa direction int屍ieure aussi bien que les 思始ements du dehors, comme nous le verrons bient冲, indiquaient clairement qu'avec son entr仔 dans sa nouvelle demeure commen溝it aussi pour elle une nouvelle p屍iode de sa vie.

 

5. Le P粛erin avait obtenu tout ce qui avait 師 si longtemps l'objet de ses d市irs : cependant il se sentit bient冲 aussi peu satisfait qu'auparavant. Les anciennes plaintes se renouvellent. Peu de jours apr峻 la mort de l'abb Lambert, il s'emporte d史 contre le P. Limberg pour n'avoir pas emp芯h les visites des anciennes consマurs et d'autres personnes s'int屍essant Anne Catherine. ヌ Apr峻 la mort du malade qui causait tant de d屍angements, le calme qui en devait r市ulter n'aboutira qu' cr仔r un foyer de comm屍ages et faire na杯re l'agitation la plus d屍aisonnable dans l'entourage. On ne prendra aucun moyen pour assurer du repos la malade et on ne parviendra pas non plus dompter sa soeur. Ainsi l'on pourra voir que ce n'師ait pas Lambert qui mettait obstacle au bon ordre, mais qu'il soutenait encore comme une esp縦e d'師ai cet amas de d残ombres sous lequel ce pauvre vermisseau malade a sa demeure et qu'avec la chute de cet 師ai tout tombe sur elle. Il n'y a nul ordre, nulle discr師ion, mais seulement un empressement inintelligent dans tout ce qu'on cherche faire pour elle... Elle-m仁e re腔it amicalement toutes les personnes qui la visitent et ne refuse d'en voir aucune. Et pourtant elle d市irait que personne ne v馬t la voir ! ネ Et un an apr峻 la mort de Lambert, le P粛erin fait cet aveu : ヌ Elle t士oigne souvent un vif regret que Lambert n'existe plus. Cela tient ce que, de son vivant, elle pouvait recevoir plus souvent la communion dont la privation lui est tr峻-p始ible. Son plus vif attrait la porte uniquement vers les pr腎res qui peuvent la b始ir et lui donner la nourriture. Et celui qui lui porterait chaque jour la communion deviendrait son unique et son meilleur ami. Tous les autres t士oignages d'affection ne semblent faire aucune impression sur elle. Comme le P粛erin n'est pas un pr腎re qui puisse lui porter le sacrement, elle ne s'int屍esse pas lui ni ses efforts et va jusqu' dire nettement quand elle est dans son 師at de faim et de langueur : ヌ Je n'ai aucun secours, aucune consolation : le P粛erin lui-m仁e est pour moi une fatigue, je le sens tous les jours davantage. ネ Quiconque conna杯 sa situation peut dire qu'elle n'a jamais eu une v屍itable consolation, mais au contraire infiniment d'ennuis et dユembarras. Du reste les plaintes qu'elle fait viennent seulement de la privation du Saint-Sacrement, dont elle a si grande faim. ネ

Wesener aussi se tenait l'残art, mais le P粛erin fait cette remarque : ヌ Le confesseur en est attrist. Le P粛erin trouva la malade tr峻-abattue par suite de ce qu'elle avait eu souffrir la nuit. Elle dit qu'elle s'abandonnait enti俊ement la volont de Dieu : qu'elle ne ferait rien pour am四iorer son 師at. Mais elle semble dans un 師at de tentation par suite de la cha馬e de lユhabitude : car elle s'afflige, cause du confesseur de ce que les visites du m仕ecin sont interrompues; ce que Dieu peut-腎re a dispos pour un plus grand bien. ヌ Or c'師ait cause, de la continuelle irritabilit du P粛erin que Wesener venait plus rarement pour 思iter de le rencontrer trop souvent pr峻 de la malade.

La sマur Gertrude est enfin cong仕i仔 et sa place on a pris une 師rang俊e comme garde malade, mais cette soeur reste encore, Dulmen, elle vient toutes les semaines voir Anne-Catherine qui l'accueille avec bont : bien plus celle-ci se fait tancer par le P粛erin pour le m伺ait impardonnable qui consiste s'entretenir avec Gertrude et parfois pleurer avec elle. Combien, le P粛erin, doit 腎re inconsolable de pareilles choses ! Et la garde de son c冲 n'est pas comme une ombre qui disparaisse sans bruit l'approche du P粛erin. Oui, elle ose s'adresser la malade pour lui demander conseil et elle a par l dessus le malheur d'腎re tr峻 maladroite et de nユ腎re bonne rien. ネ Mais ヌ l'insurmontable condescendance ネ de la malade fait que non-seulement elle la supporte patiemment; mais ヌ qu'elle travaille et coud pour la vieille fille qui ne vient jamais bout de rien finir, en sorte que les visions les plus importantes sont laiss仔s de c冲. ネ Et encore ヌ malheureusement aujourd'hui la malade est dans un triste 師at, pleine de soucis et de chagrins et elle a de telles douleurs la place des stigmates que ses mains tremblent continuellement. En outre elle augmente encore sa fatigu en bavardant avec la vieille fille et en travaillant l'aiguille, et les deux ou trois minutes accord仔s au P粛erin ne sont pas s屍ieusement utilis仔s. On voit m仁e qu'elle n'a ni l'envie ni la volont de raconter. Il faut toujours solliciter comme ferait un mendiant. Et le P粛erin ne r残lame que quand elle voudrait parler d'autres choses tout fait indignes de l'occuper. Chaque jour il se fait des pertes irr姿arables. Elle-m仁e est un simple miroir qui, lorsqu'elle parle pendant la vision, rend parfaitement ce qu'elle voit: Si elle raconte, 師ant l'師at de veille, alors elle passe sous silence ce qu'il y a de plus important, soit par ennui de raconter, soit par suite de pr史ug市 ou de scrupules de toute esp縦e. Elle a toujours sous la main une excuse fort commode : ヌ cela; dit-elle, est dans l'Ecriture sainte : ネ et le P粛erin a beau r姿師er mille fois que non; elle ne cesse pourtant pas d'y revenir: Elle ne semble pas tenir compte de la fatigue du P粛erin. Tout reste comme par le pass. Bien plus, elle s'est plainte au chapelain Niesing que le P粛erin la fatigue par ses importunit市, tandis qu'au contraire celui-ci la m始age l'exc峻. Le P粛erin ne peut voir dans ces plaintes que de pures imaginations, ne doit-il pas 腎re afflig仔 que tant de choses se perdent ? Elle sent qu'il en est tout contrist et cela augmente la difficult qu'elle trouve raconter. ネ Enfin le P粛erin est aussi irrit contre la pauvre vieille fille qu'il l'avait 師 pr残仕emment contre Gertrude. ヌ Il n'y a autour de la malade que d市ordre et confusion, c'est d使o柎er ! ネ s'残rie-t-il au bout d'un an. Par suite de son impuissance totale s'aider elle-m仁e, de ses innombrables souffrances int屍ieures et des d市agr士ents ext屍ieurs qui r市ultent de la grossi俊et et de la stupidit de la vieille fille, elle est avec ses maux d'yeux et ses terribles vomissements une v屍itable image de la douleur, mais plus il serait possible de lui venir en aide, plus il est r思oltant de la voir ainsi souffrir. Il n'y aurait rien faire qu' renvoyer la vieille fille et prendre une servante entendue et humble, mais le confesseur s'y refuse toujours.

 

6. En se plaignant qu'Anne-Catherine ressemble dans la contemplation un simple miroir o aucune image ne se perd et qu' l'師at de veille elle passe beaucoup de choses sous silence, le P粛erin a trahi le motif secret de ses efforts pour bannir de son voisinage tout ce qui pourrait l'interrompre pendant la contemplation. Ce z粛e excessif lui faisait oublier que ce n'師aient pas les visions, mais la pratique de l'amour de Dieu et du prochain qui servaient sanctifier la malade et qu'aucun mortel ne peut poss仕er la lumi俊e proph師ique sans des vertus et des souffrances extraordinaires. Il ne sentait pas qu'il combattait contre l'ordre voulu de Dieu et c'est pourquoi l'insucc峻 in思itable de ses plans rendait cet homme, malgr son bon coeur, irritable et dur envers tous ceux qui, dans son opinion, mettaient obstacle ce que les visions lui fussent racont仔s pendant la contemplation m仁e. Bien plus, il n'姿argne aucun reproche la malade elle-m仁e lorsqu'il voit que sa bienveillance et sa bont envers tous est cause que les visites ne diminuent pas. Presque tous les jours, il voit de ses yeux comment, oubliant ses propres souffrances, elle re腔it tous les pauvres, tous ceux qui cherchent des consolations ou de l'assistance, avec une bienveillance si parfaite et si sinc俊e que personne ne peut la quitter sans 腎re consol. Elle tressaille quelquefois involontairement et laisse 残happer de faibles plaintes, s'il lui vient des visiteurs lorsqu'elle est en proie des souffrances plus qu'ordinaires, mais pourtant son admirable amour du prochain est plus fort que toutes les peines qu'elle a endurer. Elle surmonte l'instant m仁e les r姿ugnances de la faiblesse humaine, elle re腔it la force n残essaire pour servir Dieu dans la personne du prochain et pour accomplir, en le servant ainsi, quelque chose d'incomparablement plus grand qu'en contemplant les visions qui lui sont pr市ent仔s. Mais c'est ce que le P粛erin ne veut pas comprendre; de l des explosions, de plaintes comme celles-ci : ヌ Tout s'est perdu aujourd'hui ! La malade, presqu' l'agonie, a 師 assi使仔 de visites, personne ne leur refuse l'entr仔. Et elle-m仁e les accueille amicalement. Mais quand les visiteurs sont la porte, elle se meurt dans les souffrances et les tortures d'une cruelle maladie. On ne peut prendre la responsabilit de tout cela, car toutes ces personnes n'ont rien lui dire, mais la malade rassemble ses forces et fait en sorte que les gens croient 腎re les bienvenus. Qu'en r市ulte-t-il ? La perte de toutes les visions. Elle g士it le soir de ne pouvoir plus rien raconter. Le P粛erin n'a jamais vu qu'elle ait d残lin la moindre visite pour communiquer ses visions. ネ Et encore. ヌ Elle 師ait malade et dans un 師at pitoyable. Elle pleurait parce que des visites allaient venir. Et pourtant elle re腔it ces gens, jase avec eux et leur fait m仁e des cadeaux. ネ

Quoique les propres fr俊es et les plus proches parents d'Anne Catherine ne vinssent que tr峻-rarement dans l'ann仔 passer deux ou trois jours Dulmen et missent la r市erve la plus discr春e dans leurs rapports avec la malade, le P粛erin, pourtant, en venait se regarder comme tr峻-malheureux lorsque cela arrivait. La malade, il est vrai, s'entretenait avec eux, se faisait raconter leurs soucis et leurs arrangements domestiques. Ce sont l des m伺aits o le P粛erin voit une infid四it impardonnable la mission de sa vie. Son fr俊e a馬 a pour fils un tr峻-bon jeune homme qui veut se faire pr腎re. Ce jeune homme se permet, tous les ans, de passer pr峻 de la malade une partie de ses vacances: celle-ci a pour lui la sollicitude d'une m俊e spirituelle afin qu'il soit un jour un bon pr腎re; mais tant que le timide neveu r市ide Dulmen, la malade et lui sont forc士ent dans une inqui師ude continuelle et tremblent que la col俊e p始iblement contenue du P粛erin propos " des d屍angements " n'en vienne un 残lat douloureusement blessant. ヌ Son neveu et sa ni縦e aussi, dit-il, sont ici de nouveau. Elle est, sans la moindre n残essit, pr姉ccup仔, affair仔, troubl仔 leur occasion ! Elle leur fait des tartines de beurre, leur coupe des tranches de jambon, leur verse du caf. C'est pour de pareilles choses qu'elle laisse tout s'残happer. Plus elle a vu et moins elle dit. Il faut au P粛erin une patience de fer pour pers思屍er au milieu d'un tel d市ordre, quand il n'y a ni surveillance, ni r使ularit. ネ Elle pleure de la col俊e injuste du P粛erin et dit : ヌ J'ai toujours des visions pendant que j'ai

Travailler ici. Il faut que j'aie mon neveu (note) pr峻 de moi afin qu'il ne tombe pas dans le p残h, quユil ne sente pas le poids de sa pauvret et ne devienne pas orgueilleux.

 

 

(note) Le P粛erin observe ce sujet tr峻-injustement : ヌ raisons donn仔s d'une mani俊e tr峻-confuse, cons子uence absurde ! ネ Et pourtant combien ces paroles sont vraies et profondes ! Nulle part l'orgueil n'est plus dangereux et plus opini液re que chez l'homme n dans une condition basse et indigente qui porte son fardeau avec irritation et avec honte, mais qui sait, qu'en changeant d'師at, il peut franchir rapidement le large intervalle qui le s姿are d'une position sup屍ieure.

 

Je ne dois pas non plus renvoyer l'enfant (sa ni縦e) aux paysans : car je vois toutes ses dispositions et je sais ce qui l'attend si je la laisse Flamske. J'ai des visions touchant sa vie future et j'ai prier et travailler pour qu'elle 残happe aux dangers dont son 盈e est menac仔. La comtesse de Galen a la bont de vouloir prendre l'enfant chez elle, mais je ne sais pas si je dois accepter cette faveur. ネ Quel est d'effet de ces paroles si conciliantes ? Un nouvel acc峻 de mauvaise humeur car voici comment parle le P粛erin : ヌ Que le neveu ne veuille pas rester chez ses parents et l'enfant non plus, c'est chez le premier un sot amour-propre, chez l'autre l 'effet des habitudes qu'elle a prises ailleurs. ネ Mais les exigences du P粛erin allaient encore plus loin : il ne voulait pas qu'Anne Catherine s'occup液, m仁e en pens仔, de son neveu et de sa ni縦e.

 

8 septembre 1822 : ヌ C'est aujourd'hui son jour de naissance. Elle est entrav仔, d屍ang仔 par son rustique neveu des d伺auts duquel elle parle volontiers: mais si le P粛erin indique des moyens d'y rem仕ier, elle se choque facilement. Elle a dit, pendant que ce neveu se promenait dans la chambre, qu'elle ne pouvait rien raconter aujourd'hui. Le P粛erin en a eu du chagrin : il lui a rappel sa promesse de lui tout raconter et il s'est retir. Elle a 師 tr峻-malade et elle a vomi. Le soir le P粛erin, par l'interm仕iaire du confesseur, a fait persuader au neveu de quitter Dulmen pour un voyage pied. ネ

 

9 septembre. " Le neveu est parti. Elle est occup仔 int屍ieurement de sa ni縦e et de son neveu : elle est distraite et accabl仔 de soucis inutiles. "

 

13 octobre. ヌ La ni縦e part pour retourner chez ses parents. Grand trouble int屍ieur. ネ

 

14 octobre : ヌ Elle est un peu plus calme : mais elle a encore l'esprit occup de sa ni縦e. ネ

 

Le r市ultat ult屍ieur a montr qui 師ait dans le vrai et qui agissait en conformit avec les desseins de Dieu clairement reconnus : car ce neveu, aid par la b始仕iction et les pri俊es de la malade, devint un des ornements du clerg de Munster auquel il fut enlev trop t冲 par une mort pr士atur仔, au grand regret de tous les gens de bien.

 

20 octobre 1822. ヌ Vomissements tr峻-forts avec acc峻 de toux convulsive. Lorsqu'elle est en train de raconter la vie de J市us, arrive son fr俊e le tailleur; et quoique cette visite soit tout fait superflue et importune, le P粛erin est oblig de se retirer comme si c'師ait le Pape. Quand sa soeur vient, elle lui fait ordinairement signe de s'enfuir. Ainsi le s屍ieux travail auquel le P粛erin a d思ou sa vie doit c仕er la place la premi俊e servante venue, la causerie la plus inutile, et le P粛erin a appris ne jamais faire mauvaise mine quand de telles occasions se pr市entent. A ce fr俊e vient se joindre encore un paysan et ils restent assis-l jusqu'au d馬er. Le soir encore Mme Wesener est venue et il n'est rest au P粛erin qu'une petite heure pour recueillir les d暫ris de visions perdues. Ainsi, depuis plusieurs ann仔s, rien ne s'est am四ior dans ses rapports avec le dehors. Jamais elle n'a jug que ces graves communications fussent une raison de faire attendre un instant la visite la plus insignifiante. Il faut que ces choses d'un int屍腎 si s屍ieux se perdent l'occasion de l'incident le plus futile. Tout reste en suspens, mais sa vie spirituelle et contemplative poursuit son cours sans interruption ! ネ

ヌ Une bonne vieille parente est venue la visiter aujourd'hui. Elle se trouve tr峻-malheureuse de ne pouvoir lui offrir du caf, cause de l'absence de la vieille fille. Celle-ci est l'使lise: la vieille parente se r史ouit de pouvoir faire le chemin de la croix 師ant encore jeun, mais la malade jase encore avec le jeune paysan, son neveu, et laisse les visions s'残happer. Oui ! elle jase gaiement avec la vieille. C'est merveille qu'il reste encore ce qui suit pour le P粛erin... ネ

 

ヌ A peine le P粛erin a-t-il subi, avec une impatience qui le met au supplice, des r残its embrouill市 touchant sa maladie et les soucis qui la pr姉ccupent (or tout cela est un vrai labyrinthe parce qu'elle ne dit jamais les causes int屍ieures), qu'arrive le vicaire Hilgenberg avec lequel elle cause sur des riens et tout est perdu pour le P粛erin... ネ

Mais quand le P粛erin introduit lui-m仁e des visiteurs aupr峻 de la malade, ou quand elle re腔it des visites qu'il trouve agr斬bles, il n'a garde de se plaindre. Par exemple: ヌ chose remarquable, 師ant presque incapable d'ouvrir la bouche, elle fut rass屍始仔 par, la venue de N. N. et put, une heure durant, s'entretenir suffisamment avec lui. Apr峻 cela elle 師ait plus morte que vive, tant sa fatigue 師ait extr仁e. ネ Et encore : ヌ Le fr俊e du P粛erin vint et ses nombreux et int屍essants r残its apport俊ent quelque trouble dans le courant paisible de ses communications... ネ ヌ Les visions de la nuit se sont perdues par suite de la visite que le fr俊e du P粛erin a faite la malade dans la matin仔. L'effort qu'elle a fait pour s'entretenir avec lui l'a tellement 姿uis仔 qu'elle a vomi du sang lorsqu'il s'est retir. Gr営e Dieu, le repos de la matin仔 n'est pas troubl int屍ieurement par l, non plus que celui du P粛erin. ネ

 

7. La vision o la vie avait 師 donn仔 de nouveau Anne Catherine et o elle avait eu prier pour un mourant dont l'盈e se serait perdue sans son secours, signifiait que dor始avant la partie la plus importante de ses oeuvres de charit envers le prochain consisterait pr姿arer les agonisants une bonne mort en prenant sur elle leur 師at quant au corps et quant l'盈e. Elle n'avait donc pas seulement prendre sur elle, combattre et surmonter les maladies et les souffrances physiques des mourants, mais aussi leurs infirmit市 spirituelles, les cons子uences de mauvaises habitudes ,et de passions ayant dur de longues ann仔s avec les tentations dont elles 師aient la source. Le secours des saints dont les reliques se trouvaient dans son "使lise" lui fut promis pour cette p始ible lutte. – Elle dit le 30 ao柎 1821 : ヌ J'ai eu une merveilleuse vision de toutes les reliques qui sont pr峻 de moi. Je les vis toutes selon leur forme, les couleurs de leur enveloppe et le nombre des parcelles. Alors tous les saints sortirent de leurs reliques et se rang俊ent autour de moi selon les hi屍archies auxquelles ils appartenaient. Je les reconnus tous et je vis les sc熟es de leur vie. Il y avait entre les saints et moi une grande table (note) couverte de mets c四estes et les ossements disparurent.

 

(note) Cette table signifie les secours et les consolations qu'elle doit recevoir des saints.

 

Je chantai avec les saints le Lauda Sion (note) avec accompagnement d'une musique c四este : je vis les instruments dont jouaient plusieurs saints.

 

(note) Le chant du Lauda Sion se lie la t営he donn仔 Anne Catherine et en vertu de laquelle il lui faut amener leur accomplissement pour tant de mourants les paroles de l'hymne :

 

Bone pastor, panis vere,

Jesu, nostri miserere;

Tu nos pasce, nos tuere,

Tu nos bona fac videre

ln terra viventium.

 

 

Il y avait aussi l beaucoup d'enfants bienheureux. J'師ais tr峻-triste pendant cette vision : c'師ait comme si les saints me faisaient leurs adieux :ils montraient une affection touchante envers moi parce que je les avais honor市 et aim市 et je compris int屍ieurement que je ne devais plus avoir si souvent les visions provoqu仔s par des reliques parce que d'autres travaux me sont r市erv市. Les saints se retir俊ent aux sons de la musique c四este, faisant volte-face et me tournant le dos.

 

 

 

Je courus apr峻 eux et je voulus encore voir les traits de la derni俊e apparition : c'師ait sainte Rose ; mais elle disparut. Cependant, la M俊e de Dieu, saint Augustin et saint Ignace de Loyola vinrent moi et me donn俊ent des consolations et des instructions que je ne puis pas r姿師er. ネ

-Ces instructions se rapportaient aux nouveaux travaux par la souffrance, car, peu de jours apr峻, le P粛erin eut rendre compte d'un 師at de la malade qu'il nユavait jamais vu chez elle et qu'il trouva incompr刺ensible et tout fait 師range. ヌ Depuis le 29 ao柎, dit-il, elle passa dユune maladie lユautre ;ce fut une alternative de convulsions, de sueurs, de douleurs dans les membres et aux plaies. Souvent, elle semblait toute extr士it市 dans les intervalles, abattue et fatigu仔 comme elle l'師ait, elle avait combattre les tentations les plus insens仔s, ,des inqui師udes extravagantes touchant la nourriture, etc. Le 2 septembre, dans lユapr峻-midi, ces luttes amen俊ent chez elle un d四ire bien caract屍is. Il vint une nouvelle attaque de ses souffrances corporelles, elle 師ait la fois l'師at de veille et clair-voyante et elle faisait entendre des plaintes incessantes comme celle-ci : ヌ Cela ne peut pas aller plus loin, je nユai jamais 師 aussi pauvre. Je ne puis pas payer mes dettes. Tout est perdu, l'int屍ieur et l'ext屍ieur. ネ et encore dユautres extravagances. Avec cela elle n'師ait pas de mauvaise humeur, mais prenait la chose presque gaiement, car elle secouait la t腎e, d市irait voir bien loin ces sottes pens仔s et traitait dユinsens市 les discours quユelle tenait. Elle r姿師a aussi devant la ma杯resse de la maison ces paroles d四irantes, mais en m仁e temps elle sユexcusa de sa d屍aison, demanda

pardon, dit qu'elle 師ait au supplice et dans un grand trouble. Vint ensuite une nuit de cruelles souffrances. Les attaques dur俊ent jour et nuit jusquユ la soir仔 du 4. Elle les combattit si fortement que dans la matin仔 elle tomba en d伺aillance. Son d四ire portait sur ce quユelle nユavait pas d'argent, qu'elle ne pouvait subvenir ses besoins et que pour cela elle n'avait personne sur qui compter. ネ Le P粛erin termine ce r残it par ces mots : " C'est une des 姿reuves les plus propres bouleverser que de voir une personne si favoris仔 de Dieu dans un tel 師at de d師resse, de mis俊e et d'infirmit quand la gr営e se d師ourne d'elle. Mais, par suite de toutes ces r迅eries, les visions les plus importantes se perdent. Quel pauvre vaisseau est l'homme ! Combien Dieu est mis屍icordieux et patient avec lui! "

Pourtant la gr営e ne s'師ait pas 四oign仔 d'elle comme le croyait tort le P粛erin et elle n'avait pas 師 dans le d四ire, ni dans la r迅erie, mais elle avait livr victorieusement un rude combat contre les passions d'un mourant et la place de celui-ci qui, sans les expiations extraordinaires d'une personne substitu仔 lui, n'aurait pu d四ivrer son 盈e de soucis et d'attachements immod屍市 qui l'encha馬aient aux choses de la terre et dans lesquels il 師ait rest captif pendant toute sa vie. Anne Catherine avait pris sur elle la violence de ces passions, lutt contre elles, triomph d'elles et affranchi par l les forces morales du mourant, devenu d峻 lors capable de coop屍er avec la nouvelle gr営e qu'elle lui avait obtenue et de s'occuper avec fruit de pens仔s salutaires.

Cette terrible tache lui avait 師 d史 annonc仔 pour la premi俊e fois, le jour de l'Assomption, dans une vision dont elle raconta ce qui suit : " Je vis c四暫rer l'Assomption de Marie dans l'トlise du ciel. Je vis la M俊e de Dieu enlev仔 de lユトlise de la terre, situ仔 plus bas, par des anges innombrables, port仔 comme sur une couronne form仔 de cinq arceaux et planant au-dessus de l'autel. La sainte Trinit s'abaissa du haut des cieux et posa une couronne sur la t腎e de Marie. Les choeurs des saints et des anges environnaient l'autel o des ap冲res c四暫raient le service divin; ces choeurs 師aient rang市 comme les chapelles lat屍ales d'une 使lise. Je re講s le saint Sacrement et Marie vint moi, puis, comme sortant d'une chapelle lat屍ale, vint saint Ignace en l'honneur duquel j'ai fait, cette semaine, un exercice de d思otion sp残ial. Il me fut dit que si mon confesseur me l'ordonnait au nom de J市us, je me l竣erais et pourrais de nouveau marcher, m仁e quand je serais tout fait malade et dans le plus triste 師at. J'師ais tr峻 impatiente que cela arriv液 et je r姿ondis: " Pourquoi pas pr市ent (note)? " alors j'entendis ma droite une voix semblable celle de mon 姿oux c四este qui disait : ヌ Tu es moi: pourquoi faire ces questions, si je le veux ainsi et non autrement. ネ

 

 

(note) Cette impatience est la joyeuse aspiration vers la t営he li仔 la possibilit de marcher, et qui consiste pr姿arer les mourants faire une bonne mort, t営he qu'elle ne doit accomplir, comme ses autres travaux, que sur la voie et par les moyens voulus de l'トlise, c'est--dire par l'ob司ssance son confesseur.

 

 

Lorsqu'elle donna connaissance de cette vision son confesseur, celui-ci r姿ondit qu'avant de donner cet ordre, il lui fallait 腎re assur que c'師ait la volont de Dieu quユil risqu液 une chose aussi grave.

 

8. La promesse touchant la facult de marcher s'accomplit le jour de la Nativit de la sainte Vierge. Voici ce qu'elle raconta : " La veille de la f腎e, je fus en proie de grandes douleurs, j'eus de violentes convulsions, cependant je ressentais une joie int屍ieure. J'eus aussi une tr峻-mauvaise nuit : mais trois heures du matin, l'heure o la sainte Vierge fut mise au monde , elle m'apparut et me dit que je me l竣erais et que je pourrais marcher un peu. Je l'aurais pu d史 le jour de l'Assomption ou celui de la f腎e de saint Augustin, si mon confesseur me l'avait ordonn mais maintenant c'師ait par elle que cela devait se faire. Je dois dans cet 師at, faire et souffrir en son honneur tout ce qui se pr市entera. Elle ajouta que je ne redeviendrais jamais tout fait bien portante, ni capable de manger et de boire comme dユautres personnes, mais que jユaurais encore supporter beaucoup de maladies et de souffrances ; elle dit encore que les gr営es qui ont 師 d姿arties aux hommes le jour de sa naissance continuent se r姿andre sur eux, maintenant encore, et que je devrais prier pour la conversion des p残heurs. Je ne devrais non plus essayer de marcher quユen pr市ence de mon confesseur : mais il ne fallait me laisser arr腎er par aucun doute. Je fus remplie de joie, mais plus faible et plus malade quユauparavant : jユeus des crampes et des douleurs encore plus fortes, surtout dans la poitrine. Mais la sainte Vierge me dit :  ヌ Je te donne la force ネ et, au moment o elle parlait, sa parole sortit substantiellement de sa bouche pour entrer dans la mienne sous la forme et avec le go柎 dユun aliment d四icieux.

Je me mis aussit冲 prier, suivant son ordre; pour la conversion des p残heurs qu'elle me montra et dont je vis quelques-uns devenir contrits. J'eus encore une vision le matin, apr峻 que mon confesseur m'eut donn la sainte communion. Je vis la sainte Vierge, sainte Anne, saint Joachim, saint Joseph, saint Augustin et saint Ignace. La sainte-Vierge me releva sur mes pieds, je crus marcher autour de la chambre, soutenue par tous ces saints, et ce fut comme si tout m'y aidait et se pr腎ait mes mouvements, le plancher, la table et les murailles: Je ne sais pourtant pas si je me suis lev仔, corporellement ou seulement en vision. ネ

Vers midi, elle demanda son confesseur la permission de se lever et de marcher. Il doutait encore et lui repr市enta son extr仁e faiblesse : mais elle lui redit la promesse quユelle avait re講e; alors, il donna la permission. Elle se couvrit de son manteau avec un joyeux empressement, descendit du lit, marcha travers la chambre comme un enfant dont les pas sont mal assur市 et alla sユasseoir sur une chaise. Elle paraissait 姿uis仔 de fatigue; mais ivre de joie. La lumi俊e qui tombait sur son visage et laquelle elle n'師ait pas habitu仔, l'暫louit. Elle 師ait tr峻 d姿ourvue de force, et il fallut la soutenir pour qu'elle p柎 faire encore quelques pas dans la chambre. Elle souffrait beaucoup l'endroit des stigmates; aux pieds, aux mains et, au c冲: Elle se mit ensuite sur le fauteuil bras ; se montra tr峻 joyeuse et tr峻 士ue et ne revint son lit que le soir.

Elle prit d峻 lors tr峻 s屍ieusement l'habitude de se lever, et de marcher, ce qui, raison des diverses infirmit市 de soir corps martyris, lui occasionnait de grandes fatigues, mais elle y voyait un, ordre auquel elle s'effor溝it d'ob司r chaque jour dans la mesure de ses forces. Toutefois-elle se tra馬ait si p始iblement autour de sa petite chambre que le P粛erin; pour la soulager, lui procura une paire de b子uilles: ce dont il parut bient冲 avoir du regret; car il craignait que ses efforts pour marcher nユapportassent un nouvel obstacle la communication des visions. Un jour qu'ayant une crainte de ce genre, il bl盈ait la malade de ce qu'une personne combl仔 de si grandes gr営es pouvait se montrer impatiente d'essayer une mis屍able promenade de quelques pas, faite, non sans danger, avec des b子uilles ; elle lui r姿ondit : ヌ J'ai vu la plus parfaite des cr斬tures, la sainte Vierge quand elle 師ait au temple, demander plusieurs fois avec impatience la proph師esse Anne : ヌ Quand donc l'enfant viendra-t-il au monde? Ah ! si du moins je pouvais voir l'enfant! Ah ! si du moins j'師ais vivante quand l'enfant, na杯ra ! ネ Alors Anne paraissait m残ontente et disait : ヌ Ne me trouble pas dans mon travail ! Je suis ici d史 depuis soixante-dix ans, il faut que j'attende l'enfant jusqu' cent ans! Et toi, tu es si jeune, tu n'attendras pas ! ネ Et Marie pleurait souvent, consum仔 par son ardent d市ir. ネ

Le P粛erin ne comprit pas le sens profond de cette touchante r姿onse, quoiqu'il ne f柎 pas difficile saisir. Elle voulait en effet lui donner entendre qu'elle n'師ait pas impatiente de marcher avec des b子uilles, mais qu'elle 師ait impatiente de secourir les 盈es pour lesquelles seules la facult de marcher et de manger lui avait 師 donn仔.

Voici ce qu'il rapporte, la date du 1er novembre : ヌ Depuis quelques semaines la malade trouve plus de facilit se lever, marcher l'aide de b子uilles, se tenir assise et coudre. Elle arrive aussi s'habiller enti俊ement de ses propres mains. Elle peut prendre du potage et un peu de caf. Dans les derniers jours d'octobre , elle a suc des carottes. ネ

Pendant que l'entourage de la malade consid屍ait ces ph始om熟es ext屍ieurs comme une am四ioration purement naturelle dans son 師at physique et l'exercice qu'elle faisait en marchant comme une marque de son d市ir d'腎re gu屍ie, tout cela 師ait, suivant l'ordre voulu de Dieu, une oeuvre d'expiation douloureuse accomplie pour le salut des 盈es.

Elle ne se borne plus simplement endurer de grandes souffrances afin d'obtenir pour des p残heurs imp始itents ou pour d'autres personnes qui s'approchent des sacrements avec des dispositions d伺ectueuses ou mauvaises la gr営e efficace d'un repentir proportionn la grandeur des fautes, d'une contrition v屍itable et d'une humble et sinc俊e confession, mais elle est comme substitu仔 ces personnes, quant leurs souffrances, aux dangers que court leur 盈e, par cons子uent, quant aux tentations et au vif attrait vers certains p残h市 qu'Anne Catherine doit combattre fond, ind姿endamment des attaques de l'esprit malin. A cela se lie l'acceptation de toutes les suites ext屍ieures, souvent honteuses, de ces p残h市 d'habitude qui alors p峻ent de tout leur poids sur l'instrument d'expiation substitu aux vrais coupables jusqu' ce que le combat soit suivi de la victoire. Elle ne put raconter que ce qui suit d'une grande vision concernant cette substitution. ヌ J'ai eu une vision qui m'a montr pourquoi j'avais tant de maladies. Je vis J市us appara杯re avec une taille gigantesque entre le ciel et la terre. Il avait la m仁e, figure et le m仁e v腎ement que lorsqu'il fut livr aux insultes de ses ennemis. Mais il avait les mains 師endues et pesait sur le monde : c'師ait la main de Dieu qui pesait ainsi sur lui. Je vis, sous forme de rayons color市, le malheur, la souffrance et la douleur descendre sur beaucoup de personnes de toutes conditions; je vis aussi que, quand j'師ais saisie de piti et que je priais, des torrents entiers de douleurs les plus vari仔s se d師ournaient de la masse, p始師raient en moi et me torturaient de mille mani俊es ; la plus grande partie me venait de personnes de ma connaissance. C'師ait J市us, mais toute la sainte Trinit 師ait int屍ieurement dans cette apparition. Je ne la vis pas, mais j'en eus le sentiment. ネ

Un fait qu'elle raconta le 18 f思rier 1823 montre de quelle force elle 師ait arm仔 pour sa tache et combien cette force 師ait accrue par ses souffrances et ses vaillantes luttes : ヌ Je parlais mon confesseur, dit-elle, et j'師ais dans l'師at de veille naturel. Tout coup je me sentis tomber en d伺aillance et ce fut comme si j'allais mourir. Mon confesseur s'aper講t de cet 師at et dit : " Qu'est-ce que cela peut signifier ? " Je lui dis que je sentais qu'une force sortait de moi, et je vis cette force sous forme de rayons s'en aller au loin et se r姿andre sur vingt personnes. J'en vis quelques-unes Rome, d'autres en Allemagne, d'autres dans notre pays. Je vis ces hommes appel市 combattre contre une puissance formidable : leur courage fut ranim par cette effusion de force. Cela me fit plaisir. Je vis alors la prostitu仔 de Babylone venir moi sous une forme r思oltante pour la pudeur. Elle portait la main son pourpoint bariol chamarr de rubans, et la force qui 師ait encore en moi se dirigea vers elle. Cela me causa d'abord beaucoup de r姿ugnance : mais cette force la contraignit de se recouvrir de son pourpoint, puis avec chaque rayon 士an de cette force je nouai l'un apr峻 l'autre tous les rubans de son pourpoint en faisant des nマuds de plus en plus serr市, si bien que tout ce qu'elle portait en elle fut comprim et 師ouff. C'師aient mille plans form市 par l'impi師 contre l'トlise, plans qu'elle avait con講s dans ses accointances avec les esprits du monde et du si縦le. ネ

Dans cette substitution aux mourants et cette lutte contre les dangers que courait leur 盈e, Anne Catherine apparaissait comme une personne double: tant冲 elle 師ait comme surmont仔 par la tentation ou par l'attraction violente vers le p残h contre laquelle elle luttait p始iblement, tant冲 elle 師ait comme l'image de la paix et du repos. On voyait alors jusque sur les traits de son visage, dans sa parole, dans son geste, dans le ton de sa voix, se peindre le caract俊e de la personne 師rang俊e pour laquelle elle avait entrepris la lutte, jusqu' ce que la puret de son coeur brill液 comme un rayon de soleil travers les nuages et r思四液 que rien n'avait terni le miroir de son 盈e. On peut se repr市enter ce double 師at si l'on se figure un homme pratiquant le je柤e et la p始itence qui, pour sauver un ivrogne d'une chute in思itable dans l'ab芭e, prend sur lui-m仁e l'師at d'ivresse malgr le d使o柎 et l'horreur qu'il en a. Quoiqu'il ne perde pas par l la conscience de lui-m仁e, il se trouve pourtant comme li par une force 師rang俊e contre laquelle il lui faut lutter avec les plus grands efforts afin de ne pas 腎re entra馬 dans le vertige, et il lui faut combattre en m仁e temps la r姿ugnance involontaire que lui inspire l'師at qu'il a pris sur lui. Alors deux choses se manifestent en lui n残essairement et simultan士ent : l'師at de l'homme sobre et l'師at d'ivresse. Un jour qu'Anne Catherine voulait rendre compte de ce qu'elle ressentait dans cet 師at de souffrance, elle dit : ヌ Il me semble que je suis double, qu'il y a sur ma poitrine une image en bois de moi-m仁e, laquelle parle sans que je puisse l'en emp芯her (c'est--dire par laquelle l'師at emprunt de d市espoir, d'impatience, d'intemp屍ance, etc., arrive s'exprimer par des paroles). En r伺l残hissant l-dessus; je vois que je dois laisser les choses aller ainsi, que l'image doit mieux savoir que moi ce qu'elle a faire et qu'elle doit r姿ondre pour moi. Dans cet 師at, l'autre conscience qui est en moi a comme le gosier comprim. ネ

Souvent je ne sais plus que faire pour r市ister aux nombreuses visions qui me remplissent d'angoisse et de terreur. Ce ne sont pas des attaques soudaines ou de simples pens仔s, mais des sc熟es enti俊es que je vois et que j'entends, qui tendent m'attirer, m'effrayer, m'irriter : en sorte qu'il me faut combattre de toutes mes forces pour ne pas succomber. Des personnes et des 思始ements me sont montr市 en vision : il me faut voir les plans suivant lesquels telle ou telle chose se fait, contre moi : j'entends le rire insultant de l'ennemi et il me faut lutter tr峻-p始iblement pour reconna杯re que tout cela se fait parce que Dieu le permet, pour ne pas me laisser abattre et pour repousser l'ennemi avec ses mensonges. Quand toutes ces visions m'excitent l'impatience, l'approche de mon confesseur, une parole de consolation de sa part, sa b始仕iction sont pour moi un secours momentan; mais l'impatience de mon entourage (c'est--dire les plaintes 師ernelles du P粛erin) m'est dans ces moments-l plus p始ible encore qu' l'ordinaire. "

" On m'a pr市ent un grand miroir avec un magnifique cadre dor, mais o je n'ai pu voir que des choses qui devaient m'exciter la col俊e. Je me scandalisai la vue de ce vaniteux miroir et je cachai mon visage dans les oreillers pour ne pas 腎re oblig仔 de le voir : mais il restait toujours devant moi. A la fin je le saisis, je le jetai contre terre et je dis : ヌ Qu'ai-je faire avec la pompe d'un tel miroir? ネ Mais il tomba mollement et ne se brisa pas. Il ne s'四oigna que lorsqu'avec le m姿ris de sa magnificence, s'accrut aussi en moi le sentiment de ma bassesse et de ma mis俊e : apr峻 cela je pus aller visiter Marie dans la grotte de la cr縦he. ネ

 

8. Ce qui 師ait le plus p始ible et le plus humiliant pour elle, c'師ait de prendre sur elle l'app師it glouton de certains mourants qui, pendant toute leur vie, avaient ob司 l'amour d市ordonn du boire et du manger et qui maintenant, l'article de la mort, 師aient violemment press市 par la force indomptable de cette passion tyrannique. Dans ces cas-l, Anne Catherine avait ressentir une envie de manger qui excitait chez elle le plus grand d使o柎, mais qui s'emparait d'elle tout coup sous la forme d'une faim d思orante insurmontable, de sorte qu'involontairement elle demandait ces aliments qui 師aient l'objet de la convoitise des mourants. Si l'entourage satisfaisait cette demande et qu'on lui procur液 les aliments en question, souvent elle en 師ait afflig仔 au point de fondre en larmes, car son supplice s'accroissait par l et elle se trouvait comme oblig仔 de manger de ce qui lui 師ait pr市ent, ce qui avait toujours pour suites des vomissements et des maux de coeur, jusqu' 姿uisement total de ses forces. Dans d'autres cas o elle 師ait attaqu仔 moins violemment, la convoitise emprunt仔 autrui se manifestait comme un besoin de nourriture qui lui r姿ugnait beaucoup, mais cependant plus naturels comme une sorte de faim v屍itable qui devait 腎re apais仔 pour l'emp芯her de tomber en faiblesse. Elle cherchait alors se soutenir en prenant de la soupe, des l使umes, en su溝nt un fruit, etc. : mais les suites 師aient toujours les m仁es. Ainsi le P粛erin 残rivait en d残embre 1823 : ヌ Elle est dans un 師at constant de maladie, sans consolation, accabl仔 de souffrances, soutenant des combats d市esp屍市 contre des tentations et contre les attaques de l'ennemi. On l'entend seulement tousser, vomir, se plaindre de manger sans pouvoir supporter les aliments. Des faims subites la saisissent jusqu' la faire tomber en d伺aillance. Elle mange et elle vomit, elle a envie de toute sorte d'aliments grossiers et indigestes, puis elle se lamente et pleure de ce qu'elle a demand manger, contrairement sa volont; et tout cela se rattache l'師at de son ancienne consoeur M... qui est au moment de mourir, pour laquelle elle prie, des souffrances de laquelle elle s'est charg仔, et dont le d伺aut capital 師ait et, s'il faut en croire Wesener, est encore la gourmandise, jusque dans cette derni俊e maladie qui est une hydropisie de poitrine. ネ

Outre cette envie de manger, elle avait encore supporter les autres maladies des mourants, telles que la goutte, l'hydropisie,, toutes les vari師市 de la fi竣re, des affections de la rate, du poumon, des reins et du foie, avec tous leurs sympt冦es et toutes les souffrances particuli俊es qui en r市ultent. Elle souffrait souvent, jusqu' en 腎re presque mourante, toutes les douleurs de la pierre avec de terribles spasmes de vessie et elle avait subir avec cela l'師at de d残ouragement, d'obscurcissement et de d市espoir de malades excitables, abandonn市, priv市 de toutes consolations. Ces maladies et ces dangers spirituels, quelle prenait sur elle la place des mourants, se liaient constamment des souffrances et des combats pour l'トlise en tant que les individus 師aient les repr市entants de professions et de classes enti俊es aussi bien que de fautes g始屍ales, d'actes coupables envers le corps de l'トlise elle-m仁e, contre lesquels Anne Catherine avait lutter dans cette situation o elle ne semblait substitu仔 qu' tel o tel particulier malade. Le P粛erin pouvait la v屍it, d'apr峻 ce quelle disait dans ses extases, reconna杯re en g始屍al ce caract俊e spirituel plus 四ev des souffrances dont elle s'師ait charg仔, mais cela ne suffisait pas son impatiente curiosit qui ne se tenait pour satisfaite que si le rapport intime d'apr峻 lequel chaque souffrance et chaque maladie 師ait appropri仔 la faute expier ou au mal spirituel gu屍ir, 師ait mis clairement et compl春ement sous ses yeux. Ainsi, dans ce cas aussi, il assignait ses comptes rendus un but qu'il 師ait impossible d'atteindre; car les douleurs et les maladies de la patiente, nonobstant leur caract俊e spirituel, 師aient si r仔lles, si sensibles la nature et si intenses qu'elle 残latait en plaintes et en larmes et demandait du secours en g士issant plut冲 qu'elle ne les d残rivait. Mais le P粛erin ressemblait presque toujours un m仕ecin qui n'accorde de sympathie son malade que dans la mesure o celui-ci, en lui d残rivant exactement tous les sympt冦es de sa maladie, le met m仁e d'observer compl春ement un cas particuli俊ement int屍essant et d'enrichir ses connaissances et ses exp屍iences pathologiques. Il 残rit en d残embre 1821 : ヌ Les trois derniers jours ont 師 un encha馬ement de souffrances horribles aboutissant une prostration voisine de la mort : au milieu de tout cela continuation incessante des visions. Tant冲 elle affirme tranquillement et avec assurance qu'elle doit souffrir cela, qu'elle l'a pris sur elle et l'endurera avec pers思屍ance : tant冲 elle est tent仔 d'impatience, avec des alternatives subites, de douceur et de calme. Quant ces souffrances, consid屍仔s d'apr峻 leurs ph始om熟es ext屍ieurs, on s'y accoutume un degr tel qu'on doit para杯re un barbare au spectateur qui en est t士oin pour la premi俊e fois, de m仁e qu'au commencement le P粛erin taxait tous les autres d'inhumanit. Quand on peut conna杯re quelque chose de leur signification int屍ieure, elles excitent au plus haut degr l'師onnement et l'admiration ; bien plus elles font pressentir la solution de la grande 始igme de la vie et du christianisme : mais l'師ude qu'on en pourrait faire est compl春ement emp芯h仔 et rendue impossible par mille d師ails frivoles de la vie quotidienne... ネ

 

Et ailleurs : ヌ Quoique tous ses 師ats de souffrance se lient 師roitement des travaux spirituels et qu'elle-m仁e le sache bien, elle n'en parle pourtant qu'en passant et d'une mani俊e superficielle ; si on veut observer les choses avec calme et d'une mani俊e s屍ieuse, elle voit l un manque de compassion. ネ

 

Janvier 1822. ヌ Toutes ces maladies seraient tr峻-instructives s'il lui 師ait ordonn d'en expliquer le but et la marche, car elle les voit toujours d'avance dans une vision d'autant plus remarquable qu'elle est toujours merveilleusement all使orique et comme une parabole pleine d'un sens profond. La plupart du temps elle sait tr峻-positivement pourquoi elle souffre et comprend aussi ce qu'elle fait dans des sc熟es vari仔s se rapportant l'agriculture et au jardinage. Elle voit d'abord un tableau sommaire des mis俊es existantes, comme l'残roulement de plusieurs 使lises, l'師at du minist俊e pastoral dans tout un district sous l'image de plusieurs troupeaux de moutons et de leurs bergers, dans des paraboles pleines de sens: avec tout cela il lui faut courir, porter des fardeaux, creuser la terre, avertir, etc. Alors elle entreprend des voyages tr峻-p始ibles, fait de tr峻-grands efforts pour exciter des personnes de toute esp縦e remplir leurs devoirs et pour emp芯her du mal. Elle est aid仔 dans ses travaux par les saints du jour. Tout cela se perd et il ne reste rien que l'indication des tentations que l'ennemi lui suscite pendant son travail. Il est vrai que ses souffrances sont bien faites pour apitoyer : mais pourtant elle est combl仔 int屍ieurement de gr営es si f残ondes et de visions si frappantes de v屍it qu'elle est au fond plus envier qu' plaindre. Et sa n使ligence communiquer ces visions dont elle ne tire aucun parti dans l'師at de veille et qui ne semblent pas servir son instruction, est cause qu'on est moins port la plaindre qu' regretter pour la post屍it le gaspillage de tout cela. En outre les continuels dangers de mort qui pourtant n'ont jamais de cons子uences plus graves finissent par vous laisser tr峻 rassur sur ces maladies d市esp屍仔s et inexplicables : l'on s'habitue, en pr市ence de ces maladie, les envisager avec une sorte de compassion et de patience qui ne profite ni l'esprit, ni au coeur et qui nous laisse un arri俊e-go柎 de politique par lequel on cherche se tirer d'affaire sans scandale et sans col俊e. ネ

On voit clairement combien il devait 腎re difficile, dans de pareilles circonstances, de raconter en outre jour par jour les visions touchant la vie de J市us, et il n'est pas n残essaire d'expliquer plus longuement pourquoi Anne Catherine r志ssissait de moins en moins satisfaire les exigences du P粛erin. On lit dans le journal de celui-ci, la date du 4 f思rier 1822 : ヌ Quoique chaque jour elle communique une moindre partie de ses visions, sans parler de descriptions de ses maladies et de ses souffrances que ses r師icences sur les causes int屍ieures rendent fort peu claires, elle a dit pourtant : ヌ Depuis No鼠, 姿oque o ces tourments ont commenc, j'ai beaucoup souffert de la mauvaise humeur qu'avait le P粛erin parce que je ne lui raconte pas assez, et mon cマur en a 師 presque bris de douleur. Je l'aurais fait volontiers, mais je ne le pouvais pas et souvent j'師ais si abattue (note) l'arriv仔 du P粛erin qu'il m'師ait impossible de parler.

 

(note) Par le sentiment de l'irritation et de la sombre disposition du P粛erin.

 

J'ai fait des pri俊es sp残iales pour savoir ce que j'avais faire, mais je n'ai re講 aucune r姿onse. J'avais esp屍 que Dieu me laisserait mourir de cette maladie afin que je n'eusse plus besoin de rien raconter. Le P粛erin verra ce jour-l combien je raconterais volontiers si je le pouvais. ネ Elle a dit cela dans une tr峻-bonne intention. D史 souvent elle a pri pour n'腎re plus oblig仔 de raconter, mais elle a re講 pour r姿onse l'ordre formel de tout communiquer. ネ

 

23 f思rier 1822. ヌ Le P粛erin la trouva malade la mort. Le confesseur lui dit que, pendant toute la matin仔, l'exc峻 de ses douleurs lui avait fait perdre connaissance, qu'elle s'師ait enti俊ement remise entre les mains de fa M俊e de Dieu et qu'elle avait de plus pris la charge de souffrir quelque chose pour la conversion de gens impudiques. Plus tard elle raconta elle-m仁e qu'elle avait 師 aussi tr峻 afflig仔 cause du P粛erin qui avait tout quitt pour s'師ablir Dulmen cause d'elle, et auquel elle ne pouvait 腎re bonne rien. Le P粛erin la consola. Puisse-t-elle toujours prendre ses r残its au s屍ieux, jamais l使俊ement ni comme une charge p始ible ! ネ Cet attendrissement momentan n'eut pas d'autres suites chez le P粛erin, car voici ce qu'il rapporte peu de jours apr峻 : ヌ Elle re講t le P粛erin tr峻-affectueusement ; elle 師ait pourtant dans la m仁e incapacit d'appr残ier son 師at, car elle croyait s'腎re un peu remise et un peu repos仔 pendant les trois jours qu'avait dur l'absence du P粛erin. Comme si la pr市ence de celui-ci l'emp芯hait de se remettre ! Cela montre de plus en plus qu'il n'y a pas attacher d'importance de tels discours et qu'il faut les ranger parmi les id仔s fixes. ネ

Mais, dix mois avant sa mort, elle fit dire au P粛erin par son confesseur ces graves paroles : ヌ Le P粛erin reconna杯ra un jour qu'il n'aura pas eu lieu de se vanter de sa patience en comparaison de la mienne. J'ai eu avec lui autant de patience qu'avec ma soeur. ネ

 

9. Mais pour ne pas mettre trop l'姿reuve la patience du lecteur, il ne faut extraire des rapports interminables sur les maladies d'Anne Catherine, qu'un petit nombre de faits au moyen desquels on peut se bien rendre compte du caract俊e et des suites de cette substitution par laquelle elle se soumettait aux souffrances, aux tentations et aux p屍ils d'autrui.

 

3 avril 1823. ヌ Elle souffrait d'une maladie r市ultant d'un rapport sympathique constant avec la dame Br. qui est attaqu仔 d'une hydropisie de poitrine et l'article de la mort. Elle est presque suffoqu仔 et elle 姿rouve une agitation, une angoisse et un trouble continuels. Mais la femme malade gagne par l un peu de repos, commence a prier et avoir davantage sa connaissance. ネ

 

5 avril. ヌ Elle se plaint de la confusion qui est dans ses pens仔s; il lui semble qu'elle n'a pas fait ses P衛ues. L'oppression de la poitrine va toujours croissant. ネ

 

7 avril. ヌ Les souffrances qu'elle partage avec la femme mourante augmentent mesure qu'approche la mort de celle-ci. Elle porte le poids d'une moiti enti俊e des souffrances de cette femme et son 師at est exactement le m仁e. Ordinairement il se manifeste une l使俊e am四ioration quand la mort est imminente. Le P粛erin l'a v屍ifi chaque jour chez toutes les deux. Il se trouve que le sentiment qu'eut hier Anne Catherine de n'avoir pas encore fait ses P衛ues provient de l'師at de cette mourante qui en effet ne les a pas encore faites. Elle engage son confesseur aller voir la famille et la pr思enir. ネ

 

9 et 10 avril. ヌ Ce matin on voyait encore chez elle tous les sympt冦es et toutes les souffrances d'une personne qui meurt d'une hydropisie de poitrine. Pendant la nuit elle avait souffert et combattu jusqu' l'agonie. La femme qui 師ait auparavant si agit仔 et si pleine d'angoisses y gagna du calme et vit venir la mort sans s'effrayer, la grande consolation de sa famille. Vers midi le P粛erin trouva la patiente faible jusqu' en mourir, elle pouvait peine donner un signe de vie. Mais il trouva la dame Br. sommeillant doucement et r姿師ant par intervalles de pieuses oraisons jaculatoires apprises dans sa jeunesse : deux heures et demie, la patiente reprit tout coup une force extraordinaire, se redressa dans son lit et r残ita haute voix les litanies de la Passion de J市us-Christ. En ce m仁e moment la dame Br. mourut, s'endormant doucement comme un enfant. Mais avec sa mort cessa chez Anne Catherine l'oppression qui donnait ses souffrances le caract俊e d'une hydropisie de poitrine. Elle respira librement : mais sa mis屍icorde clairvoyante ne lui laissa pas prendre de repos : ses souffrances prirent tout d'un coup le caract俊e d'une fi竣re inflammatoire de poitrine, ce que son pouls indiqua : car une autre bourgeoise nomm仔 Sch. qu'elle connaissait peu et qui 師ait tr峻-gravement malade se substitua la pr残仕ente. Elle souffrit cruellement pour celle-l jusqu'au jour suivant qui fut celui de la mort. Mais d史 une autre panure malade phtisique, au dernier degr, la femme du vannier W., attendait son assistance. Anne Catherine l'aida supporter les terribles souffrances d'une consomption qui la mettait fr子uemment l'extr士it et souffrit indiciblement pour cette personne laquelle elle envoya toute sorte de choses propres la soulager, en fait, de boissons et d'aliments, si bien que cette pauvre femme tr峻-simple qui avait 師 trait仔 fort durement par son mari et par ses proches, fut pr市erv仔 du ressentiment et du d市espoir, se pr姿ara la mort avec de grands sentiments de charit et pardonnant tous. La patiente d姿lorait l'abandon o bien des personnes de cette sorte sont laiss仔s quant aux secours spirituels. Elles sont presque toujours, disait-elle, sans aucune esp縦e d'instruction, puis, quand une longue maladie les retient au lit, elles se sentent d始u仔s de toute consolation parce qu'elles sont laiss仔s leur mis俊e, priv仔s de l'assistance qu'il leur faudrait et ne re腔ivent que rarement la visite d'un pr腎re. Le 20, le P粛erin la trouva tr峻-troubl仔, le visage bruni, pleine d'angoisses int屍ieures et d'irritation contenue contre certains pr腎res avares de consolations. Cet 師at s'expliqua aussi comme un combat entrepris pour la mourante. Le pr腎re l'avait enfin visit仔 apr峻 un long intervalle de temps, mais il n'師ait pas capable de consoler la pauvre malade dont l'esprit 師ait un peu born et de lui donner du courage. Elle se sentit plus troubl仔 qu'auparavant, apr峻 l'avoir 残out, et elle fut prise d'une telle aversion pour lui qu'elle ne voulait plus recevoir d pr腎re. ヌ Quel chapelain ? s'残riait-elle, je ne veux pas le voir. ネ Telle 師ait l'impression de cette pauvre mourante, humble et douce d'ailleurs. Anne Catherine prit ce combat sur elle et lutta tout le dimanche, sentant en elle la plus violente irritation contre la conduite du pr腎re si n使ligent du salut des 盈es. Le 20 au soir, on croyait chaque instant, chez la vanni俊e, qu'elle allait rendre le dernier soupir. Anne Catherine, pendant toute la nuit, supplia Dieu de lui conserver la vie jusqu' ce qu'elle e柎 recouvr la paix de l'盈e. Le 21 au matin, elle vivait encore et elle montrait beaucoup de douceur, pardonnant tout le monde et disant la mort qu'elle 師ait la bienvenue. Vers midi, Anne Catherine parut 腎re ses derniers moments. Le P粛erin r残ita avec elle plusieurs litanies pour la malade. - Elle fut dans le m仁e 師at, avec des alternatives de lutte, jusqu'au lendemain, A sept heures et demie, o elle 姿rouva du soulagement: mais celle pour qui elle souffrait mourut. Elle fut toute la journ仔 dans un grand abattement : un nouveau travail approchait. Le soir le P粛erin la trouva dans un 師at extr仁ement diff屍ent. Elle souffrait de vives douleurs dans les membres, 姿rouvait un froid glacial et un sentiment de vide dans le bas-ventre et la r使ion de l'estomac; etc. Elle avoua qu'elle pensait maintenant une autre malade, la pieuse femme du pauvre tailleur H. Elle s'師ait dit : " Quand j'aurai fini avec la vanni俊e, je prierai pour celle-l. Ces gens sont si pieux et si humbles, peut-腎re la femme peut-elle encore revenir de l : elle n'a ni rem重es, ni aliments. " Le P粛erin ne connaissait pas cette femme : il alla chez elle pour lui remettre des aum冢es et trouva toutes ses souffrances semblables celles d'Anne Catherine. Celle-ci avait dit : ヌ Il y a quelques jours, cette femme s'est pr市ent仔 mes yeux et je me suis promis de prier aussi pour elle aussit冲 que la vanni俊e serait morte. ネ Cette malade dit au P粛erin qui en fut fort surpris : ヌ Ah ! j'ai r迅, il y a quelques jours que j'師ais devant ma porte : alors la soeur Emmerich passa devant moi, venant de la porte de Coesfeld, elle me donna la main et me dit : ヌ Eh ! bien, Gertrude, comment vas-tu? Il faut que tu ailles mieux ! ネ Je la vis tr峻-distinctement. ネ Le P粛erin demanda Anne Catherine si elle se souvenait d'avoir fait ce chemin en vision. Elle r姿ondit : ヌ Je ne puis rien dire de pr残is l-dessus : mais dans mes derni俊es courses, j'ai 師 souvent pr峻 de; cette femme et j'ai vu tout ce qu'elle faisait. Je ne me rappelle rien de particulier, car je suis all仔 dans plusieurs endroits. ネ

 

25 avril. ヌ Elle 師ait en tr峻-mauvais 師at et tr峻-faible. Elle a dit que, toutes les nuits, depuis la mort de la vanni俊e, elle avait eu des visions o il lui avait fallu pousser pour celle-ci sur une brouette de lourdes charges de bl. C'師ait un des rudes travaux que cette femme avait sans cesse faire. Ces charriages 師aient ceux que la femme avait faits de mauvaise humeur et en col俊e ou qu'elle avait n使lig de faire. Anne Catherine se disait hors d'師at de supporter plus longtemps ce travail; elle pria le P粛erin de faire dire une messe pour en tenir lieu. La chose se fit et elle n'eut plus de bl transporter.

 

10. Personnes sauv仔s de dangers pressants.

 

En ao柎 1822, le P粛erin ayant trouv un matin le confesseur pr峻 de la malade, celui-ci lui rapporta que, depuis la veille au soir, elle avait des maux de t腎e qui lui donnaient le d四ire et que, dans cet 師at, elle avait dit plusieurs fois qu'elle avait re講 un coup de fusil dans la t腎e et l'avait pri de la lui raccommoder, mais ces choses dites pendant le d四ire se r仕uisirent aux faits suivants, racont市 paisiblement par la malade elle-m仁e : ヌ J'offris le soir mes souffrances pour qu'elles pussent profiter des gens qui se trouveraient en danger, et comme je commen溝is mon voyage accoutum vers la maison des noces, mon guide me conduisit dans de hautes montagnes o un honn腎e savant grimpait au milieu des rochers, ayant la main des tablettes. Il fit une chute et tomba de tr峻-haut la t腎e en bas, mais il appela Dieu son secours : j'arrivai alors et je le portai sur mon dos jusqu' une voiture qui le suivait. J'ai beaucoup souffert pour lui. ネ

ヌ Ensuite je vis dans des rochers escarp市 des gens munis de perches et ayant des crochets leurs souliers : ils tir俊ent sur une troupe d'oiseaux. Un des coups aurait frapp un chasseur la t腎e : mais je me jetai devant lui ; je re講s dans la t腎e toute une charge de plomb et je ressentis une terrible douleur. Ma t腎e 師ait comme fendue en deux et je vis dans la suite de la vision que les grains de plomb 師aient comme des perles (des m屍ites). Il me vint aussi la pens仔 que, si les Prussiens me tenaient emprisonn仔 pr市ent, ils me les retireraient : je ne sais pas comment cette id仔 me vint. Ma t春e fracass仔 me rendait toute g士issante. ネ

           Dans les mois de novembre et de d残embre, elle fut en proie de tr峻-grandes souffrances pour l'Eglise qui se succ仕俊ent sans interruption. ヌ Ces souffrances, dit-elle le jour de la f腎e de saint Thomas de Cantorb屍y, m'ont 師

impos仔s, la Sainte-Catherine, pour l'トlise et pour les 思尋ues. J'ai vu aujourd'hui la vie de ce saint martyr (saint Thomas) et les grandes pers残utions qu'il a subies et j'ai eu cette occasion des visions continuelles touchant la ti仕eur et la faiblesse des pasteurs dans le temps pr市ent : mon coeur en est d残hir. ネ Le P粛erin fit ce propos la remarque suivante : ヌ Les douleurs augmentent : elle est prise d'acc峻 de toux insupportables qui l'emp芯hent de parler, mais elle a une grande patience. Au milieu de ces tourments affreux, elle est en g始屍al pleine de courage et de paix int屍ieure. Ses souffrances continuelles sont encore augment仔s parce qu'elles sont aux places de la plaie du

c冲 et de la couronne d'姿ines. Elle ne peut appuyer sa t腎e nulle part, elle a toujours la sensation d'une large couronne d'姿ines ac屍仔s : cependant elle parle souvent avec beaucoup de courage des fortes, mais salutaires douleurs

qu'elle a endurer. Au d暫ut de l'ann仔 1823, ces souffrances arriv俊ent leur apog仔, accompagn仔s de visions incessantes sur l'師at de l'トlise et, dans la soir仔 du 11 janvier, le P粛erin la trouva toussant beaucoup et souvent ne pouvant respirer. Elle 師ait en contemplation et demanda qu'on fit bouillir de l'orge et des figues et qu'on lui en m杯 un cataplasme s柮 le c冲 droit. On fit ce qu'elle disait. Elle but aussi du jus de ces figues, puis, se sentant plus libre et 師ant revenue elle, elle dit : ヌ J'ai une inflammation dans le c冲 : il y a quelque chose de bris, je l'ai entendu craquer : je sens une dislocation int屍ieure : je ne puis en r残happer que par un miracle. ネ Le confesseur r姿ondit : ヌ Vous avez d史 eu le d四ire toute l'apr峻-midi. ネ Mais le P粛erin apr峻 l'avoir observ仔 avec plus de soin, la trouva tout fait dans son bon sens, parlant et agissant d'une mani俊e tr峻-suivie conform士ent sa direction int屍ieure et ext屍ieure, ayant les id仔s claires et l'盈e tranquille. Elle indiqua comment il fallait pr姿arer l'empl液re, demanda tous de prier et, le lendemain, elle fut en 師at de rendre ainsi compte de ce qui s'師ait pass : ヌ Il me fallut aller l'endroit qu'habite le pasteur (Rome); le danger 師ait grand. On voulait assassiner le fid粛e chef des serviteurs, celui qui (note) a le petit chien ; alors je me jetai devant lui et le couteau me per溝 le c冲 droit et arriva jusqu'au dos.

 

(note) Note de d'auteur. Canis et coluber. C'est l'embl塾e du Pape L姉n XII, dans la proph師ie connue de saint Malachie. Mais cela s'expliquerait peut-腎re mieux par ce que dit le cardinal Wiseman, dans ses Souvenirs que L姉n XII avait habituellement dans ses appartements, un fid粛e compagnon, un petit chien tr峻-intelligent. ネ (Note du traducteur).

 

Le bon serviteur rentrait dans sa demeure; alors, sur un chemin o il 師ait facile de s'残happer; un tra杯re vint sa rencontre, ayant sous son manteau un poignard triangulaire. Il fit semblant de vouloir embrasser amicalement le chef des serviteurs, mais je me pr残ipitai sous le manteau et je re講s le coup qui p始師ra jusqu'au dos. Il y eut un craquement : je pense que le poignard doit s'腎re bris dans l'int屍ieur. Le chef des serviteurs para le coup et tomba en d伺aillance : il vint des gens autour de lui : l'assassin s'enfuit. Je crois que le sc四屍at ayant frapp sur quelque chose de dur, crut que le chef des serviteurs portait une cuirasse. Lorsque j'eus d師ourn le coup, le diable s'en prit encore moi : il 師ait plein de rage, me poussa de c冲 et d'autre et m'injuria: ヌ Qu'as-tu faire ici? Il faut que tu sois partout, mais pourtant je viendrai bout de toi. ネ Les suites de la blessure qu'elle avait re講e eurent leur cours pendant tout le mois de janvier : elle passa par toutes les phases d'une fi竣re inflammatoire comme cela aurait eu lieu naturellement dans un cas semblable o la gu屍ison e柎 師 possible. ネ

 

17 janvier. ヌ Elle souffre encore des douleurs atroces dans le c冲 bless, au point que quelquefois elle perd presque connaissance. Le c冲 est tr峻-enfl : en outre elle a une forte toux qui la fait beaucoup souffrir. Mais elle est tr峻-patiente et m仁e gaie. ネ

 

18 janvier. ヌ Elle a eu la vue de sa blessure avec ses d師ails anatomiques et elle en donne une description tr峻 minutieuse. Elle souffre beaucoup. ネ

 

22 janvier. ヌ La maladie semble diminuer. Malheureusement elle parle de choses tr峻-vulgaires comme de ses affaires de m始age et de l'enfant malade d'un bourgeois d'ici. Le P粛erin ne comprend pas comment de pareilles choses peuvent l'int屍esser ce point. ネ

 

27 janvier. ヌ Un revirement semble se manifester dans sa maladie caus仔 par la blessure. Elle devient plus prompte, plus active, elle prend quelque chose de d残id dans sa personne et dans son langage. Elle dit qu'elle a de grandes luttes soutenir parce qu'elle se sent pouss仔 malgr elle la col俊e et au ressentiment contre plusieurs personnes : elle a surtout une violente tentation de col俊e contre l'homme dont elle a emp芯h le projet d'assassinat. Les vomissements de sang et de pus sont plus violents, la tumeur du c冲 s'amollit et se vide l'int屍ieur. Elle d残rit l'abc峻 int屍ieur comme un champignon qui se vide et se remplit tour tour et qui alors fait sentir sa pr市ence entre les c冲es. Elle d残lare que les vomissements ne viennent pas du poumon : cela se passe dans l'orifice de l'estomac. ネ

10 f思rier. ヌ Cette nuit les vomissements de sang et de pus ont 師 si consid屍ables qu'elle s'est affaiss仔 sur elle m仁e comme morte. Elle assure qu'elle a vomi ce qu'on appelle le sac du pus et sent maintenant la place de l'abc峻 int屍ieur un vide et comme une plaie qui n'est pas encore cicatris仔. ネ

 

11 . Elle se charge de douleurs caus仔s par des plaies.

 

Elle dit en mars 1822 : ヌ J'ai de tr峻-fortes douleurs au pied gauche. Il m'a fallu aller dans un h冪ital o a 師 mise ma charge une femme qui s'師ait dangereusement bless仔 la jambe en tombant d'un escalier. ネ On ne fit pas grande attention ces paroles qui semblaient dites au hasard, mais, apr峻 quelques semaines il fut 思ident qu'Anne Catherine avait souffert les douleurs du premier bandage la place de cette pauvre personne, et que plus tard une op屍ation 師ait devenue n残essaire ; car, au mois d'avril suivant, elle interrompit tout coup un entretien avec son confesseur par ces paroles : ヌ On m'enl竣e une esquille du pied gauche. ネ Puis elle eut, en plein 師at de veille, une vision lointaine et, dans cette vision, la sensation que le bandage 師ait appliqu la suite de l'op屍ation faite sur elle auparavant. Elle dit encore: ヌ Je ne puis pis comprendre comment le fragment de mon os si mince s'adapte la jambe d'une grande et forte femme comme celle-l. Combien la douleur a 師 cruelle lorsqu'ils sont arriv市 tout contre l'os. Cette pauvre personne, pieuse catholique, m'a 師 r残emment montr仔; elle est bien loin d'ici, oblig仔 de vivre dans un h冪ital o il y a d'autres malades d'un voisinage d市agr斬ble. Elle a beaucoup supporter et m'inspire une grande piti. J'ai pri pour elle et demand pour moi ses souffrances. Il y a l des m仕ecins luth屍iens qui, aujourd'hui midi, ont enlev un gros fragment de l'os de la jambe et je me suis alors en m仁e temps laiss enlever un fragment qu'ils ont ins屍 dans sa blessure mais je ne puis m'imaginer comment mon os si maigre peut convenir l. Elle est si grande et si forte ! maintenant ils ont band sa plaie et la mienne : c'est une douleur affreuse. ネ Elle donna cette occasion beaucoup de d師ails minutieux et pendant ce temps, la pr姉ccupation qu'elle avait de tout cela ne l'emp芯hait pas de suivre une conversation avec son entourage. ネ

 

12. Maux d'yeux.

 

Le p俊e d'un enfant atteint d'une ophtalmie fort grave lui demanda ses pri俊es. A peine avait-elle accueilli cette demande qu'elle ressentit de terribles douleurs dans les yeux, lesquelles pers思屍俊ent pendant plusieurs jours, si bien qu'elle eut une forte inflammation un oeil. C'師ait celui-l m仁e qui chez l'enfant 師ait consid屍 comme d史 perdu. Anne Catherine ressentit une telle compassion qu'elle se fit porter le pauvre enfant et su溝 l'oeil malade. Elle esp屍ait que cet oeil n'師ait pas perdu sans ressource, et elle-m仁e souffrit une semaine enti俊e avant de recouvrer l'usage du sien. Pendant ce temps, elle eut en vision plusieurs travaux faire dans les champs attenant la maison des noces, o il lui fallut, avec ses maux d'yeux, arracher des souches d'arbre. Eu m仁e temps, elle vit autour du champ o elle travaillait une quantit d'autres personnes atteintes d'ophtalmie pour lesquelles elle souffrit et pria. Elle se souvenait particuli俊ement d'un pauvre tailleur qui avait d史 perdu un マil.

Ordinairement, quand elle priait pour des enfants malades, elle les sentait comme corporellement pr市ents sur son lit, et alors elle prenait tout pr峻 d'elle ceux qui avaient les maux les plus d使o柎ants. Elle les voyait dans leurs demeures et leur envoyait, autant qu'elle le pouvait, du linge et de la nourriture.

 

13. Tentations.

 

Le vendredi saint de 1822, son confesseur avait recommand ses pri俊es un paysan qui, ayant perdu deux chevaux, s'abandonnait une tristesse allant jusqu'au d市espoir. Le matin du dimanche de P衛ues, elle dit qu'elle 師ait assaillie de terribles visions qui lui faisaient presque perdre la t腎e, et pendant la grand'messe, cet 師at s'aggrava tellement qu'elle se crut au moment de mourir dans les angoisses. Apr峻 l'office divin, le p俊e Limberg vint la voir et raconta que, pendant la c四暫ration, le paysan avait pleur et pouss de tels cris qu'il avait fallu le faire sortir de l'使lise. Elle tressaillit involontairement ce r残it qui confirmait ce qu'elle avait vu et senti int屍ieurement jusqu'au soir du mardi de P衛ues, elle fut dans un 師at de lutte incessante contre l'angoisse, le d市espoir, la col俊e et la rage et elle se plaignit d'avoir de si tristes f腎es de P衛ues. Enfin le combat cessa dans la soir仔 du mardi. Le confesseur trouva le pauvre homme calm et dans de meilleures dispositions. Mais avant qu'il e柎 pu le faire savoir Anne Catherine, celle-ci dit avec de joyeuses actions de gr営es : ヌ C'est sainte Anne qui a fait cela ! Je l'ai invoqu仔 tout le temps pour ce pauvre homme. Elle a obtenu la gr営e. Elle est la patronne des gens d市esp屍市 et tourment市 par le mauvaise esprit. Ces derniers jours, j'ai terriblement souffert pour cet homme qui m'a 師 montr depuis longtemps d史. Il est sans religion et comme il s'est 四oign de l'師at de gr営e qui rend le chr師ien invuln屍able, il est tomb sous le pouvoir d'une mal仕iction. En faisant cuire par superstition un coeur de cheval, il s'est mis dans un rapport idol液rique avec le diable, et le d市espoir s'師ait tellement empar de lui que, le dimanche de P衛ues, il a assist, la haine et la rage dans le coeur, au tr峻-saint sacrifice du fils de Dieu qui a donn sa vie pour ses ennemis. Sainte Anne l'a sauv. Si maintenant il ne se corrige pas enti俊ement, il lui arrivera encore pis. ネ Wesener qui voyait cet homme comme m仕ecin, apprit de lui que, par le conseil de gens superstitieux, il avait fait cuire le coeur d'un des chevaux qu'il avait perdus en prof屍ant des impr残ations contre celui qu'il croyait avoir 師 la cause de la mort des chevaux : celui-ci ne devait plus trouver de repos jusqu' ce qu'il se f柎 fait conna杯re au paysan comme en 師ant l'auteur. Le paysan avait aussi pris la r市olution de tirer un coup de fusil la premi俊e personne qu'il rencontrerait apr峻 son op屍ation, magique.

 

Quelques. semaines apr峻, cet homme apparut pr腎 retomber parce qu'il 師ait sur le point de perdre un troisi塾e cheval. Anne Catherine, l'ayant su par son confesseur, fut tr峻-attrist仔 et dit : ヌ Il ne faut pas que cela arrive; autrement cet homme retomberait dans le d市espoir : il faut prier pour que le cheval ne meure pas. ネ Les deux jours suivants, elle fut de nouveau tr峻 agit仔, son visage prit une teinte brune et sombre : son regard 師ait 使ar et craintif : son expression 師ait tout fait celle des jours o elle avait eu le plus d'assauts soutenir pendant le Car仁e. Elle avoua qu'elle avait beaucoup pri pour cet homme violemment tent et qu'elle avait eu r残emment lutter contre 1e diable. Le cheval gu屍it.

Mai 1823 : ヌ Elle a fourni du linge et une layette une pauvre accouch仔 qui 師ait maltrait仔 par un mari brutal. Cet homme ne s'師ait pas approch des sacrements depuis plusieurs ann仔s et il vivait dans des sentiments de haine et d'inimiti envers son prochain. Anne Catherine avait souvent pri pour qu'il se convertit et pour qu'il r伺l残h杯 sur le mis屍able 師at de son 盈e. Elle renouvela encore ses pri俊es pour lui, mais elle avait en m仁e temps de tels combats livrer contre de violentes excitations au ressentiment et la col俊e que son visage en 師ait tout d伺igur. L'homme cependant avoua sa femme qu'il 姿rouvait une angoisse int屍ieure ; et une agitation dont il ne savait comment se d四ivrer. Anne Catherine ne cessa point de s'occuper de lui jusqu' ce qu'il f柎 all trouver le P. Limberg et lui e柎 demand se confesser. Ses souffrances prirent alors un caract俊e d'intensit plus grande et il fut bient冲 思ident que cet homme lui avait fourni l'occasion d'implorer des gr営es semblables pour une infinit d'autres qui se trouvaient dans le m仁e cas. La douleur la faisait ressembler une personne mise la torture et elle raconta en pleurant ce qu'elle avait endur : ヌ J'ai cru mourir de douleur: mais je n'ai re講 aucune assistance. J'offris mes mis俊es pour tous les malheureux qui languissent sans consolation et sans le secours des saints sacrements. J'師ais parfaitement 思eill仔 et je vis tout coup autour de moi, les unes voisines, les autres 四oign仔s, d'innombrables sc熟es de douleur; c'師aient des malades, des mourants, des voyageurs 使ar市, des prisonniers, sans pr腎res et sans sacrements. Je criai au secours pour eux et j'implorai Dieu. Mais il me fut dit: ヌ Tu ne peux pas obtenir cela gratuitement, il y faut du travail. ネ Sur cela je m'offris et je me trouvai dans un 師at terrible. Des cordes me garent pass仔s autour des bras o elles furent fortement attach仔s, puis on les tendit si violemment que je crus que tous mes nerfs allaient se d残hirer. Mon cou 師ait 師rangl, les os de la poitrine remontaient, et ma langue raidie se retirait au fond de mon gosier. J'師ais l'agonie, mais je vis pour ma consolation que beaucoup furent assist市. ネ Ces souffrances se renouvel俊ent la nuit d'apr峻 et elle se vit formellement crucifi仔. Le P粛erin la trouva avec le cou et la langue gonfl市. Elle raconta p始iblement ce qui suit : ヌ J'ai vu une bien grande d師resse dans l'トlise par suite des n使ligences; des omissions et des trahisons. Quelque pitoyable que soit l'師at de ce pays ci, j'ai vu encore bien pis dans d'autres endroits. J'ai vu des pr腎res en tr峻-mauvaise compagnie et au cabaret pendant que leurs paroissiens mouraient sans sacrements. J'ai eu de nouveau la vision de la secte secr春e sapant de tous les c冲市 l'使lise de Saint-Pierre. Ils travaillaient avec des instruments de toute esp縦e et couraient 壕 et l, emportant des pierres qu'ils en avaient d師ach仔s. Ils furent oblig市 de laisser l'autel, ils ne purent pas l'enlever. Je vis profaner et voler une image de Marie. Je me plaignis au Pape et lui demandai comment il pouvait tol屍er qu'il y e柎 tant de pr腎res parmi les d士olisseurs. Je vis cette occasion pourquoi l'トlise a 師 fond仔 Rome ; c'est parce que c'est l le centre du monde et que tous les peuples s'y rattachent par quelques rapports. Je vis aussi que Rome restera debout comme une 罵e, comme un rocher au milieu de la mer, quand tout, autour d'elle, tombera en ruine. Je vis comment J市us donna cette force Pierre et le pr姿ara tout cause de sa fid四it et de sa droiture. Lorsqu'il lui dit : ヌ Suis-moi, ネ Pierre comprit par l que lui aussi serait crucifi. Lorsque je vis les d士olisseurs, je fus 士erveill仔 de leur grande habilet. Ils avaient toutes sortes de machines : tout se faisait suivant un plan : rien ne s'残roulait de soi-m仁e. Ils ne faisaient pas de bruit ; ils faisaient attention tout, profitaient de tout; ils avaient recours des ruses de toute esp縦e, et les pierres semblaient souvent dispara杯re sous leurs mains. Quelques-uns d'entre eux reb液issaient; ils d師ruisaient ce qui 師ait saint et grand et ce qu'ils 仕ifiaient n'師ait que du vide, du creux, du superflu. Ils emportaient des pierres de l'autel et en faisaient un perron l'entr仔. ネ

Son confesseur 師ait tr峻-士u la vue de ces horribles souffrances et il cherchait les conjurer par le nom de J市us et au moyen d'exorcismes. Il avait lu dans une relation concernant l'exorciste Gassner, que celui-ci, en Bavi俊e, gu屍issait souvent par l'exorcisme des maladies qu'il croyait provenir du mauvais esprit. Anne Catherine lui dit ce sujet : ヌ Les exorcismes seront sans effet sur moi, car je sais que cette maladie que j'ai ne vient pas de l'esprit malin. Je ne puis 腎re aid仔 que par la b始仕iction, par la patience supporter les douleurs d'autrui et par la pri俊e pour ce qui est la cause de ma souffrance. J'ai toujours eu, depuis que je me connais, une foi in暫ranlable dans le nom de J市us et l'invocation de ce saint nom a 師 souvent un secours pour moi-m仁e et pour d'autres : mais je suis certaine que ce que je souffre maintenant; je l'ai pris sur moi au nom de J市us (elle voulait dire qu'il n'師ait pas propos de lui faire retirer ces souffrances au nom de J市us). J'ai vu aussi plusieurs des maladies gu屍ies par le p俊e Gassner : elles ne me plaisaient gu俊e; elles avaient pour cause premi俊e des 師ats de p残h. ネ

Un an auparavant, le P粛erin eut noter un fait remarquable montrant de quel secours pouvait 腎re pour elle le saint nom de J市us. C'師ait le 20 janvier : ヌ Je priai Dieu avec les plus vives instances, dit-elle, afin qu'il m'assist液 dans ce qui me faisait le plus souffrir, l'affreux mal que j'avais au bas-ventre. Mon 姿oux me r姿ondit d'un ton tr峻-grave : ヌ Pourquoi aujourd'hui ? demain ne vaut-il pas autant ? ne t'es-tu pas donn仔 moi ? ne puis-je pas faire de toi ce que je veux ? ネ Je veux m'abandonner compl春ement lui, qu'il fasse selon sa volont. Oh ! quelle gr営e de pouvoir souffrir ! heureux qui est injuri et m姿ris ! C'est tout ce que je m屍ite et je n'ai 師 que trop honor仔. Ah ! si j'師ais couverte de crachats et foul仔 aux pieds sur le grand chemin, je voudrais baiser les pieds tous pour les remercier ! Sainte Agn峻 a aussi beaucoup souffert : j'ai vu tout ce qu'elle a endur. ネ

Le soir de ce jour, le docteur Lutterbeck se trouvant Dulmen et le P粛erin lui ayant rendu compte des souffrances de la malade sans que celle-ci p柎 l'entendre le moins du monde, elle s'残ria, 師ant en extase : ヌ Comment peux-tu te mettre au milieu de mes fleurs, tu 残rases toutes ces belles fleurs ! ネ Elle avait donc vu celui qui r思四ait ses tortures secr春es comme marchant sur ses fleurs et les 残rasant. Le jour suivant, la douleur du bas-ventre fut si violente que le confesseur tout 士u lui donna un peu d'huile b始ite et, priant sur elle, ordonna au mal de se retirer au nom de J市us. Elle se sentit aussit冲 assist仔 et tout fait remise. Ce qui avait 師 dit de " demain " se r斬lisa, donc.

Pendant cette maladie, elle avait aussi fait cette d残laration : ヌ Quand je prends sur moi les souffrances des personnes impatientes, ces souffrances sont tr峻-aggrav仔s en ce qu'alors j'ai une intol屍able excitation l'impatience qu'il me faut surmonter. Jusqu' pr市ent, dans le cours de cette longue maladie, j'ai 師 merveilleusement soutenue. La plupart du temps, pendant la nuit et souvent aussi pendant le jour, je vois devant moi ou pr峻 de moi planer en l'air une table blanche qui semble de marbre: il y a dessus divers vases contenant des jus et des herbes et je vois tant冲 un saint martyr, tant冲 un autre, homme ou femme, s'avancer et me pr姿arer un rem重e ; souvent c'est un m四ange de plusieurs ingr仕ients et il me semble aussi qu'on le p峻e dans une balance d'or : la plupart du temps ce sont des jus d'herbes. Souvent j'ai sentir de petits buissons de fleurs, souvent sucer quelque chose et ces rem重es gu屍issent quelquefois la douleur : mais plus souvent ils me donnent la force de supporter les douleurs les plus extraordinaires et les plus compliqu仔s qui succ重ent imm仕iatement aux rem重es. Je vois tout cela aller son train distinctement et r使uli俊ement, si bien que parfois j'ai craint que mon confesseur, en allant et venant, ne renvers液 cette pharmacie c四este. ヌ Cette table disparut tout coup un jour que, par une parole irr伺l残hie, Anne Catherine donna une personne l'occasion de faire son 四oge. Ayant donn des avis cette personne sur les moyens prendre pour mener une vie retir仔 et observer la modestie, elle avait conclu par ces mots : ヌ J'ai toujours 師 fid粛e ces pratiques dans ma jeunesse et je m'en suis bien trouv仔. ネ L dessus, on lui donna des 四oges et la table c四este disparut subitement avec sa pharmacie.

 

14. Souffrances pour des gens qui se confessent.

 

ヌ Lorsque je vois des gens qui se confessent, j'ai souvent d'effrayantes vidons qui me font sentir vivement combien il est n残essaire de prier pour eux. Ainsi je vois des personnes qui, en se confessant crachent un serpent, mais l'avalent de nouveau bient冲 apr峻, souvent m仁e avant la communion. Ceux qui cachent des p残h市 m'apparaissent avec un visage hideux et je vois pr峻 d'eux une horrible b腎e qui leur enserre la poitrine dans ses griffes. Quant ceux qui vivent dans des relations criminelles, je vois souvent, pendant qu'il se confessent, une figure leur souffler l'oreille de n'en rien dire. J'en vois d'autres, pendant leur confession, serrer contre eux une figure qui a un corps de dragon. ネ

ヌ J'ai toujours vu que de hideuses b腎es comme les vers et certains insectes proviennent des p残h市 et sont les images des p残h市. Quant aux personnes qui renferment dans leur int屍ieur des p残h市 secrets, mais qui se montrent ext屍ieurement pieuses et irr姿rochables, je vois de vilaines b腎es qui se tiennent c冲 d'elles ou sur leurs habits, ou bien je vois ces b腎es cach仔s, caress仔s et nourries en secret. Souvent j'ai vu si clairement des b腎es de ce genre attach仔s certaines personnes que je voulais les leur 冲er, mais je m'apercevais bient冲 que je leur causais un grand 師onnement. La cigale , par exemple, est une image du p残h. Elle est inqui春e, criarde, avare ; elle fait beaucoup de bruit. Je vois que la cigale remue chacun de ses poils, se fait belle, agite bruyamment ses ailes quand elle crie. Ainsi font aussi ceux qui nourrissent en eux les p残h市 dont la cigale est l'image symbolique. ネ

Elle raconta un jour ce qui suit: ヌ Je priais pour les p始itents d'un pr腎re sur sa demande et j'eus faire un travail tr峻-p始ible. Je vis deux canots qui allaient couler bas. Dans l'un 師aient les hommes: dans l'autre les femmes : celles-ci 師aient en tr峻-grand nombre. Le confesseur 師ait sur le bord et voulait tirer les canots terre l'un apr峻 l'autre. Le canot o 師aient les hommes marchait passablement : mais beaucoup de femmes ou plut冲 presque toutes avaient, contre la volont du confesseur et en partie son insu, cach des chats sous leurs fichus, et ces chats rendaient la barque si pesante quユelle 師ait au moment de s'enfoncer. Ils s'accrochaient fortement, ne voulaient pas se laisser d師acher et donnaient des coups de griffe droite et gauche. Je me mis sur une planche, je poussai jusqu'au canot et j'exhortai les femmes se d暫arrasser de leurs chats, mais elles prirent la chose tr峻 mal et se mirent me quereller. Le confesseur tirait de toutes ses forces, mais pas toujours comme il fallait, si bien que je lui criai de s'y prendre autrement. ネ

Anne Catherine eut tr峻-fr子uemment, quoiqu'ayant l'estomac absolument vide, des crises de vomissement qui se succ仕俊ent pendant deux jours sans quelle p柎 rien rendre. Cela la faisait tomber dans des d伺aillances semblables la mort ; en m仁e temps elle soupirait souvent et disait involontairement: ヌ Les p残h市 doivent sortir: il faut qu'ils soient confess市. ネ Et on reconnaissait qu'elle avait pris ces souffrances sur elle pour emp芯her des confessions sacril夙es. ネ

Comme elle avait une d思otion particuli俊e saint Antoine, elle re講t plusieurs fois, pendant l'octave de sa f腎e, la t営he de pousser des p残heurs au repentir et la confession, au moyen de pri俊es et de souffrances et avec l'assistance du saint. Pendant ces huit jours, elle resta en proie des maladies qui changeaient rapidement, des convulsions, des angoisses int屍ieures et un d四aissement spirituel. Elle raconta un jour ce qui suit : ヌ Le saint m'a montr les personnes que je devais exciter faire une confession g始屍ale. Elles allaient successivement trouver Overberg et mon confesseur. Je ne les connais qu'en vision, mais non l'師at de veille. Dans de pareils travaux, les choses se passent comme si le saint envoyait un ordre ou un message mon guide lequel me dit alors : ヌ Tiens-toi pr腎e et suis-moi si tu veux porter secours en tel et tel endroit. ネ Je me mets alors en chemin pour un voyage qui me fatigue beaucoup et je rencontre des difficult市 de toute esp縦e qui se rapportent aux obstacles spirituels existant dans l'盈e des p始itents et qui sont l'image des id仔s fausses, des passions et de la r姿ugnance int屍ieure que ceux-ci ont surmonter en eux-m仁es avant d'en venir une confession sinc俊e et accompagn仔 de repentir. Quelques-uns de ces gens m'apparaissent petits et dans l'四oignement; d'autres sont plus pr峻: cela indique le chemin plus ou moins long qu'ils ont faire pour arriver une confession sinc俊e. Je vois souvent une personne qui en r斬lit n'est pas loin d'ici, comme tr峻-petite et tr峻-四oign仔, une autre r仔llement 四oign仔 m'appara杯 grande et rapproch仔 spirituellement. J'en vois plusieurs qui sont tr峻-pr峻 de moi, mais pour arriver elles, il me faut gravir une montagne escarp仔 d'o je retombe sans cesse. Quand avec la gr営e de Dieu et l'assistance du saint, je puis venir bout de la franchir, j'arrive jusqu'aux personnes et je trouve leur coeur chang. ネ

 

Le 29 novembre 1822, six dangereux bandits qu'on conduisait la forteresse furent amen市 Dulmen pour y passer une nuit dans la prison de la ville. Elle vit cela en esprit, pria pour ces mis屍ables et raconta ce qui suit le jour d'apr峻 : ヌ J'ai visit les prisonniers pour la conversion desquels je priais. Lorsque je m'approchai de la prison, tout l'entour 師ait rempli de buissons d'姿ines. Je m'y mis les mains en sang en grimpant apr峻 ces 姿ines qui d姿assaient le mur et retombaient de l'autre c冲. Il n'y avait pas de toit : je descendis, mais je ne pus pas arriver jusqu'aux prisonniers, ils 師aient dans des trous ou des crevasses de forme 師range et il y avait au-dessus d'eux et devant eux une quantit de poutres et de solives entrem人仔s et formant de solides barri俊es. Il faisait sombre, tout 師ait d市ol et comme p師rifi: je me donnai beaucoup de peine sans pouvoir arriver aucun d'eux: il 師aient comme chang市 en poutres et compl春ement endurcis. Alors le gendarme N. vint pour les visiter et je m'en allai, craignant qu'il ne me trouv液 et qu'il ne cr柎 que je voulais les d四ivrer.

 

Avril 1820. Elle 姿rouvait une douleur si violente dans tout le cot gauche qu'elle semblait au moment d'expirer. Elle ne pouvait se coucher qu'a demi sur le c冲 droit, elle 師ait hors d'師at de parler et avait des 思anouissements caus市 par l'exc峻 de la souffrance : cependant elle 師ait pleine de s屍始it et dit : ヌ Ceci est un reste du Car仁e pendant lequel j'ai pris un fardeau trop fort pour moi : je croyais que cela ne viendrait que plus tard. J'ai pris cette charge pour un 師ranger qui voulait faire ici sa confession pascale. Je le vis au confessionnal en mauvaise disposition, il ne voulut pas tout avouer et se rendit gravement coupable. J'ai pri le Seigneur de me laisser souffrir sa place pour satisfaire la justice divine et toucher le coeur de cet homme : alors cette violente douleur m'a tout coup assaillie. Mais je puis peine la supporter. ネ L'abb Lambert pria alors sur elle et elle re講t quelque soulagement : mais lorsqu'il s'四oigna, les souffrances recommenc俊ent et devinrent si violentes qu'elle tomba en d伺aillance et qu'une sueur froide coula sac son front.. On appela le confesseur qui la b始it et ordonna au mal de s'en aller au nom de J市us. A l'instant elle se sentit mieux et p柎 retrouver un peu de repos.

Temps pascal de 1823. ヌ J'ai eu tra馬er de force un homme l'使lise jusque la table de communion. Il ne voulait pas y aller et il me jeta presqu' terre. Je souffrais horriblement et je re講s cette occasion de si terribles coups sur le coeur que je crus qu'il allait 腎re 残ras. ネ Ce travail se renouvela encore tr峻-souvent et dura jusqu' la semaine d'avant la Pentec冲e. Lorsqu'un des jours de cette semaine, elle raconta son confesseur qu'elle s'師ait encore fatigu仔, jusqu' en mourir, l'occasion de cet homme, ce dernier, peu de minutes apr峻, f杯 prier le confesseur d'entendre sa confession g始屍ale. Le p俊e le re講t avec beaucoup de bont et, sur sa pri俊e, le conduisit pr峻 de la malade laquelle il demanda pardon en pleurant de l'avoir souvent calomni仔.

 

15. Les jours du carnaval 師aient tous les ans pour elle un temps de terribles souffrances. Elle 師ait alors livr仔 des tortures incessantes cause des p残h市 qui se commettaient pendant ces jours l. ヌ Il me faut voir toutes les abominations de la d暫auche, m仁e les pens仔s et la malice int屍ieure des coeurs, les pi使es tendus par le diable, l'affaissement, l'暫ranlement, l'使arement des 盈es et leur chute. Je vois partout le diable pr市ent et il me faut aller, courir, souffrir, exhorter, implorer Dieu, me livrer au ch液iment. En m仁e temps, je vois les affronts que ces insens市 font au R仕empteur, mon Sauveur bien-aim; je le vois tout d残hir, couvert de sang et de crachats. Je vois des divertissements innocents en apparence dans leur affreuse nudit et avec leurs tristes cons子uences. Je suis saisie de terreur et de piti et je passe d'un martyre un autre, afin d'obtenir pour tel ou tel p残heur un r姿it et la gr営e de la conversion. Je vois cela chez des la敏ues et chez des pr腎res et la vue de ces derniers est ce qui me fait le plus souffrir. J'師ais derni俊ement si abattue que je n'en pouvais plus et que je priai mon ange gardien de faire agir les anges de quelques personnes dont l'師at me touchait beaucoup. ネ Elle est r仕uite une telle extr士it qu'elle ne peut pas se remuer, ni m仁e respirer sans de vives douleurs. Mais elle est pleine de paix, de calme, de douceur, et sa patience est indicible. Avec tout cela, elle a encore soutenir les assauts du mauvais esprit qui l'attaque jour et nuit. ネ

 

Mars 1821, mercredi des cendres. ヌ Le P粛erin la trouva ce matin toute bris仔 et en proie d'affreuses tortures. Elle put peine prononcer quelques mots, elle 師ait compl春ement affaiss仔 sur elle-m仁e, 姿uis仔 et p瑛e; mais sa figure 師ait paisible et aimable, son 盈e 師ait en paix et tout en elle respirait la bienveillance et la bont. Elle dit : ヌ J'ai eu cette nuit, je crois, toutes les souffrances et tous les martyres qui peuvent torturer un corps humain. A la fin il est encore survenu un mal d'oreilles 姿ouvantable. J'ai obtenu quelque soulagement au moyen d'un peu d'huile b始ite sur du coton. ネ Elle dit tout coup : ヌ Maintenant encore une danse ! ネ et elle se tordit sur elle-m仁e et agita ses pieds avec un tremblement douloureux. Apr峻 cela elle eut un mouvement de terreur et sembla se d伺endre : ヌ Ces gens ont excit contre moi un m残hant petit chien, qui est tout fait furieux. Plus tard elle raconta ceci : ヌ J'avais 師 envoy仔 dans un village o les habitants dansaient encore aujourd'hui : je devais leur dire quelque chose. Cela ne servit qu' les exciter; ce fut comme s'ils l営haient sur moi un petit chien plein de rage. Au commencement j'eus grand peur : mais ensuite il me vint l'esprit que je n'師ais pas l avec mon corps et qu'il ne pouvait pas me mordre. Alors je me ramassai dans un petit coin et je vis que le chien n'師ait autre que le diable. Il avait d'horribles griffes et le feu lui sortait par les yeux. En ce moment un saint me tendit d'en haut comme un gros b液on de fer qui me sembla creux l'int屍ieur, tant il 師ait l使er; puis il me dit : ヌ Avec cela j'ai souvent, moi aussi, ross le diable. ネ Je le pr市entai au chien qui mordit dedans, le tira lui et finit par s'enfuir en l'emportant. Je pus cependant faire ce dont j'師ais charg仔 et les danseurs se s姿ar俊ent. ネ

 

Avril 1822. ヌ Elle parait 腎re dans un 師at des plus pitoyables. Elle a pris de l'huile de sainte Walburge et s'est sentie soulag仔. Les souffrances et les douleurs augmentent, mais la vivacit de l'esprit semble aussi augmenter. Elle est singuli俊ement patiente, elle est m仁e joyeuse dans ses souffrances. A la toux, aux vomissements et la r師ention vient s'ajouter une douleur cuisante au visage avec enflure des l竣res qui sont couvertes de pustules blanches. Elle ne peut ni parler, ni boire. Le m仕ecin ordonne des rem重es externes qui n'apportent aucun soulagement. Son guide dit qu'elle doit s'en remettre Dieu, qu'elle expie les p残h市 de la langue. Cette maladie dura environ sept jours et, pendant ce temps, elle eut, sur l'ordre de son guide, de longues pri俊es vocales r残iter durant une grande partie de la nuit.

 

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