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AIMONS NOTRE PROCHAIN Les grands artistes, les grands penseurs,
les grands réalisateurs abondent en notre siècle; ce sont bien plutôt
des disciples parfaits du Christ qui lui manquent, des saints, des êtres qui
soient tout amour. Or, vous tous à qui je m'adresse, en ce moment, vous qui
avez choisi d'aller vers Dieu, vous souvenez-vous qu'une fois la résolution
prise librement, tout retard est compté comme une faute? Que la raison vous
détermine, ou la vocation, que vous cherchiez Dieu en aimant les hommes, ou
que vous vous donniez aux hommes par amour de Dieu, le chemin est rude, et qui n'avance
pas recule. Ici surtout l'immobilité est impossible. Il faut marcher malgré
tout. Réciproquement,
si la douleur humaine nous laisse insensibles, si nous n'avons de zèle que pour
les ravissements de la contemplation, bientôt Dieu retirera Sa Lumière
de notre esprit, afin que, commençant de vivre les angoisses des ténèbres
mystiques, nous sympathisions avec les angoisses plus matérielles des misérables.
Nous toucherons ainsi notre propre misère; nous apprendrons à prier; nous
sortirons de l'égoïsme pieux vers les champs de la charité.
Que notre
cœur se prosterne devant Dieu, qu'il se penche sur le prochain, c'est le même
Amour qui le pousse, ce suprême Amour, principe et source de la vie, totalité
des puissances éternelles, moteur de toute créature. Il s'agit pour nous
de bien employer cette force omnipotente. Mais sera-ce à notre profit? Sera-ce
au profit du prochain? Sans doute et depuis longtemps nous savons que l'égoïsme
engendre en fin de compte les plus fâcheuses conséquences; toutefois nous
sommes si souvent habiles à colorer nos paresses ou nos convoitises de prétextes
altruistes, que notre premier soin doit être, avant toute décision, de
voir clair en nous-mêmes et de préciser nos mobiles par l'examen le plus
impartial et le plus rigoureux. * Une fois
résolus à suivre les commandements de la charité, abstenons-nous d'impatience
et d'excès de zèle; la hâte constitue l'un des plus grands obstacles
à la floraison intérieure. L'acte, c'est le fruit; l'arbre, c'est tout
l'ensemble de notre existence; or nous habitons un dur climat que le soleil de l'Esprit
réchauffe mal et rien n'y prospère sans des soins minutieux, sans une culture
patiente. Cette perfection de l'acte découle de la perfection des mobiles. Purifier les mobiles, c'est purifier les émotions, ennoblir les pensées, agrandir l'intelligence, sublimiser le caractère, vaincre les répugnances physiques. Contemplons à cet effet l'amour dont nous comble notre Père céleste, les laideurs où nous nous complaisons et ce ciment solide qui agrège en un seul bloc le genre humain tout entier. je ne veux pas reproduire des homélies que vous avez cent fois entendues; mais méditez plutôt sur la fraternité terrestre : cette chair et ce sang, uniques en définitive, dont nous sommes tous construits; par delà les dissemblances de patries et de races, ce parallélisme des sentiments et de la pensée; par delà les spécifications intellectuelles, esthétiques ou religieuses, cet internationalisme immense de l'homme spirituel, ces contacts innombrables des âmes, ces réponses et ces prolongements des mentalités, d'un bout à l'autre du monde, du fond des âges jusqu'à leur terme; cette cohésion, enfin, d'autant plus intime que l'on analyse une forme plus profonde de la vie. La pensée d'un grand homme disparu depuis deux cents siècles ne subsiste pas que dans la mémoire déférente des érudits; elle palpite dans l'atmosphère seconde, vivace à proportion du Vrai qu'elle contient, et immortelle, quand même elle ne trouve plus d'écho dans les générations ultérieures qui lui obéissent inconsciemment. Un chef-d'œuvre ruiné par les siècles continue de vivre malgré qu'il n'ait plus de spectateurs ou de lecteurs. Et l'acte brutal de quelque ancêtre préhistorique envoûte encore aujourd'hui les impulsions de nos contemporains. Ainsi, chaque
frémissement de mon cerveau, chaque désir de mon cœur, chaque geste de
mon corps influe sur tous les êtres d'aujourd'hui et sur tous leurs descendants.
De quelle importance n'est donc pas la purification de notre interne? Outre cette préparation générale à la fraternité, chaque bonne œuvre demande une préparation propre. Jésus dit : « Donne à qui te demande »; il nous faut donc être à tout instant prêts; la constance est sous-entendue par toutes les maximes de l'Evangile. Jésus est l'incarnation de la constance, puisqu'Il fait la même chose depuis le commencement du monde. Il faut s'installer à demeure dans une certaine région spirituelle, dans un certain état d'âme, et cet établissement transforme de lui-même tout notre être et toute notre vie. Un cœur fixé sur le Verbe est prêt à tout; il entend toutes les demandes, formulées ou muettes, et, en retour, puise aux trésors du Père telle aumône préparée précisément en vue de telle demande. Le vrai disciple tirera de sa bourse telle pièce de monnaie destinée à tel pauvre et non sa voisine; il administrera au malade telle quantité du remède voulu et non telle autre portion; car, du point de vue du Verbe, chaque pièce, chaque dose de médicament, chaque phrase possèdent une vertu propre, bien que, physiquement, chimiquement, grammaticalement, toutes les pièces de monnaie, toutes les fractions d'un même produit, toutes les répétitions de la même phrase soient identiques. Voilà pourquoi le disciple doit s'assouplir à toute éventualité. Enfin il cultivera le goût de la perfection, il apprendra la persévérance, il ne laissera aucune bonne œuvre inachevée, il n'abandonnera aucune souffrance sans avoir tout tenté. « Malheur, dit Jésus, à celui qui, après avoir mis la main à la charrue regarde en arrière. » Ce serait trop facile de se contenter d'un pansement à un malade; il faut tâcher de le remettre debout. Il faut rendre le dévoyé capable de gagner son pain et le désespéré capable de reprendre la lutte. En un mot, tenir à la qualité de nos bienfaisances plutôt qu'à leur quantité : « Qui trop embrasse mal étreint. » * Que nos compassions
ne demeurent pas platoniques; conduisons-les jusqu'à l'acte, si petit soit-il;
l'acte seul leur donnera un corps terrestre et la puissance fructifiante. Autour
de nous les gémissements de la douleur et les rires du cynisme s'élèvent
avec plus de tumulte que jamais; notre souci devrait être de changer ceux-ci
en larmes de repentir et ceux-là en sourires d'espérance. Les affligés
accourraient en foule si nous, chrétiens, ne nous contentions pas de plaintes
et de vœux. Nous devrions prendre une part des charges sous lesquelles plie notre
semblable, nous devrions comprendre sa peine, nous mettre à sa place, mêler
notre cœur avec son cœur. Jésus réside au milieu de ceux qui se réunissent
en Son Nom; c'est à nous, qui Le connaissons, d'entraîner vers Lui les
malheureux qui n'ont pas su encore L'apercevoir. Le théoricien
aperçoit les réalités comme des formules; à force de réfléchir,
il désapprend la décision. Le réalisateur voit tout en réalités
substantielles; cerveau calme et cœur brûlant, il aime pétrir la vie et
goûte l'effort; homme, son désir sera l'œuvre consciencieuse et noble;
chrétien, son idéal sera la pitié, le désintéressement,
le sacrifice. Le disciple de Jésus, sachant que le divin commence où l'humain
s'arrête, cherchera toujours à se dépasser; la difficulté, l'impossibilité,
l'incompréhension et l'ingratitude l'attireront davantage que les travaux faciles,
suivis de reconnaissance ou de profits. * La charité est une chaîne
vivante qui attache Dieu à l'homme, qui tire l'homme vers Dieu, et qui agrège
tous les êtres les uns avec les autres. C'est une flamme vivante dont l'ardeur
et la splendeur croissent en proportion des obstacles qu'elle rencontre; elle embrase
à jamais quiconque en reçoit une étincelle et, nourrie de la force
vive de notre cœur, elle se répand sur tout ce qui l'entoure comme l'eau d'une
source intarissable. Les peines
et les fatigues sont sa nourriture, parce qu'elle y découvre la chair et le
sang du Verbe sauveur, formes innombrables de la souveraine volonté de Dieu.
Tout acte accompli par amour procure, en vertu d'une mystérieuse transsubstantiation,
un accroissement à la puissance rédemptrice du Maître de l'Amour.
On ne se souvient pas assez que Jésus souffre encore; on oublie que toute prière
limpide rafraîchit la fièvre du Martyr perpétuel, cloué sur la
croix de la permanente expiation; on oublie que le moindre morceau de pain dont on
se prive pour un pauvre cicatrise une des plaies du Crucifié; qu'une visite
affectueuse, une corvée allègrement subie, une réconciliation franche,
ce sont des joies pour Son cœur sans cesse blessé par les milliards de paroles
et d'actions méchantes commises chaque minute dans l'immense univers.
Vous voyez
pourquoi il ne suffit point d'aimer ceux qui nous aiment ou qui nous plaisent; il
est nécessaire, pour imiter Dieu, d'obliger ceux qui nous sont antipathiques
et de faire du bien à ceux qui nous font du mal. Nous ne sommes pas tant sur
la terre pour développer nos énergies natives que pour les transformer,
les dépasser, pour atteindre aux rives de l'infini. L'école de cette transplantation
et de cette renaissance, c'est la lutte contre nos goûts et le don de soi-même
aux œuvres rebutantes et aux malheureux déplaisants. De même que l'aumône
donne des fruits plus nombreux quand elle est prise sur le nécessaire que lorsqu'elle
est distraite de notre superflu, l'amour fraternel procure la plus riche moisson
lorsqu'il comporte les gènes, les contrariétés et les dégoûts.
* Beaucoup
de personnes bien intentionnées ne s'aperçoivent pas qu'elles vont vers
les pauvres avec des manières protectrices et condescendantes. Leur cœur est
bon, certes, mais elles s'imaginent que leur naissance, leur éducation, leur
fortune constituent un privilège. Elles se trompent; elles ne tiennent de leur
mérite aucun de ces avantages et, en toute justice, celui que le destin favorise
est le débiteur du déshérité; mystiquement, celui qui souffre
plus est supérieur à celui qui souffre moins. Allons aux misérables
humblement, simplement, avec bonhomie. D'autres
philanthropes se croient tenus à discourir; ils ne peuvent s'empêcher de
faire des remontrances et des sermons, et ils ne s'aperçoivent pas qu'on les
écoute mal; ventre affamé n'a pas d'oreilles. Ce que la misère réclame
d'abord, c'est du pain, un abri, des vêtements; après, les théories
qu'on fera pourront être entendues. Rien n'aiguise le sens critique comme le
malheur ou la rudesse de l'existence; d'un regard le pauvre découvre les travers,
les ridicules ou la valeur morale de la dame patronnesse qui entre chez lui.
* Le Christ prescrit la charité
à maintes reprises, et en donne l'exemple bien plus souvent encore; mais Il
ne parle qu'une fois du résultat que produit en nous l'exercice de cette vertu
essentielle : «Ce captif, dit-Il, que vous avez consolé, ce malade que
vous avez soigné, ce vagabond de qui vous avez étanché la soif, c'est
Moi-même que vous avez ainsi visité, pansé, désaltéré.
» De telles paroles merveilleuses où respire toute la divine tendresse,
sur lesquelles se déploie la splendeur de la Gloire, ne sont pas l'expression
littéraire d'une vérité métaphysique; elles énoncent simplement
une vérité réelle, vivante, substantielle et sensible avec évidence
à ceux que l'Esprit illumine. D'autre part,
Se voulant martyr universel, chacune des souffrances possibles, chaque particularité
de la Douleur universelle propre à chaque individu, est la gangue d'une étincelle
de ce même Verbe. Dans toute angoisse, Il est là; dans toute compassion,
Il est là; dans tout acte de secours, Il est là. Tout misérable et
tout bienfaiteur ne peuvent se rencontrer qu'en Son nom, si même ils l'ignorent.
Et Son indulgence est telle que la résignation de l'un, la docilité de
l'autre à l'impulsion divine leur valent un mérite et une récompense.
Voilà comment ni le savoir ni le vouloir ne nous rendent capables de suivre
le Verbe; seule la charité permet de L'atteindre et de s'unir à Lui.
* Au reste,
notre Maître est toujours présent à côté de chaque âme,
parce qu'Il est la Vie et que la vie selon Dieu se nomme l'Amour. Là règne
la fraternité de fait; ce qui arrive à l'un, tous le ressentent et Jésus,
centre de ce monde homogène, éprouve dans Son esprit glorieux tout ce que
ressentent Ses disciples. Voilà comment la charité parfaite peut devenir
thaumaturgique. Sous certaines conditions de ferveur et de limpidité interne,
le verre d'eau offert peut guérir un malade et la phrase la plus courante peut
retremper une conscience; il suffit qu'on vive dans le royaume du Christ.
Mais nous concevons mal un Dieu si proche de nous, si incliné sur nos petites affaires; nous concevons mal l'unité humaine aussi. Nous sommes des analystes, des êtres divisionnels; nous apercevons les différences avant les ressemblances; tous ces mots: synthèse, union, unification, régénération, nous ne parvenons pas à les entendre comme des réalités palpables. C'est que notre personnalité est faite de fragments hétéroclites; seule la conscience du moi ramène à une unité approximative ces millions de minuscules flammes vitales qui, par leurs divergences, tendent inconsciemment vers l'harmonieuse unité de l'âme éternelle, reflet humain du Verbe divin. Ainsi, à l'encontre de ce dont nos sens témoignent, plus un fait est interne, plus il est réel. Chaque fois donc que
nous diminuerons les distances sociales ou individuelles entre nos frères et
nous, et qu'au geste matériel nous ajouterons toute la chaleureuse tendresse
jaillie du plus profond de nous-mêmes, nous avancerons vers l'Identique et nous
entraînerons ces frères. Depuis Jésus, à cause de Jésus,
chacune de ces avances devient un contact avec l'unité vivante du monde qui
est Lui-même. Selon la force avec laquelle notre amour et notre foi nous maintiennent
en Lui - force que seuls nos actes charitables mesurent avec actitude - , les différents
modes de notre personnalité deviennent homogènes, chacun en soi d'abord,
les uns avec les autres ensuite, et enfin cette personnalité elle-même
s'harmonise avec les personnalités voisines. Ainsi avance lentement l'unification
du genre humain. Dès
que commencé, l'obscur travail de chacune de ces infinies lumières christiques
se poursuit sans arrêt jusqu'au jour suprême. Çà et là,
le long de ce cheminement souterrain, un rameau pousse, une fleur s'épanouit;
c'est un chef-d'œuvre, une cathédrale, une loi tutélaire; c'est le remède
à quelque affreuse maladie, quelque désert fertilisé, quelque rêve
de poète descendant sur la terre, ou l'âme limpide de quelque saint, souriant
et humble et ardent. * L'amitié antique était un pacte fraternel. entre deux hommes, que chacun pouvait rompre, quitte à prendre figure de traître. L'amitié chrétienne est un engagement unilatéral que contracte le disciple seul avec tous les hommes, où il garde pour lui toutes les charges, laissant aux autres tous les bénéfices. C'est un, marché de dupe volontaire, mais que la duperie cimente; l'ingratitude et la trahison, au rebours de ce qui a lieu pour les contrats humains, rendent ce pacte imprescriptible; car l'obligé du disciple, s'il répond aux bienfaits par le mépris ou le mauvais vouloir, devient débiteur spirituel et se trouve lié dans l'avenir à celui qui l'a secouru. Ainsi, comme pour la société antique, pour la pensée, pour la religion, pour la beauté antiques, Jésus, Se plaçant entre Achille et Patrocle, a étendu leur sentiment à tout le genre humain, l'a transformé, l'a divinisé enfin en lui ouvrant l'hospitalité de Son propre cœur divin. Comme Il
S'est mis dès l'origine des siècles au service de la Création, Il
demande à ceux qui ont pu le comprendre de servir leurs frères plus jeunes.
Il a voulu que ces serviteurs bénévoles portent Son sceau : la grâce
et la liberté, et les a nommés Ses Amis. Voilà pourquoi la philanthropie
chrétienne se nomme la charité, c'est-à-dire le bon vouloir, l'aisance,
la bonne humeur et le sourire; voilà pourquoi le serviteur de Dieu vit dans
une atmosphère qui s'appelle la joie parfaite. Cette nostalgie
est juste, et cette espérance légitime. N'imputons pas cependant les fièvres
de nos attentes à d'autres qu'à nous-mêmes. Cette terre de béatitude,
qui existe puisque nous la désirons, nous allons vers elle de mauvaise grâce
et d'une marche maladroite; nous nous essayons aux gestes du Ciel avec les allures
renfrognées de l'enfant qu'on traîne à l'école. Vers les nues
translucides où planent les anges souriants nous ne levons que des visages maussades;
la Matière et ses appâts nous engluent si fort que nous pouvons
à peine concevoir les bonheurs spirituels. Non, il faut
se donner sans réserve; il faut s'épanouir, ouvrir en soi les portes et
les fenêtres, faire doux accueil à tout être et à toute chose.
S'aimer les uns les autres, ce n'est pas s'imposer des gènes réciproques,
mais bien s'offrir les uns aux autres une détente et un allègement; il
faudrait que la rencontre de deux hommes soit toujours une fête pour chacun,
et la magnificence du cœur devrait suppléer à la misère du porte-monnaie.
L'égoïsme
refroidit, ossifie, pétrifie; entraînons-nous avec patience à retrouver
la souplesse et la chaleur; quelque misérable que soit notre état présent,
nous portons tous un chef-d'œuvre merveilleux, une clarté certaine et pure,
toute élan, offrande et accueil. Regardez, au centre de vous-mêmes, cette
lueur qui dort, parcelle de la splendeur du Christ, délégation de la Sagesse
divine, tabernacle où, plus tard, naîtra le Verbe. Montez votre conscience
à cette altitude, modelez votre caractère sur les augustes proportions
de cet idéal, rendez vos membres dociles à sa discrète influence;
habituez-vous à vouloir, à sentir, à vivre dans ce jour limpide, et
l'univers, peu à peu, changera de sens et d'aspect sous vos regards renouvelés.
* Que la longueur
de la route, que la hauteur du but ne vous fassent point hésiter; Dieu aime
que l'on tente quelque chose, si téméraire, si maladroite que soit la tentative.
Continuons la tâche entreprise, jour après jour, année après
année; il importe moins de faire une chute que de se relever; il importe moins
d'obtenir le succès que de tenter l'effort. Nous nous tiendrons paisiblement
à l'ombre du Christ et, serviteurs inutiles, nous nous inclinerons toujours
sous Ses directions. Notre obéissance immédiate, fille de notre amour,
nous donnera ce calme puissant, cette joie silencieuse que Jésus nous promit
à la veille de Son martyre. |