L'âge de "Dieu"...
Depuis ma conversion et ma rencontre avec Dieu, Celui dont le Nom est incommunicable,
j'ai toujours cherché à soulever le voile qui demeure sur l'Auteur de la
vie et le Créateur de l'Univers. C'est une recherche ardue, et comme pour tout
ce qui est précieux, il faut tout quitter et partir léger. C'est ce que
disent ceux qui veulent monter toujours plus haut sur les sommets de ce monde. On
les appelle "les aventuriers de l'impossible" !
Je dois dire que je n'aurais jamais pensé à m'interroger sur l'âge
de Dieu, puisque le Verbe Incarné nous a révélé quelque chose
de Sa Beauté toute mystérieuse, certes, mais suffisamment pour qu'une âme
croyante ait un besoin incoercible de s'en approcher puisqu'Il se donne à ceux
qui Le cherchent ... si mes livres d'images, représentant des créations
magistrales comme celles de Michel-Ange par exemple, ne m'avaient déçue
! Un Dieu aux cheveux blancs avec une longue barbe blanche, ridé et sérieux,
ployant sous le poids du temps. Je sais que l'on prête la Sagesse aux vieillards,
mais n'est-il pas écrit aussi : "Je suis plus sage que tous mes maîtres
!" ?
En réalité, à travers toute la Révélation j'ai reçu
cette évidence que Dieu ne peut être qu'un Enfant et non pas un vieillard,
et Jésus, le Verbe Incarné, le laisse entendre sans cependant révéler
clairement ce grand Mystère : seuls ceux qui ont une âme d'enfant entreront
dans le Royaume de son Père. Les adultes, sérieux, et raisonnables qui
sont si sûrs de tout savoir sur tout et sur le "néant" lui-même,
ceux-là sont ennuyeux et Dieu et son Fils à son Image, sont des Enfants
qui aiment à jouer et à crier des choses incroyables et invraisemblables
"qui ne sont pas venues au coeur des hommes" et qui ne sont qu'à
la portée des enfants, "les coeurs purs" !
Depuis un certain nombre d'années où la barque de ma vie a échoué
sur des rivages imprévus, j'ai mis ma main dans celle de Dieu et je me suis
mise à la fenêtre du monde, car c'est là (et dans les Ecritures) que
les croyants peuvent entendre battre son coeur. Là, j'ai pu "entendre"
des choses mystérieuses et entre autres que le Dieu "impassible" souffrait
de l'inintelligence des humains auxquels Il a confié son Oeuvre, ou ses Oeuvres,
car elles sont multiples et merveilleuses. J'ai entendu des "scientifiques"
et j'ai entendu des enfants. J'ai été très déçue par les
premiers, car ils font de leur science un vin enivrant qui les conduit à la
négation de Dieu : ils savent tout sur tout et ils veulent se servir de qu'ils
appellent "leurs possibilités illimitées" pour construire un
monde sans Dieu. Quant aux enfants qui leur posent des questions, avec la confiance
et l'innocence qui les caractérisent, ils m'ont ouvert de nouvelles pistes de
connaissance dans ma quête de cette "connaissance" de Dieu. Ainsi,
l'un d'eux, employant le mot "hasard" reçu des savants en y mettant
un "sens" logique et enfantin, fut ainsi corrigé : "mais enfin,
tu parles du hasard comme si c'était quelqu'un !". Effectivement, il faut
être un savant insensé, gavé d'équations indigestes et hallucinatrices,
pour penser et enseigner que le "hasard" n'est pas une personne douée
d'une intelligence supérieure et transcendante, mais... mais "quoi"
? Une chose inanimée ? Ou ce qu'on appelle le "néant" et que
Bergson a défini comme "l'absence de tout" ? Il faut vraiment être
un "savant" aux yeux crevés pour attribuer au "néant",
à "l'absence de tout", la Création qui se laisse trouver de plus
en plus grâce à la quête des hommes qui "vont comme des brebis
sans pasteur", malgré ses splendeurs et ses mystères indicibles. Ils
ont depuis longtemps précédé la "science humaine" en s'approfondissant
devant les "petits pas" des humains !
Mais ce qui m'a amenée à comprendre quelque chose de l'éternelle Enfance
de Dieu, c'est précisément la réflexion d'un enfant sur la mesure
humaine des "années lumière". Il disait : "si j'allais de
plus en plus vite, je pourrais "remonter" le temps ?" - "On peut
le dire" répondit "la femme savante", et
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l'enfant continua sur sa pensée "et si je pouvais aller aussi vite que
la lumière, je rajeunirais ?" - "oui, mais personne ne peut aller
aussi vite que la lumière !". C'est là que mon esprit a été
frappé par l'évidence ! Le Fils de Dieu, c'est-à-dire Dieu Lui-même,
n'a-t-il pas révélé de son Mystère : "Je suis la Lumière
du monde !" Dans l'Ancienne Alliance, le Dieu Unique s'est aussi révélé
comme Lumière, comme Colonne de Feu, comme Celui qui obscurcira le soleil et
sera Lui-même la Lumière inextinguible des Justes. Ce que les savants évaluent
en mesure "d'années lumière" est bien sûr inhérent
au temps, tel qu'évalué par l'homme et qu'il peine lui-même à
définir dans ses dictionnaires. Presque trois colonnes pour le mot "temps",
très insatisfaisantes, de même pour d'autres mots dont j'ai cherché
à comprendre le sens comme : "moment", "instant", "temporel",
"éternité", etc... j'ai pensé pour ma part que le mot le
plus propre à me faire "saisir" ce sens, bien que faiblement encore,
c'est le mot "tempo" employé sur les partitions musicales : un temps
estimé par le compositeur, animé par un "rythme" (coeur, vie)
ou l'émission d'un souffle (souffle ou ruah en hébreu qui est le souffle
ou l'esprit de Dieu insufflé par Lui en toute créature vivante pour l'animer).
Mais finalement, le temps, tel que le conçoivent les savants leur reste caché
dans sa durée, dans son commencement et dans sa fin. Chaque humain est appelé
à sortir du temps par la mort... la datation des savants de l'avènement
du temps recule au fur et à mesure qu'ils découvrent de nouvelles galaxies.
Alors on peut comprendre cette Parole amère de Dieu :
"S'ils ont été capables d'acquérir assez de science pour pouvoir
scruter le monde,
comment n'en ont-ils pas plus tôt découvert le Maître ?" (Sg
13, 1sq...9)
Or, si Jésus (et Dieu) se révèle comme Lumière, c'est qu'elle
existe en dehors du temps créé. Et s'Il est la Lumière, Il est l'Enfance
éternelle, le péché n'est pas en Lui, et le Mal est aux antipodes
de son Etre, et donc le temps créé ne peut atteindre son Etre pour y apporter
ses "outrages", conséquences du péché des hommes... Dieu
est donc un Enfant. Il est possible que ma déduction n'ait pas de fondements
ou que mes "intuitions" ne soient pas "scientifiques", mais l'expérience
qu'un croyant peut recevoir de Dieu n'a jamais aucun fondement humain. Les enfants
des hommes, lorsque leur innocence n'est pas pervertie par des adultes qui se "prostituent"
avec des "dieux" à leur image, comme le sexe, l'argent ou la drogue,
etc... nous étonnent par leurs rêves et leur imagination. Quel Dieu, sinon
un Dieu-Enfant aurait pu imaginer le monde créé et la multitude des formes
de vie qui s'y développent et se renouvellent grâce à la permanence
de l'inventivité divine, dans une "débauche" de couleurs, de
formes et de vies, dans l'interdépendance de chaque vie créée dans
son rapport aux autres ? Déposer en chaque individu depuis le "géant"
jusqu'au "microscopique", des lois vitales, ou "instinct" ou
"formes d'intelligence", des lois "sociales", d'adaptation dans
l'évolution, des espèces au cours des "ères" successives,
que ces formes de vies soient humaines, animales, végétales ou minérales,
qu'elles soient organisées sur telle planète ou sur telle autre, préservant
toujours cette interdépendance à travers tout l'univers ? Seul un rêve
d'Enfant inaccessible au souci du "raisonnable", du "possible"
ou à l'interruption par l'ennui, pouvait rendre possible ce monde, cet Univers
encore à découvrir, et le réaliser ! Seul un Enfant éternel pouvait
rêver une "réparation", une "rédemption", possibles
après la destruction par le péché de son Oeuvre rêvée d'un
partage d'Amour avec ses créatures et en rétablir les Lois. Et suprême
Révélation, seul un Enfant éternel pouvait engendrer un autre Lui-même,
qui serait son Fils, Créateur à ses côtés, uni à Lui par
un Esprit d'Amour, une Famille divine à laquelle Il associerait ses créatures
en sacrifiant son Lui-même pour ramener à l'immortalité ce qui s'était
voué à la Mort en repoussant son Amour et le partage de ses jeux créateurs
et de ses secrets enfantins !
Lorsque j'ai découvert la splendeur des images prises par le satellite Hubble,
j'ai avancé dans ma certitude de cette Enfance éternelle de Dieu. Qui d'autre
qu'un Enfant pourrait éternellement s'amuser à faire "éclater"
des étoiles et en créer des milliers d'autres dans une exubérance
merveilleuse et insensée de couleurs et de mouvement ? Assez innocent, sans
douter de rien pour songer maintenir dans un espace
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créé sans limites connues, des milliers de planètes et d'étoiles,
sans rien qui les maintiennent, rien d'autre que son seul vouloir créateur ininterrompu
? Je pourrais parler longtemps des Jeux d'un Dieu-Enfant et Père - car pourquoi
cet Enfant aurait-Il à vivre cet interdit né dans la raison raisonnante
des "savants", de ne pouvoir se contempler dans un Autre Lui-même,
qui serait son Fils ? Pourquoi donc un Enfant éternel ne pourrait-Il avoir un
Fils avec qui créer et jouer sa symphonie éternelle ? Est-ce à l'homme
de dicter des Lois à son Créateur et le condamner à demeurer "l'éternel
célibataire des mondes" ? (Voltaire) . Dans l'Ecriture Dieu se révèle
aux hommes dans son Fils, à une Heure choisie dans le déroulement d'un
temps étranger à son Etre :
"Avec Toi est la Sagesse, qui connaît Tes Oeuvres,
et qui était présente quand tu faisais le monde...(Sg 9,9)
"J'étais à ses côtés comme le Maître d'Oeuvre,
faisant mes délices jour après jour,
m'ébattant tout le temps en Sa Présence,
m'ébattant sur la surface de la terre,
et faisant mes délices à fréquenter les enfants des hommes" (Sg
1,6...)
On remarque que le terme employé "m'ébattant" caractérise
bien l'humeur joueuse des enfants : un Dieu-Fils-Enfant qui assiste et crée
avec son Dieu-Père-Enfant et qui sont égaux et tellement unis que le Fils
de l'homme, le Verbe Incarné, a pu dire : "qui me voit, voit le Père
!" On les confond tant ils sont unis, mais distincts et sans confusion,
Trois Personnes distinctes, dans une seule nature divine et souverainement libres
! Alors on admet que Dieu est un Enfant car ses rêves tiennent du paradoxe et
de l'impossible, de la "folie" au regard des humains, et pour le croyant
il n'est pas "folie" de croire qu'Il peut rétablir l'Innocence première
du créé :
"Le loup habitera avec l'agneau...
le nourrisson s'amuse sur le trou du cobra,
sur le repaire de la vipère l'enfant met la main, etc..." (Cf Isaïe
11sq)
Et parlant du rétablissement de son Règne Eternel dans l'allégresse
de ses premiers Jeux, Il annonce en se contemplant dans son Fils :
"Il exercera son autorité sur les nations et sera l'arbitre des Peuples
nombreux,
qui de leurs épées forgeront des socs, et de leurs lances des faucilles.
Les nations ne lèveront plus l'épée l'une contre l'autre,
et l'on ne s'exercera plus à la guerre !" (Is 2, 3b-4)
Qui, sinon un Dieu-Enfant pourrait rêver à de telles inepties ? Un
Dieu-Enfant vivant hors du temps, maître
de la Lumière et de la Vie, et donc embrassant l'éternité et qui n'a
pas besoin de rêvasser dans l'impatience, puisque
ses Voeux ne sont Parole que parce qu'ils sont déjà.
"D'après qui pourriez-vous imaginer Dieu ?
Et quelle image pourriez-vous en donner ?" (Is 40,18)
L'Image du Fils évidemment, le Verbe Incarné !
Le Fils rends grâce à son Père "d'avoir révélé
ses Mystères aux tout petits et de les avoir cachés aux savants et aux
sages ! Et Il nous apprend que le Royaume annoncé en ce temps Messianique où
finit le règne de la Mort, ne sera ouvert qu'aux Enfants et à leurs semblables.
Eux seuls entreront
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en possession du Royaume et dans la vision des Mystères cachés depuis les
siècles des siècles, les Enfants tels que le Fils et le Père :
"Tout m'a été remis par mon Père et nul ne sait qui est le
Fils si ce n'est le Père, ni qui est le Père si ce n'est le Fils et celui
à qui le Fils veut bien le révéler" (Lc 10,21). "Laissez
venir à Moi les petits enfants, ne les empêchez pas, car c'est à leurs
pareils qu'appartient le Royaume de Dieu" (Mc 10,14). "Qui donc se fera
petit comme cet enfant-là, voilà le plus grand dans le Royaume des cieux"
(Lc 9,46sq).
Si Dieu veut peupler son Royaume d'enfants, n'est-ce pas parce qu'Il désire
dans son Etre Eternel, dans son Enfance permanente et créatrice, partager ses
Jeux avec des enfants incapables de "se faire un refuge du mensonge, et de
l'illusion un abri" (Is 28,15) ? comme tous ceux qui, aujourd'hui brisent
les rêves des enfants et les dépouillent de leur innocence en souillant
leurs corps et leurs esprits, qui veulent expulser Dieu de son Oeuvre, par des déductions
démoniaques et insensées ? J'aime cet Enfant qui m'a créée, qui
est passé par la mort pour m'en délivrer, qui l'a détruite pour que
je me lève victorieuse et que je puisse partager ses Jeux éternellement.
Il a fait irruption dans le temps, Il a fermé les yeux comme moi, Il s'est étendu
sur la pierre froide après avoir eu le coeur transpercé, Il m'a aimée
:
"Je ne suis qu'un enfant,
mais si la vie ravageait
mes désirs et mes rêves,
je dresserais devant elle un rempart !
Je ne suis qu'un enfant,
je ne sais pas la haine,
ni l'enfer des hommes,
je sais que Tu rêves à mes rêves,
et qu'un Jour,
dans le flot de Ton Amour,
ils surgiront
sous mes yeux éblouis !"
(Voir mon livre "Les Frontières de l'Innocence", Tome I)
Je le crois parce qu'un Enfant-Dieu me l'a promis !
Le 5 mai 2000
Soeur Mariam-Jacob, moniale.
Chant du Silence ...
Mon Dieu-Enfant, je voudrais chanter Ton Amour jusqu'aux extrémités
de l'Univers. Je voudrais le dire aux étoiles et qu'elles le chantent avec moi
!
Je T'aime, mon Dieu-Enfant, mon Père, ma Mère, mon Souffle et ma Vie éternelle,
mon Amour et ma Joie, mon Frère, mon Sauveur, mon Enfance Joueuse ! Montre-moi
les étoiles, donne-moi de les voir quand elles éclatent en multipliant
éternellement Tes Mots d'Amour et Tes Chants d'Ivresse Enfantine ! Enfance Eternelle
et Inlassée de Tes Jeux Créateurs. Que Ton Regard, Dieu-Père-Enfant,
m'enveloppe des feux croisés de l'Amour du même Regard de Ton Fils-Verbe-Enfant,
qui dansait sur le chaos, quand, dans l'embrasement de Votre Esprit-d'Amour-Enfant,
Vous me regardiez déjà, Vous me nourrissiez déjà du Pain-Verbe-Enfant
- et je ne savais pas ! - Vous me rachetiez déjà dans le Concert unanime
de Votre Dessein Commun qui se jouait du Mal avec cette unanime Innocence que vous
aviez déjà déposée en moi au Matin joyeux de l'irruption du Temps,
ainsi que Vous le jugiez bon, et où, sans délaisser votre Eternité,
Vous veniez m'apprendre à rire, Vous veniez m'apprendre l'inaltérable Joie
et l'exercice de Votre Puissance transcendante et incommensurable, en m'élevant
au titre de dieu-Fils.
Je T'aime mon Dieu-Enfant qui m'as aimée, qui m'as trouvée au désert,
m'as vêtue de lin fin, qui m'as voilé la tête pour que je T'appartienne
et m'as consacrée, épousée et m'as donné une descendance, dans
une folie enfantine et Fidèle, dans une Folie divine qui ne serait jamais montée
au coeur de l'homme. Toi Fidèle, mon Dieu-Enfant, moi qui le fus si peu en brisant
la Communion et l'ivresse de ce Premier Matin que Tu voulais sans crépuscule
pour ne pas éteindre nos Jeux ! Je vous aime Entrailles et Matrice originelles
qui enfantèrent ceux que vous m'avez donnés à aimer comme des frères
pour que je puisse saisir Ton Amour et connaître que je T'aime, et encore les
frères inconnus depuis l'origine des Temps et jusqu'à la consommation des
siècles, dans lesquels j'ai reconnu et reconnaîtrai Votre Image et Votre
Ressemblance, quand Votre Amour Rédempteur et Sauveur aura anéanti la Mort
à laquelle Vous avez choisi, dans un Concert unanime et enfantin comme sans
calcul Vous qui savez où vont Vos Voies et les nôtres, de Te livrer Dieu-Verbe-Enfant,
dans notre chair blessée pour lui rendre sa splendeur première, en Vous
jouant des chaînes de notre liberté pour que nous ayons part à Tes
Jeux Créateurs, Vous qui, en retour, avez enduré les douleurs de nos indifférences,
de nos refus et de nos pensées savantes et maléfiques dans lesquelles nous
avons cru puiser la possibilité et l'ivresse d'une vie échappée de
Tes Mains Créatrices ! Nous qui avons fui vers la Mort, nous avons préféré
des chemins que Vous n'aviez pas tracés et quand nos pas se sont perdus sur
des sables mouvants, Toi, mon Dieu-Enfant, mon Père, ma Mère, mon Souffle
et ma Vie, mon Amour et ma Joie, mon Frère, mon Sauveur, mon Enfance Joueuse,
Tu as affermi le sol sous mes pas et Tu les as reposés sans blessures, dans
Tes Mains Créatrices, Vous mon Refuge, et ma Consolation éternellement
Joueuse et rieuse, qui essuyez chaque larme ! Vous qui dans le Sang sacré du
Verbe-Enfant, Eaux Vives qui étanchez notre soif et nous régénérez
en nous rendant l'innocence et la Parole, et qui dans les flots impétueux de
l'oubli et du Pardon, emportez loin de Votre Royaume les brûlures du péché,
nous qui "ne savons pas !" et que Vous creusez en réceptacles de Votre
Révélation, pour que notre Joie soit parfaite ! Pour que Votre Connaissance
nous élève sur le Rocher trop haut pour nous, où comme l'aiglon, nous
serons inaccessibles au Mal et à la Mort ultime !
Donne-nous Verbe-Fils-Enfant de rejouer Tes Jeux de Fils de l'Homme, en marchant
sur les eaux, en apaisant la tempête et en chassant les fantasmes des nuits
et leurs démons ! Donne-nous de refléter Ta Lumière enfantine et sans
couchant, pour soutenir et éclairer les pas égarés de nos frères,
les
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"Tiens", Verbe-Fils-Enfant, Missionnaire du Dieu-Père-Enfant ! Donne-nous
de vaincre par Ton Amour les ennemis de Tes Jeux et que la Lumière Inaccessible
de Ton Esprit-Enfant éblouisse nos yeux, nos ténèbres et nos ignorances
!
Quand nous Te fuyons, Dieu-Enfant Joueur, Ton Regard nous suit et Tu nous attends
là où nous ne savons pas où nous portent nos errances. Apprends-nous
que l'Amour est le secret de Ta Puissance enfantine et qu'Il habite l'Univers et
l'emplit, et qu'Il nous attend dans nos antres ténébreux et hostiles où
nous cachons nos peurs, et qu'il n'est de toit et de repos dans l'Univers, que dans
cet Amour Créateur et Joueur.
Je vous aime, mon Dieu-Père-Enfant, et mon Verbe-Dieu-Enfant parce qu'en voulant
une Mère d'entre nous, fruit de notre terre dévastée après la
fuite du Jardin et de la Communion, et Toi mon Dieu-Esprit-Enfant qui l'as couverte
de Ton Ombre ! Vous m'avez donné une Mère Vierge dans un ineffable échange,
ineffable et si disproportionné ! Une Mère-Vierge qui me guide vers Vous
en tenant ma main ! Une Mère Vierge, enfant d'homme, qui T'offrit l'abri chaud
de son sein quand T'élançant de Ton Infinité, Verbe-Fils-Enfant, Tu
Te fis l'Infime dans l'excès joueur de Votre Amour !
Donnez-moi, Mes Trois que j'adore, mon Dieu-Enfant, Unique et Communionnel, chaleur
dans l'Aurore de l'Heure première du Jour, et fraîcheur sous la brûlure
du soleil, donnez-moi des étoiles que je ferai éclater en me mêlant
à Vos Jeux enfantins pour offrir à mes frères des éclats de Votre
Innocence, de Votre Insouciance, privilèges de l'Enfance ! Des étoiles
qui éclatent de rire devant Vos Jeux ingénus d'où le doute et l'impossible
sont bannis, et deviennent des fruits savoureux, des fruits qui abreuvent et guérissent
toutes blessures, des fruits qui disent Vos Jeux et l'absence du Temps.
Je T'aime, mon Dieu-Père-Enfant, je T'aime mon Verbe-Dieu-Enfant, Toi que le
Père-Enfant a crucifié pour éteindre nos péchés, Lui qui
s'est livré pour ce Jeu Rédempteur, Toi Verbe-Enfant qui T'es reposé
dans l'ombre noire et froide de la Terre maternelle, Toi qui as fermé les yeux
comme moi, comme nous, Toi que l'Esprit-Enfant a réveillé après trois
jours et qui par la puissance du Dieu-Père-Enfant, L'as élevé jusqu'au
Sein de la Gloire, la Jérusalem Céleste, où Tu nous entraînes
avec Vous par la seule force de l'Amour ! Je sais que quand je Vous parle sous la
voûte incommensurable de l'Univers, Votre Amour tend l'oreille et qu'Il aime
mon Chant, Vous, cet Enfant à qui tout appartient et qui ne veut que mon Amour...
Donnez-moi des étoiles pour Vous le dire... je Vous donne mon sang pour recevoir
l'Esprit, sans qui je ne saurais prononcer Votre Saint Nom, ni espérer habiter
l'Amour !
En la fête de la Trinité 2000
Soeur Mariam-Jacob, Moniale Clarisse.