A la recherche d'Adonaï

Au-delà du
par-delà
de l' Au-delà

Essai sur Dieu

Cet essai est une compilation de lectures sur la notion de Dieu
au travers de la pensée bouddhiste et de mystiques chrétiens.
En arrière fond, apparaît la pensée de Blaise Pascal
mais aussi les théories scientifiques les plus récentes.
Ce document est mis à la libre disposition de chacun.
puhlig@caramail.com

Avant propos[1]

 
Ce travail est une simple compilation de lectures et une interrogation au départ sur la mort, interrogation qui se transforme sur le sens de la vie et aboutit logiquement à la seule recherche véritable de chacun : quelles sont mes origines, qui suis-je et quel est le sens de la création. La réponse est très simple : Je viens de Dieu, je suis un ouvrier de Dieu etje L'implore de ne pas détourner Sa Sainte Face lorsqu'Il me fera comparaître devant Lui.
Il s'agit d'une compilation et non d'un livre. En d'autres termes, le travail de l'auteur s'est résumé simplement à puiser des textes, des idées chez d'admirables auteurs, philosophes, mystiques et saints issus de différents courants de pensée. La sainteté n'est pas l'apanage d'une seule Eglise. Oser affirmer qu'en dehors d'une Eglise, il n'y a point de salut ; cela semble incongru en ces temps de recherche de l'unité des chrétiens.
Que ce travail devienne une semence du royaume ! Que cette semence, telle le grain de sénevé donne naissance à un arbre où certains pourront aller se reposer dans la paix du Dieu, l'Eternel, l'Ouvert, le Miséricordieux, l'Innommable.
Ce travail se veut une cristallisation d'éclats de diamant. Qu'il donne une idée très approximative de ce à quoi le Royaume du Père le Vivant est comparable.
Qu'il permette à chacun d'approcher le Créateur car seule une approche est possible.
Dieu ,seul, peut connaître Dieu.
Qu'il permette aussi à chacun de se poser unregard sur son propre néant2]. Le célèbre « connais-toi, toi-même » est toujours une nécessité primordiale pour chaque homme. La recherche de la richesse, du pouvoir, des honneurs, des plaisirs n'est en fait qu'une recherche du Soi. Elle est difficile car le mental, l'ego, l'orgueil dont nous sommes pourvus à profusion, nous poussent dans une mauvaise voie, celle sans issue pour notre âmemais tellement confortable à notre médiocrité.
Qu'il permette de découvrir que le Royaume des cieux est en chacun de nous et autour de nous.
Qu'il nous permette, non pas de connaître la parole du Christ mais de la mettre en œuvre tout au long de notre petite vie.

Apologie de la religion chrétienne  en l'occurrence augustinienne.

 
Comment comprendre l'homme dans ses contradictionsde « monstre incompréhensible », dans son animalité, même s'il se situe au sommet du genre animal, et dans sa quête de l'expérience du divin ?
L'homme a-t-il crééDieu ou Dieu a-t-il créé l'homme ?
La bible est-elle parole de Dieu ou parole d'homme sur le mystère de Dieu ?
Assurément, Blaise Pascal, prend position. Le lire, le découvrir est un exercice indispensable même si nul n'est jamais sorti indemne d'une rencontre avec Blaise.
Quel est le sens de ma vie ?
Malgré la vue de toutes nos misères (rien de neuf sous le soleil), qui nous touchent, qui nous tiennent à la gorge, nous avons un instinct que nous ne pouvons réprimer qui nous élève. (fr.526) Nonobstant ces misères, il veut être heureux, et ne veut être qu'heureux, et ne peut nevouloir pas l'être. Mais comment s'y prendra-t-il ? Il faudrait, pour bien faire, qu'il se rendît immortel. Mais ne le pouvant, il s'est avisé de s'empêcher d'y penser.
Les hommes n'ayant pu guérir la mort, la misère, l'ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n'y point penser. (fr.166) La plus grande bassesse de l'homme est la recherche de la gloire. Mais c'est cela mêmequi est la plus grande marque de son excellence ; car quelque possession qu'il ait sur la terre, quelque santé et commodité essentielle qu'il ait, il n'est pas satisfaits'il n'est dans l'estime des hommes. Il estimesi grande la raison de l'homme que, quelque avantage qu'il ait sur la terre, s'il n'estplacé avantageusement aussi dans la raison de l'homme, il n'est pas content. C'est la plus belle place du monde, rien ne peut le détourner de ce désir, et c'est la qualitéla plus ineffaçable ducœur de l'homme.
Et ceux qui méprisentle plus les hommeset les égalentaux bêtes,encore veulent-ils en être admirés et crus, et se contredisent à eux-mêmes par leur propre sentiment, leur nature, qui estplus forte que tout, les convaincant de la grandeur de l'homme plus fortement que la raison ne les convainc de leur bassesse. (fr.707)
Le drame de l'homme : L'homme n'est ni ange ni bête et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête. (fr. 557)
Qui suis-je ? Je sens que je puis n'avoir point été, car le moi consiste dans ma pensée. Donc moi qui pense n'aurais point été, si ma mère eût été tuée avant que j'eusse été animé. Donc je ne suis pas un être nécessaire. Je ne suis pas aussi éternel ni infini. Mais je vois bien qu'il y a dans la nature un être nécessaire, éternel et infini.(fr. 167)
Notre âme est jetée dans un corps, où elletrouve nombre, temps, dimensions. Elle raisonne là-dessus et appelle cela nature, nécessité, et ne peut croire autre chose.
L'unité jointe à l'infini ne l'augmente de rien, non plus qu'un pied à une mesure infinie. Le fini s'anéantit en présence de l'infini et devientun pur néant. (fr. 680) La seule bonne question est posée.
Quelle est donc ma condition ? Inconstance, ennui, inquiétude. (fr. 58)Si on est trop jeune on ne juge pas bien, trop vieux de même. Si on n'y songe pas assez, si on songe trop on s'entête et on s'en coiffe. (fr. 55)
Qui ne voit pas la vanité du monde est bien vain lui-même.
Aussi qui ne la voit, excepté de jeunes gens qui sont tous dans le bruit, dans le divertissement et dans la pensée de l'avenir ?

Mais ôtez leur divertissement, vous les verrez se sécher d'ennui.

Ils sentent alors leur néant sans le connaître, car c'est bien être malheureux que d'être dans une tristesse insupportable aussitôt qu'on est réduit à se considérer et à n'en être point diverti. (fr. 70)

Et je m'interroge.

En voyant l'aveuglement et la misère de l'homme, en regardant tout l'univers muet et l'homme sans lumière abandonné à lui-même et comme égaré dans ce recoin de l'univers sans savoir qui l'y a mis, ce qu'il y est venu faire,ce qu'il deviendra en mourant, incapable de toute connaissance, j'entre en effroi comme un homme qu'on aurait porté endormi dans une île déserte et effroyable et qui s'éveillerait sans connaître et sans moyen de s'en sortir. Et sur cela j'admire comment on n'entre point en désespoir d'un si misérable état. Je vois d'autres personnes auprès de moi d'une semblable nature, je leur demande s'ils sont mieux instruits que moi. Ils me disent que non.Et sur cela ces misérables égarés, ayant regardé autour d'eux et ayant vu quelques objets plaisants, s'y sont donnés et s'y sont attachés.Pour moi, je n'ai pu y prendre d'attache, et considérant combien il y aplus d'apparence qu'il y a autre chose que ce que je vois, j'ai cherché si ce Dieu n'aurait point laissé quelque marque de soi. (fr. 229).

Et cela vaut la peine.

L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser, une vapeur, une goutte d'eau suffit pour le tuer. Mais quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, puisqu'il sait qu'il meurt et l'avantage que l'univers a sur lui. L'univers n'en sait rien.

Mais au fait Dieu existe-t-il ?

Incompréhensible que Dieu soit, et incompréhensible qu'il ne soit pas ; que l'âme soit avec le corps, que nous n'ayons point d'âme ; que le mondesoit créé, qu'il ne le soit pas. (fr.656)

Et chacun connaît son célèbre pari sur Dieu mais là où Blaise Pascal devient sublime, c'est lorsqu'il quitte la raison pour atteindre le deuxième cercle de la vraie appréhension de Dieu car Il échappe à toutes nos tentatives de connaissance.

Deux excès. Exclure la raison, n'admettre que la raison. (fr. 214) Et il devient sublime dans le mystère de la foi.

Athées. Quelle raison ont-ils de dire qu'on ne peut ressusciter ? Quel estplus difficile : de naître ou de ressusciter ? Que ce qui n'a jamais été soit, ou que ce qui a été soit encore ? Est-il plus difficile de venir en être que d'y revenir ? La coutume nous rend l'un facile, le manque de coutume rend l'autre impossible. Populaire façon de juger ! (fr.444)

Et il lâche le mot magique, celui qui résume tout le message du Christ.

On ne peut se convaincre de l'existence de Dieu que par l'amour. Croire en Dieu parce qu'on croit en avoir démontré l'existence ne mène à rien.

La religion n'est pas certaine. (fr. 480) On ne dit point que ceux qui cherchent le jour en plein midi ou de l'eau dans la mer en trouveront. Et ainsi, il faut bien que l'évidence de Dieu ne soit pas telle dans la nature. (fr. 644)

Qu'il y a loin de la connaissance de Dieu à l'aimer ! (fr. 409)

Le Dieu est chrétiens est un Dieu d'amour et de consolation ; c'est un Dieu qui remplit l'âme et le cœur de ceux qu'il possède ; c'est un Dieu qui leur fait sentir intérieurement leur misère et sa miséricorde infinie, qui s'unit au fond de leur âme, qui la remplit d'humilité, de joie, de confiance, d'amour ; qui les rend incapable d'autre fin que de lui-même. (fr.690)

Et il revient sur cet instinct qui nous élève. Mais cet instinct dont il nous parle englobe la notion d'amour, amour de Dieu, amour du prochain et sublimation de notre animalité par la grâce de Dieu, don gratuit.

C'est le cœur qui sent Dieu, et non la raison : voilà ce que c'est que la foi. Dieu sensible au cœur, non à la raison. Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point ; on le sait en mille choses. (fr. 680)

L'unique objet de l'Ecriture est la charité. Tout ce qui ne va point à la charité est figure. (fr.301)

Jésus-Christ n'a fait autre chose qu'apprendre aux hommes qu'ils s'aimaient eux-mêmes, qu'ils étaient esclaves, aveugles, malades, malheureux et pécheurs, qu'il fallait qu'il les délivrât, éclairât, béatifiât et guérît, que cela se ferait en se haïssant soi-même et en le suivant par la misère et la mort de la croix. (fr. 302 )

 

Au delà du néant.

 
La science est devenue la référence de tout homme dit « évolué ». Les grandes traditions spirituelles ne sont plus les références de l'homme « moderne ». Même s'ils adhèrent à une religion ou à un courant philosophique, la plupart des hommes ne fondent plus ni leurs pensées, ni leurs actes sur des préceptes religieux. Il y a coupure dans leur vie. La science apparaît pour certains comme porteuse d'efficacité. Certains s'imaginent que la science va résoudre tous les problèmes de société et apporter une réponse à leur mal-être existentiel.
Si la technologie a apporté de grands bienfaits dans la vie de tous les jours, il est illusoire de s'imaginer que la science va nous permettre de nous aider dans la conduite de notre vie.
Dieu dans l'univers.
La doctrine chrétienne part du principe que l'univers a été créé par Dieu. Dieu aurait réglé le déroulement de la création et de l'évolution qui l'a suivi. Il est la seule explication de la complexité de l'univers. La bible serait le résumé de l'histoire de l'humanité.
Hélas, depuis le 16ème siècle, la création terrestre a perdu sa place dans l'univers. Alors que la terre était le centre de la création, elle devient une simple planète tournant autour du soleil. Dans un deuxième temps l'astronome Shapley découvre que le soleil n'est qu'une simple étoile parmi les milliards d'étoiles qui composent notre galaxie. Par la suite, on découvre que notre univers est en expansion et qu'il est composé d'innombrables galaxies. L'homme n'est plus qu'un grain de sable.
Pascal lance un cri d'angoisse : «  Le silence éternel des espaces infinis m'effraie. » Récemment, on découvre que les espaces infinis ne sont pas silencieux, loin de là !
L'homme est-il apparu par hasard ou au contraire, est-il programmé dès la création de l'univers ? N'est-il pas un élément de l'univers et fils des poussières d'étoiles ?
La cosmologie a découvert que l'existence de l'être humain semble être inscrite dans les propriétés de chaque atome, étoile et galaxie de l'univers et dans chaque loi physique qui régit le cosmos. Le physicien Dyson déclare : «  L'univers savait quelque part que l'homme allait venir. ».
Pour voir l'homme apparaître, il faut certaines conditions. Celles-ci doivent être réglées dès la création de l'univers lors du big-bang. La précision stupéfiante du réglage de la densité initiale de l'univers est comparableà celle dont devrait être capable un archer pour planter une flèche dans une cible carrée d'un centimètre de côté qui serait placé aux confins de l'univers, à une distance de quinze milliards d'années lumières !
La densité de l'univers est une condition parmi des centaines d'autres.
Claudel répondra d'ailleurs à Pascal en disant : «  Le silence éternel des espaces infinis ne m'effraie plus. Je m'y promène avec une confiance familière. Nous n'habitons pas un coin perdu d'un désert farouche et impraticable. Tout le monde nous est fraternel et familier. ».
Loin de rejeter l'hypothèse d'un monde sans Dieu, la science, sans répondre à ce postulat, ne peut prendre position sur l'existence ou non du Créateur.
On se retrouve devant le problème de Dieu. Le monde a-t-il été créé par un Dieu ex nihilo ? Dieu est-il le créateuret la cause du monde changeant (notre monde est en expansion) ou d'un monde immuable (ce qui paraît peu probable) ?
Pourquoi y-a-t-il quelque chose plutôt que rien ?
Pourquoi les lois physiques sont-elles ce qu'elles sont et non autres ?

Pourquoi un débutet même y-a-t-il eu un début ?

Et là, la science[3] est incapablede répondre. Elle ne peut rien dire comme d'ailleurs au sujet de Dieu.

Et c'est à chacun de parier comme Pascal ? Mais quel pari !

Saint Paul se releva de terre, les yeux ouverts il ne vit rien, et ce néant était Dieu. Maître Eckart, théologien et mystique va beaucoup écrire sur ce néant. Le néant de Dieu ! Il ne s'agit pas une absence d'être mais une reconduction de tout ce qui està sa propre origine qui estmode sans mode et être sans être. En fait, Dieu est notre enfer car nous sommes dans l'impossibilité de le concevoir et de comprendre ce qu'Il est.

Notre drame : notre appréhension du monde avec nos sens et un cerveau conditionné mais surtout un manque de concepts et de langage pour exprimer l'inexprimable.
 

La quête du graal.

 
Ne pouvant trouver de réponse à ma question sur l'existence ou non de Dieu, je m'interroge sur ma petite existence ou sur mon néant.
Pourquoi vivons-nous ?
Pourquoi mourons-nous ?
Pourquoi souffrons-nous ?
Pourquoi avons-nous des sentiments d'amour ou de haine ?
N'est-il pas temps de réintégrer une vision d'ensemble dans la science[4]. La vision de la science est trop réductionniste[5], fragmentée et mécaniste alors que la création est interdépendante. L'homme fait partie d'un tout et dépend du tout pour sa survie. Nous sommes structurés par notre environnement tout autant que nous façonnons notre monde.

 
Dieu personnel ou impersonnel ?

 
Le grand Einstein[6] avait du mal à accepter le concept d'un Dieu personnel tel que les chrétiens l'imaginent facilement alors que la notion d'un Dieu impersonnel lui semblait aller de soi.
Le Christ, à l'instar des grands chercheurs de Dieude l'Inde, a choisi de s'exprimer sur ce sujet par des paraboles. Il a cherché à nous révéler les grandes vérités spirituelles au travers d'histoires, paraboles avec des mots simples.
Le problème d'un Dieu personnel ou d'un Dieu impersonnel, de la dualité et de la non-dualité, de la voie de la dévotion ou de la connaissance, du conflit des différentes religions à ce sujet, nous montrent que ces problèmes et conflits n'ont pas de consistance car ils sont résolus à la lumière de l'expérience spirituelle et consumés au feu de l'Amour de Dieu.
En revenir à l'essentiel, la quête de la Vision de la Sainte Face.
Cela implique accepter de connaître « la sombre nuit de l'âme » qu'ont traversés les grands mystiques chrétiens tels saint Jean de la Croix, sainte Thérèse d'Avila, Catherine de Sienne.
C'est ce que l'on appelle chez les Hindous viyoga, « l'amour en séparation » ou viraha bhâva, « l'état, le sentiment de souffrance causée par la séparation d'avec Dieu ». Les grands saints hindous vivront une telle expérience et comme les mystiques chrétiens auront la Sainte Vision.

Bien se rendre compte que toute expérience mystique est difficilement exprimable car le langage humain est un véhicule inadéquat et limité pour exprimer pleinement l'expérience spirituelle vécue.

Fondamentalement , dans tout ce qui relève de la mystique, la question est :« Qui » écrit et sur« qui » ?

Puissions nous laisser le courant de l'Esprit saint nous porter …vers l'Amour extatique.

L'amour extatique.

Un jour, trois amis se rendent dans une forêt quand soudain une bête féroce se présente devant eux.

« Frère, nous sommes perdus dit l'un.

Pourquoi dis-tu cela répond le second compagnon. Prions Dieu !

Le troisième dit : « non, ne dérangeons pas Dieu pour cela. Venez et montons dans l'arbre. » »

Le premier ne sait pas qu'il y a un Dieu qui est notre Protecteur.

Celui qui demande de prier est un croyant.

Le troisième ne veut pas troubler Dieu avec des prières. Il suggère de monter sur un arbre car il a un amour extatique pour Dieu.

Il a intériorisé les paroles du Christ « aide-toi et le Ciel t'aidera ». Il ne veut pas ramener Dieu à celui qui exauce des prières qui ne concernent que des demandes matérielles. Dieu sait mieux que nous ce dont nous avons besoin et Il nous pourvoit en abondance. Dieu n'est pas réductible.

Où es- Tu ?
Me cherches- tu ?
Vois, je suis là devant toi !
Je ne suis ni au temple, ni à l'église ;
Je ne suis pas à la mosquée,
Je ne suis pas plus dans les rites et cérémonies.
Si tu me cherches, tu Me verras un jour.
Tu Me rencontreras à un certain moment.
Dieu est l'Existence de toutes les existences.
Dieu est « EST »
Comment exprimer cette Vérité ?
Comment puis-je dire « Il n'est pas ceci, Il n'est pas cela ? »
Si je dis qu'Il est en moi, on ne me croit pas,
Si je dis qu'Il est au-dehors de mi, c'est mentir.
Il rend le monde intérieur et extérieur comme un tout indivisible ;
Le visible et l'invisible sont Ses marchepieds.
Il n'est ni manifesté, ni caché ;Il n'est ni révélé, ni non révélé.
Il EST.

Où es-Tu ?

O , mon coeur devant qui te prosterner ?
A qui vas-tu dire : « Mon Seigneur et mon Dieu »
Il est là , à côté de toi
Il est là , tout près de toi
Il est là tout autour de toi
Et demeure en chaque chose
Le Seigneur est partout dans le monde
Le Seigneur est dans chaque être
« Ce que tu fais à l'un des miens,
C'est à moi que tu le fais »
Mon cœur crie de joie et d'allégresse,
Dieu est vivant.

Carte d'identité de Dieu[7]
Seul, Dieu, est réel.
Celui qui ne connaît pas la réalité de Dieu est semblable à l'homme qui vit dans une maison aux murs en béton Il y a très peu de lumière à l'intérieur et il ne peut voir à l'extérieur. Mais celui qui a la Connaissance de Dieu et vitdans le monde, est semblable à l'homme qui vit dans une maison de verre. Pour lui, il y a la lumière tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Il peut voir les choses du dedans et du dehors.
Il est le Maître de l'univers connu et inconnu.
« Ne retenez pas ! Ne retenez pas les roues du char !
Est-ce les roues qui le font se mouvoir ?
Le Conducteur de ses roues est Dieu,
Par sa Seule Volonté, il fait mouvoir l'univers. »
Dieu est présent partout.
Un homme voulait fumer. Il se rendit chez un voisin afin d'allumer son charbon de bois. Il faisait nuit. Il alla chez son voisin pour lui demander du feu. Son voisin lui dit en riant : «  tu es vraiment drôle. Tu as pris la peine de venir en pleine nuit. Pourquoi ? Ne vois-tu pas que tu as une lampe allumée dans la main ?.
Ne sommes-nous pas cet homme dans la nuit en quête de Dieu ?
Dieu estAmour.
« Plonge profond, O mon esprit,
plonge profond dans l'océan de la Beauté de Dieu.
Si tu descends dans les profondeurs,
Alors tu trouveras le Trésor de l'Amour.
Allume, O mon esprit , allume la lampe de la vraie Connaissance,
Et laisse-la brûler d'une flamme constante . »
Dieu est Mystère.
L'infini et l'espace peuvent seuls comprendre l'infini ; Dieu seul peut comprendre Dieu. Aucune de nos pensées ne saurait concevoir Dieu ni aucune langue le définir. Ce qui est incorporel, invisible, sans forme, ne peut être saisi par nos sens ; ce qui est éternel ne saurait être mesuré par la courte règle du temps. Ce que nous pouvons affirmer sur la base de notre foi, c'est que Dieu est le Un unique, celui qui est, celui qui existe par essence, le seul qui vive en substance, le seul générateur dans le ciel et sur la terre qui ne soit pas engendré. Ses attributs sont l'immensité, l'éternité, l'indépendance, la volonté toute puissance, la bonté sans limite et l'amour pur. 
 

La Croix, tout un symbole

 
Avons-nous conscience de ce que signifie la croix du Christ dans notre vie ? Pour la majorité d'entre-nous, elle est le signe de la mort du Christ, mort transfigurée par Sa résurrection. Nous avons souvent l'image du christ souffrant. Cela permet d'ailleurs aux Eglises de bien culpabiliser leurs fidèles en parlant de la crucifixion permanente du Christ via nos péchés. Comme nous comprenons très bien ce qu'est la souffrance, le langage de la tristesse et de la mort, cela permet de modifier le message du Christ en celui d'un message de la mort, de la pénitence et du repentir. Même lors des cérémonies de Noël, on rappelle bien que le moment essentiel de la liturgie reste le vendredi saint et évidemment le jour de Pâques.
Et pourtant, le message du Christ n'est pas triste ! L'essentiel du message du Christ est un hymne à l'Amour, à la fraternité humaine. Il s'agit d'un message d'espérance et la promesse de la venue du Royaume du Père Vivant. Même lorsque le Christ a quitté ce monde des apparences, il a promis l'arrivée de l'Esprit Saint et sa venue parmi nous lorsque nous prions.
Le choix de la crucifixion, car il s'agit d'un choix de Dieu et du Christ par son acceptation totale de la volonté du Père n'est pas un choix innocent.
Le Christ a toujours parlé par le biais des paraboles. Son message a toujours été codé et nécessite de la part des croyants une réflexion quand au fond mais aussi quant aux symboles utilisés. Einstein a déclaré que Dieu ne jouait pas aux échecs. Non seulement Dieu joue aux échecs mais vise aussi notre développement tant intellectuel que spirituel. Suivre le Christ implique de notre part un décodage de ses paroles et des symboles utilisés.
Le Christ était (est car il est vivant) un être extraordinaire. Rien n'a été laissé au hasard. Il avait très peu de temps pour nous montrer la porte du Royaume.
La croix est donc un symbole central du message du Christ.
La crucifixion est devenue le symbole des chrétiens. Que signifie cette croix ?
Lacroix est faite de deux traits, deux simples traits : un trait horizontal parallèle à la terre, un autre trait vertical perpendiculaire à la terre. La croix est un carrefour, un croisement. La ligne horizontale représente le temps : passé, présent, futur ou en d'autres termes : avant le christ, la Lumière dans le monde, et après la venue du Christ soit l'attente de la parousie. Nous vivons sur cette ligne. La ligne verticale représente l'éternité, le maintenant car le temps n'existe pas pour Dieu. Il s'agit d'une invention humaine pour trouver des repères entre un début (naissance) et une fin (la mort du corps). On parle d'ailleurs de temps psychologique. Pour Dieu, c'est toujours le présent ; il n'y a pas de passé à ce présent-là, pas de futur. Le Christ vit hors du temps. Il vise le Royaume où Il se trouve et nous montre le haut, le Très Haut.
Le temps et l'éternité se rencontrent lorsque Jésus est crucifié. La croix symbolise la rencontre du temps et de l'éternité.
Le Christ nous invite à le suivre. Il nous invite à mourir au monde des illusions, des apparences pour renaître et ressusciter dans le Royaume. De plus, la croix possède une place de choix dans la mesure où c'est sur cette croix que Jésus devient le Christ. C'est là qu'il s'adresse au Père et Lui dit : « Père, pardonne- leur car ils ne savent pas ce qu'ils font. »
Alors qu'il se meurt dans les pires souffrances, il prononce des paroles divinesde pardon. Il est le premier dans l'histoire de l'humanité à ne pas maudire ses tortionnaires et assassins. Il ne demande pas à ce qu'ils soient punis eux et leurs enfants, non il demande que le Père les pardonne. C'est inouï !Alors qu'il souffre et se meurt, il pense aux autres et s'adresse à Dieu. Plus que les miracles (s'ils ont vraiment existés), plus que sa résurrection et ses apparitions, ces paroles d'amour ouvrent des temps nouveaux pour l'humanité. C'est à ce moment là que l'histoire de l'humanité bascule réellement. Il ouvre une voie nouvelle dans laquelle vont s'engouffrer des générations de Saints, de lumières dans les ténèbres du monde. C'est à ce moment là que l'on comprend qu'il est vrai homme, vrai Dieu[8]. C'est à ce moment là que l'humanité peut espérer car le Messie est vraiment venu sur terre.
En fait la croix n'est plus le triste symbole de souffrance et de mort mais bien la porte de la renaissance. Pourquoi s'inquiéter puisque le Père pourvoit à la nourriture des oiseaux ? Pourquoi s'inquiéter du passé et du futur puisque nous ne sommes pas les conducteurs de notre vie ?
D'où sommes-nous ? Nous sommes venus de Dieu et nous retournerons à Dieu.
Dans l'éternité, il n'y a pas de futur. Le futur fait partie du présent. Notre drame : notre âme est coincée temporairement dans un corps[9] (composé à 99,99 % de vide et pour le reste d'atomes,d'énergie et essentiellement du souffle de Dieu) qui s'imagine qu'il a une existence propre. Nous nous identifions à notre corps et à notre mental. Notre enveloppe corporelle est conçue pour vivre dans un environnement et donc appréhender le monde extérieur visible mais nous le savons bien : le Christ est venu nous annoncer le Royaume des cieux, celui du monde invisible à nos 5 sens. Nous croyons que le temps passe comme nous croyons à la matérialité de ce que nous voyons alors que nous savons que la matière est composée d'énergie et d'atomes(désolé mais cette théorie est totalement dépassée par les derniers acquits de la science.). Ce que nous voyons est une illusion de nos sens.
Le temps ne se déplace pas, seul notre mental se déplace. Le temps ne passe pas, seul notre mental passe et seul le corps se dégrade. La terre n'est pas fixe dans l'espace infini mais se déplace autour du soleil qui lui se déplace …. Vous connaissez la suite puisque nous sommes dans un univers en expansion.

Pourquoi s'inquiéter ?

Mais oui, bien sûr car nous allons mourir !

Quiou quoi va mourir ?

La mort n'existe que pour la personne qui s'est identifiée avec son corps. Elle n'existe que pour celui qui s'imagine que son mental, son ego s'identifient avec son Etre ou pour utiliser un mot plus courant « notre âme ».

La mort est un réel problème pour le non croyant car avoir investi autant dans un corps et un mental (connaissances, etc.) et savoir que tout cela va disparaître tôt ou tard, cela est un réel problème sans solution.

La mort est un problème parce qu'il y a un ego, le plus grand mensonge de tous les temps.

Dieu est la vie éternelle et Son Fils nous l'a promise.

Alors, il est peut-être temps de chercher Dieu et de découvrir qu'il fait route avec nous depuis qu'il nous a mis dans ce monde, son monde.

Le Royaume des Cieux est en nous et autour de nous.

« Ce que vous faites aux autres, c'est à Moi que vous le faites ». Le Royaume des cieux est autour de nous dans nos frères souffrants et en recherche du Créateur.

Le Royaume des cieux est en nous, au fond de notre cœur et de notre Etre le plus profond. Nous savons que ce monde passera et que tout est vanité. Lorsque vous avez la richesse vous êtes insatisfait car vous n'en avez jamais assez. Il en va de même avec le pouvoir, les honneurs et toutes les illusions humaines. Par ces illusions, vous cherchez à vous étourdir car la mort vous fait peur, horriblement peur. A la limite, vous ne pouvez que laisser des traces mais soyons honnêtes, ce sont des traces dans le sable. Celui qui réussit ici-bas a le sentiment de l'échec. Pourquoi tant de suicides ? Pourquoi tant de dépressions nerveuses ? Pourquoi tant de désespoir lors des décès ?

Ce que nous voulons : une vie que la mort ne pourrait détruire.

Nous pouvons vivre 100 ans, 1000 ans[10], nous vivrons dans la peur de la mort.

Le Royaume des Cieux n'est pas dans un au-delà mais dans le présent de notre vie. La clef du Royaume est dans notre cœur. La clef du Royaume est dans les paroles de notre Seigneur Jésus, Fils du Père.

Nous possédons la semence en nous. A nous de la faire fructifier dans notre jardin intérieur et de la mettre dans la meilleure terre possible afin que cette semence meure et donne les fruits tant attendus par Dieu.

« Le Seigneur est mon Berger,
Il me conduit vers de verts pâturages
La mort ne m'effraie pas, elle n'a plus
prise sur moi car j'ai remis mon esprit
dans les mains de mon Dieu,
l'Eternel tout Puissant.»

Méditations sur la mort.

Toute naissance conduit à la mort
toute accumulation, à l'épuisement
toute réunion finit par se disperser
et toute ascension aboutit à une chute.
Comme l'oiseau vole sans laisser de trace
Comme le torrent court vers la mer
Comme les jours et les nuits, les heures,
les instants s'enfuient.
La vie humaine s'écoule inexorablement
mais comme le poisson ne se noie pas
l'homme, fils de Dieu par le sacrifice de notre Seigneur Jésus
ne meurt pas mais accède à la vraie vie.
Non , la mort ne m'effraie pas

grâce au Christ, à la Vierge Marie et à tous les Saints,
ma peur de la mort est dépassée.
Seigneur Dieu, Tu es mon refuge.
Mon corps et tous mes biens,
ainsi que mes mérites,
je les abandonne sans regret.
Je quitte ce monde pour renaître hors du temps
dans la gloire de l'Eternel, mon Dieu.
(adapté d'une prière bouddhiste).

La mort vue par Pascal.
 

Nous ne trouvons en nous que de véritables malheurs, ou des plaisirs abominables ; mais si nous considérons toutes choses en Jésus-Christ, nous trouverons toute consolation, toute satisfaction, toute édification. Considérons donc la mort en Jésus-Christ, et non pas sans Jésus-Christ. Sans Jésus-Christ elle est horrible, elle est détestable, et l'horreur de la nature. EnJésus-Christ, elle est tout autre : elle est aimable, sainte et la joie du fidèle.
L'horreur de la mort est naturelle, mais c'est en l'état d'innocence :la mort à la vérité est horrible, maisc'est quand elle finit une vie toute pure. Il était juste de la haïr quand elle séparait une âme sainte d'un corps saint ; mais il est juste de l'aimer quand elle sépareune âme sainte d'un corps impur. Il était juste de la fuir quand elle rompait la paix entre l'âme et le corps ; mais non pas quand elle en calme la dissension irréconciliable. Enfin quand elle affligeait un corps innocent, quand elle ôtait au corps la liberté d'honorer Dieu.
(pensées de Blaise Pascal en 1651 lors du décès de son père Etienne)
Quel beau texte à méditer. Nous nous rappelons que la seule mort qui fut un véritable scandale depuis la création de ce monde est celle de Notre Seigneur Jésus.
Lettre à un ami pour son 40ème anniversaire.
40 ans !Quel bail face à l'éternité !
Mais où sont donc passées ces années ?
Pour Dieu, un siècle équivaut à une seconde. Le temps est une invention de l'homme pour trouver des repères entre un début et une fin. Alors pourquoi se poser des questions auxquelles il n'y a pas de réponse. Pourquoi s'en faire alors que nous sommes des pèlerins et des passagers sur terre ? Nous sommes de passage. On ne construit pas sa maison sur un chemin ou sur un pont. Il faut passer. Les années passent. Tout passe. Notre force, c'est de savoir que nous sommes en chemin vers l'autre rive, des ténèbres vers la Lumière, de ce « monde » vers le Père. Le temps n'a aucune prise sur nous puisque par le Christ, nous n'avons pas de fin, du moins pour notre partie la plus importante, l'âme.
Sans cesse, nous nous posons des questions : « D'où venons-nous ? Qui sommes-nous  ? Où allons-nous ? .» Ce qui est étonnant et surprenant, c'est que nous ne sommes pas les premiers ni les derniers à se poser ces questions, stupides au demeurant.
Nousvenons de Dieu, nous sommes fils de Dieu et nous retournerons à Dieu.
Tout est très simple, finalement.
Nous ne sommes pas nés seulement pour mourir. Dieu nous a mis à Couvin en ce siècle dans notre milieu de vie, de travail et de loisir pour profiter de sa création, pour expérimenter qu'Il fait route avec nous. Le Royaume du Père le Vivant est en nous (cela tu le sais car tu pries et tu crois) mais aussi autour de nous. As-tu déjà réfléchi pourquoi il a conduit nos routes sur le même chemin ? Normalement, nous ne devions pas nous rencontrer. Nous ne sommes pas les Conducteurs de nos vies. Ce que certains appellent hasard, c'est en fait Dieu qui agit chaque jour.
Nous sommes nus devant Dieu. Il nous connaît de toute éternité.
Alors pourquoi se tracasser, se torturer ?
Ignace de Loyola résume bien l'attitude juste : « En toutes choses, agis comme si le résultat dépendait de toi seul, et en toutes choses, agis comme si le résultat de tout ce que tu fais dépendait de DIEU SEUL ». Vivre l'instant présent en prêtant nos yeux, nos mains, nos pieds, notre cœur au Christ. Dire comme Saint Paul :  « Il remplit tout, ce n'est plus moi qui vit, c'est le Christ qui vit en moi. » Ne pas tenir compte de ce que les autres disent. Que m'importe l'avis de X ou des amis ? Dieu , seul, m'importe.
Etre lecep qui porte des fruits, car c'est aux fruits que l'on reconnaîtl'arbre.
Porter les fruits de l'Esprit : amour, joie, paix, serviabilité , bonté, confiance dans les autres, etc. Le fruit révèle la nature de l'arbre ; les paroles, les actes d'un homme révèlent le secret de son cœur, l'esprit qui l'habite.
Le Christ est très clair à ce sujet. Tout ce que l'on fait sans amour est du temps perdu.
Je voudrais terminer cette petite lettrepar ce que je viens de découvrir. La souffrance[11] est un don de Dieucar c'est un enseignement. L'épreuve est facteur d'illumination et de connaissance. Dieu nous permet de nous arrêter et nous donne ce temps pour réfléchir. Que serions-nous sans souffrance ? Un ignorant imbu de lui-même, totalement immature, incapable de comprendre l'autre. Vivre, c'est souffrir. C'est accepter de germer et grandir. C'est aussi en quelque sorte adhérer modestement au mystère du Christ. Lui a accepté le sacrifice de la croix. Jésus sur la croix est le symbole de la souffrance ultime, la souffrance absolue. Jésus sur la croix devient le Christ. Ses paroles sont : « Que Ta Volonté soit faite, pas la mienne. ».

La mort d'un proche (je parle de la mort de mon père qui date de 20 ans) peut être la source d'un renouveau si tu acceptes d'y réfléchir, elle peut donner un sens nouveau, une énergie nouvelle à notre vie. C'est d'ailleurs soutenu par le souvenir de ceux que nous avons aimés que notre vie prend un sens assez étonnant. Ils sont hors du temps. Il faut cesser de penser à eux pour seconsacrer à notre mission ici-bas. Travailler à l'Avènement du Royaume en transformant le monde. Et si nous commencions par le commencement. En ce qui me concerne, ily a du pain sur la planche.

 


« Va ton chemin sans te soucier de son pour-quoi.
Vis sans pourquoi. Le fond de Dieu est ton proprefond,
et ton fond est le fond de Dieu.
Là, tu vis selon ton être propre, comme Dieu vit
de son Etre propre… C'est à partir de ce fond
intime que tu dois opérer toutes tes oeuvres… »


Ce sont les paroles de Maître Eckhart, mystique et théologien du Moyen-Age. Son enseignement est conforme à celui de Jésus. Il y a du pain sur la planche, pour nous deux.


Un sens à la vie.
 

Un jour, un professeur d'un certain âge est venu donner une formation sur la planification efficace de leur temps à un groupe de jeunes professeurs. Ce cours constituait l'un des nombreux ateliers de leur journée d'auto-formation. Le vieux professeur n'avait qu'une heure pour faire passer sa matière.
Debout, devant ces jeunes enseignants, il les regarda un par un, lentement, puis il leur dit : « Nous allons réaliser une expérience ».
De dessous la table qui le séparait de ses « élèves », il sortit un grand pot de verre d'un gallon (quasi 4 litres) qu'il posa délicatement devant lui. Ensuite, il sortit environ une douzaine de cailloux à peu près gros comme des balles de tennis et les plaçadoucement ,un par un, dans le grand pot. Lorsque le pot fut rempli jusqu'au bord et qu'il fut impossible d'y ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses collègues et leur demanda : « Le pot est-il plein ? ».
La réponse fut immédiate et unanime : « Oui ! ».
Il les regarda, attendit quelques secondes et ajouta : « Vraiment ? »
Il se pencha de nouveau et sortit, de sous la table, un récipient rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis brassa légèrement le pot. Les morceaux de gravier s'infiltrèrent entre les cailloux … jusqu'au fond du pot.
Le professeur leva à nouveau les yeux vers son auditoire et redemanda : « Le pot est-il plein ?». Cette fois ses « élèves » se méfièrent et l'un d'eux répondit : « Probablement pas ! ».
« Bien ! » répondit le professeur. Il se pencha de nouveau et, cette fois, sortit de sous la table un petit bac de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le sable alla remplir les espaces entre les cailloux et le gravier. Une fois encore, il demanda : « Le pot est-il plein ?».
Cette fois, tout le corps professoral répondit : « Non ».
« Bien ! »,répondit le professeur. Il prit le pichet d'eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu'à ras bord. Le vieux professeur leva les yeux vers ses collègues et demanda : « Quelle est la grande vérité que nous démontre cette expérience ?  ».
L'économe, surchargé de travail répondit : «  Cela démontre que même lorsqu'on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire ».
Le Proviseur, le Chef d'atelier et la secrétaire de direction approuvèrent la réponse de l'Econome.
« Non », répondit le vieux professeur.
« Ce n'est pas cela. La grande vérité est la suivante : si on ne met pas les cailloux en premier lieu dans le pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous, ensuite ».
I l y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l'énorme évidence de ces propos.

Le vieux professeur leur dit : « Quels sont les gros cailloux de votre vie ? Effectuer vos préparations ,sortir en boîte, draguer, s'amuser, réaliser vos rêves, vous relaxer, donner un sens à votre vie ? ».

Ce qu'il faut retenir. L'important est de mettre ses gros cailloux en tout premier lieu dans sa vie, sinon on risque de ne pas la réussir. Si on donne la priorité aux peccadilles (le gravier, le sable et l'eau) on remplira sa vie de peccadilles et on n'aura plus suffisamment de temps précieux à consacrer aux élémentsimportants de sa vie.

Quels sont les gros cailloux de ma vie ?

Que l'on soit croyant, agnostique ou athée, nous pouvons nous retrouver autour de valeurs communes.

Pour celui qui ne croit pas en un principe créateur, le philosophe Emmanuel Kant définit clairement dans ses œuvres sur la critique de la raison pure et pratique que l'homme doit obéir à la loi morale. Il doit se dégager de l'amour-propre pour être moral et comprendre par là même la signification du monde. En somme Kant n'exige rien d'autre que ce qu'on appelle le désintéressement : l'intérêt de la raison pratique, en fait, c'est le désintéressement. L'acte vertueux est celui qui échappe à notre égoïsme sensible. L'amour de soi n'est en fait que mensonge de soi.

Le chrétien, lui se retrouve dans l'épître aux Galates. Je cite : (5,13-17,25-26)  « Vous, en effet, mes frères, vous avez été appelés à la liberté ; non seulement, que cette liberté ne se tourne pasen prétexte de chair ; mais par la charité mettez-vous au service les uns des autres. Car une seule formule contient toute la Loi en sa plénitude : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde que vous allez vous entre-détruire.

Or je vous le dis : laissez-vous mener par l'Esprit et vous ne risquerez pas de satisfaire la convoitise charnelle.

Puisque l'Esprit est notre vie, que l'Esprit nous fasse aussi agir. Ne cherchons pas la vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres, en nous enviant mutuellement. »

Si chrétiens, agnostiques et athées, pouvons nous rencontrer dans des valeurs communes que penser des humeurs anti-œcuméniques ?

Sommes-nous encore partie du Christ Jésus ?

N'avons-nous pas peur que la Sainte Face détourne son regard de nous ?

Faisons-nous encore partie de la communion des saints ?

Quel est le gros caillou de ma vie ? 

Nous ne sommes pas de Paul, Pierre, Jean, Thomas, …non, nous sommes du Christ Jésus[12]. La déclaration« Dominus Jesus » est une erreur contre nos frères actuellement séparés. Un gros caillou de notre vie doit être le dialogue et lacoopération œcuménique.

 

L'auteur[13]

Le Seigneur l'a fait naître dans une famille « carrefour ».
La branche maternelle est catholique. Sa mère et ses grand-parents sont des catholiques pratiquants à la foi simple, mais authentique. La dévotion à la Vierge Marie est très vivace. Les origines sont espagnoles.
La branche paternelle est protestante de confession luthérienne évangéliste (Saxe en Allemagne). Les ancêtres sont venus de Tchéquie pour s'installer dans la région de Chemnitz. L'arrivée dans le Royaume de Saxe date des persécutions religieuses.
L'auteur est donc né dans une famille très chrétienne. Il a été baptisé dans la foi catholique mais reste très ouvert. Il a toujours cherché le dialogue avec les hommes de bonne volonté qu'ils soient croyant, agnostique ou athée. Il est de confession catholique.
Il a fait ses études chez les Frères Maristes puis ses « humanités » dans une collège épiscopal. Il a effectué ses études universitaires dans une faculté montoise qui relève de l'autorité de l'Evêché de Tournai.
Marié avec une épouse qu'il qualifie de délicieuse, le Seigneur a béni leur union par l'arrivée de deux enfants qui sont dans la vie active .
Il a fait une carrière d'enseignant dans l'enseignement secondaire. Il a été nommé proviseur puis préfet des études (chef d'établissement) dans une école d'enseignement secondaire supérieur de la Communauté française en Belgique.
 

[1] Tim 4 :10. Nous travaillons, en effet, et nous combattons, parce que nous mettons notre espérance dans le Dieu vivant, qui est le Sauveur de tous les hommes, principalement des croyants.
[2] Face à l'Eternel, nous ne sommes que néant, mais néant rempli de Lui (je l'espère).
[3] Le théorème d'incomplétude de Gödel montre les limites des théories scientifiques car tout système d'arithmétique contient des propositions indécidables, c'est-à-dire ni démontrables ni réfutables avec les axiomes contenus dans ce système.
[4] Le physicien David Bohm disait : «  La réalité est ce que nous tenons pour vrai. Ce que nous tenons pour vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons prend appui sur nos perceptions. Ce que nous percevons est lié à ce que nous cherchons. Ce que nous cherchons dépend de ce que nous pensons. »
[5] L'holisme est un concept philosophique opposé au réductionnisme. Alors que le réductionniste préconise que le tout peut être décomposé et analysé en termes de ses composantes considérées comme fondamentales, le holiste pense que c'est le tout qui est fondamental et que celui-ci ne peut être déduit de l'étude de ses composantes, le tout étant souvent plus grand que la somme des composantes.
[6] «  La religion du futur sera une religion cosmique. Elle devra transcender l'idée d'un Dieu existant en personne et éviter le dogme et la théologie. Couvrant aussi bien le naturel que le spirituel, elle devra se baser sur un sens religieux né de l'expérience de toutes les choses, naturelles et spirituelles, considérées comme un ensemble sensé. »
[7] Dieu étant infini n'a pas de qualités puisqu'elles le limiteraient. Il n'est donc connu que comme néant.Mais ce terme de néant est tout relatif car je ne vis pas dans le monde de l'absolu mais du relatif. Dans ma quête du néant, je me vois réduit à rechercher le Verbe en partant de la cogitatio, en passant par la meditatio pour aboutirà la contemplatio. Dieu, je t'aime, car Tu es en opposition au néant en étant au-delà de ce néant. On ne peut dire : Dieu est ou n'est pas, mais Il sur-est.
[8] Il est surprenant de constater que Nietzsche attaque le christianisme mais laisse intact la personne de Jésus. Nietzsche n'a pas tué Dieu. Il l'a trouvé mort dans l'âme de son temps, c'est tout autre chose. Pour lui, la doctrine du Christ se résume à l'assentiment total, à la non-résistance au mal. Il ne faut pas tuer même pur empêcher de tuer. Il faut accepter le monde tel qu'il est, refuser d'ajouter à son malheur, mais consentir à souffrir personnellement du mal qu'il contient. Le Royaume des cieux est immédiatement à notre portée( Le Royaume est en nous et autour de nous) Il n'est qu'une disposition intérieure qui nous permet de mettre nos actes en rapport avec ces principes, et qui peut nous donner la béatitude immédiate.Non pas la foi, mais les œuvres, voilà selon Nietzsche, le message du Christ. A partir de là, toute l'histoire du christianisme n'est qu'une longue trahison du message du Christ.
Il déclare : « Toute église est la pierre roulée sur le sépulcre d'un homme-dieu. » Il reconnaît à notre Seigneur la qualité d'homme-dieu.
[9] Nous savons que le corps est composé d'atomes et que ces derniers ne sont presque que du vide. Le noyau compte pour 99,9% de la masse de l'atome mais n'occupe que le millionième de milliardième de son volume. Le reste est occupé seulement par une nuée virevoltante d'électrons. La matière nous paraît continue parce que nos yeux ne peuvent rien voir à l'échelle atomique du centième de millionième de centimètre. Pur mieux faire comprendre l'échelle du vide, on prend la comparaison suivante : le noyau par rapport au volume de l'atome occupe le même espace qu'un grain de riz dans un stade de football. Tout ce qui nous entoure n'est quasiment que du vide. La seule raison pour laquelle nous ne pouvons traverser les murs presque vides tient au fait que les atomes sont liés entre eux par la force électromagnétique.
[10] Saint Augustin constatait : « Qu'est ce que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais. Mais si on m'interroge là-dessus et que je veuille l'expliquer, et je ne sais plus. ».C'est Newton qui donna une définition explicite du temps. Il définit le mouvement des corps dans l'espace en précisant leurs positions et leurs vitesses à des instants successifs. Le temps newtonien était unique, absolu et universel. Il s'écoulait de la même façon pour chacun. Avec Einstein apparaît le concept d'un temps élastique car il est tributaire du mouvement de l'observateur. Plus on va vite et plus le temps ralentit. Ainsi, une personne qui se déplacerait dans un vaisseau spatial à 87 % de la vitesse de la lumière verrait son temps ralentir de moitié. Il vieillirait deux fois moins vite que son jumeau resté sur terre. Cette différence d'âge serait bien réelle. La théorie de la relativité rend compte du ralentissement du temps. : plus la vitesse augmente, plus le temps ralentit. Imperceptible dans la vie quotidienne, ce ralentissement devient proche lorsqu'on avoisine la vitesse de la lumière (300.000 km par seconde). A 99% de la vitesse de la lumière, le temps ralentit de 7 fois. Le temps est aussi ralenti par la gravité. Cette théorie a été vérifiée expérimentalement. Les conséquences sont évidentes. Le temps n'est plus le même pour tout le monde. Mon présent peut être le passé de quelqu'un d'autre et le futur d'une tierce personne, s'ils sont tous deux en mouvement par rapport à moi. Le temps est une illusion, une de plus ! Saint Augustin avait lui aussi conçu l'idée que le temps faisait son apparition avec le monde. Il trouvait ridicule l'idée d'un Dieu qui attend un temps infini avant de se décider à créer le monde. Pour lui, le monde et le temps apparaissaient ensemble. Le monde est créé non pas dans le temps mais avec le temps Par contre le temps vécu par chacun est subjectif et ne s'écoule pas de manière uniforme. Une minute d' ennui prend des allures très longues alors qu'un moment de bonheur passe en un clin d'œil. D'autre part, avec l'âge, le temps semble passer très vite. Il s'agit du temps psychologique. Le temps s'écoule ce qui nous donne une sensation du passé, du présent et du futur. Le maintenant vient d'un acte cérébral. Les données extérieures sont transmises par nos organes des sens à notre cerveau qui les intègre en une représentation mentale.Cet acte met en jeu différentes parties du cerveau. C'est la complexité de la tâche qui consiste à relier et intégrer les différentes parties du cerveau qui nous donne la sensation de temps. De plus, le temps va toujours dans la même direction car il nous conduit de la naissance à la mort. La hantise de la mort est responsable de notre sensation de temps.
[11] «  O mon Dieu, tu nous as montré des choses dures, tu nous as abreuvés du vin de la pénitence. Quelle prise, d'un empire ou d'un corps de femme entre des bras impitoyables, comparable au saisissement de Dieu par notre âme, comme la chaux saisit le sable, et quelle mort ( la mort, notre précieux patrimoine) nous permet enfin un aussi parfait holocauste, une aussi généreuse restitution, un don si filial et si tendre ? Telle est la récompense promise aux justes… » Paul Claudel, Art poétique.
[12] Première lettre de saint Paul aux Corinthiens (1, 10 à 17). Frères, je vous exhorte au nom de notre Seigneur Jésus Christ à être tous vraiment d'accord ; qu'il n'y ait pas de division entre vous, soyez en parfaite harmonie de pensées et de sentiments. J'ai entendu parler de vous, mes frères, par de chez Cloé : on dit qu'il y a des disputes entre vous. Je m'explique. Chacun de vous prend parti en disant : « Moi, j'appartiens à Paul », ou bien : « J'appartiens à Apollos », ou bien : « j'appartiens à Pierre », ou bien « J'appartiens au Christ ». Le Christ est-il divisé ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? D'ailleurs, le Christ ne m'a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l'Evangile, et sans avoir recours à la sagesse du langage humain, ce qui viderait de sons sens la croix du Christ.
[13] Nae iste magno conatu nugas dixe rit.« Curiosité n'est que vanité le plus souvent. On ne veut savoirque pour en parler. Autrement, on ne voyagerait sur la mer pour ne jamais en rien dire et pour le seul plaisir de voir, sans espérance d'en jamais communiquer. » fr. 112 pensées de Pascal