ESPRIT DE FOI III

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TROISIÉME HOMÉLIE. Dieu a tenu envers les justes de l'Ancienne Loi la même conduite qu’envers tous les fidèles de la Loi nouvelle. De l'aumône.

 

ANALYSE.

 

1° Résumé de la dernière homélie. — 2° Ce n'est pas seulement pour nous montrer l'accord des deux testaments, que saint Paul a dit : Parce que nous avons le même esprit de foi, c'est pour une autre raison, qui fera le sujet de la présente homélie. — 3°-5° Etat du monde dans les premiers temps de la prédication chrétienne. — 6° Souffrances de saint Paul. — 7° Utilité des souffrances en général. — 8° Même dans l'Ancien Testament, on trouve des justes dont la récompense est différée à l'autre vie. Voilà la seconde raison pour laquelle saint Paul a dit : Parce que nous avons le même esprit de foi. Il veut encourager les fidèles de son temps. — 9°-10° La conduite de Dieu n'a point été la même envers les saints qu'envers la multitude, dans l'Ancien Testament. — 11°-12°. Exhortation à l’aumône.

 

1. Dans la précédente réunion et dans l'avant-dernière, nous avons pris pour texte une parole de l'Apôtre, et nous avons consacré à l'expliquer notre discours tout entier. Nous voulons encore l'examiner aujourd'hui. Nous le faisons à dessein, pour vous être utile, et non par ostentation. Je ne songe point à faire montre d'abondance et de fécondité. C'est pour vous révéler la sagesse de Paul et exciter votre zèle, que je reviens sur le même sujet. La profondeur de son esprit sera plus manifeste, si une seule de ses paroles nous ouvre une si féconde source de pensées; et quand vous verrez que d'un seul mot de l'Apôtre on peut tirer d'ineffables trésors de sagesse , vous ne vous contenterez pas d'effleurer négligemment ses lettres, mais vous pénétrerez plus avant, et dans l'espoir d'y trouver ces richesses, vous examinerez avec le plus grand soin chacune de ses paroles. Car si une seule nous fournit la matière de trois entretiens, quel trésor nous ouvrirait un passage entier, exactement étudié ? Ne nous lassons donc point avant d'avoir épuisé cette pensée. Car si ceux qui creusent les mines d'or, quelques richesses qu'ils aient tirées, ne s'arrêtent point avant d'avoir pisé la veine, ne devons-nous point montrer plus d'ardeur et de zèle dans la recherche de la sagesse divine ? Nous aussi nous extrayons de l'or, non de l'or matériel, mais de l'or spirituel ; nous creusons, non point les mines de la terre,. mais les mines de l'Esprit-Saint. Car les lettres de Paul sont les mines et les sources de l'Esprit-Saint; les mines, car elles nous donnent une richesse plus précieuse que tout l'or de la terre; les sources, car jamais elles ne tarissent: plus on y puise, plus elles sont abondantes. J'en prends à témoin le temps écoulé. Depuis l'époque où vivait Paul, cinq cents ans sont passés, et tout ce temps, mille écrivains, docteurs et commentateurs ont tiré de ses lettres des richesses sans nombre, sans épuiser le trésor qu'elles contiennent. Ce trésor. n'est point matériel ; c'est pourquoi, au lieu de s'épuiser sous les mains qui le creusent, il s'augmente et s'enrichit. Je parle de nos devanciers; mais après nous, combien d'autres parleront, et après eux combien encore, sans que la source se dessèche, sans que la raine s'appauvrisse ! C'est une miné spirituelle et dont on ne trouvera point le fond. Quelle était donc la parole de l'Apôtre qui faisait le sujet de mes derniers discours ? Parce que nous avons le même esprit de foi, selon qu'il est écrit : J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé.

2. Nous avons cherché pourquoi l'Apôtre (238) avait dit: Le même esprit de foi, et nous en avons exposé une cause. C'était afin de montrer l'accord de l'Ancien Testament et du Nouveau. Car si l'on fait voir que c'est le même Esprit qui parlait parla bouche de David quand il disait: J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé (Ps. CXV, 10), et qui agissait dans l'âme de Paul, on aperçoit aussitôt la parenté qui unit les prophètes et les apôtres, et il suit de là qu'il y a parfait accord entré l'Ancien Testament et le Nouveau. Mais je m'abstiens de redites fastidieuses, et vais exposer la seconde cause qui a fait dire à l'Apôtre : Le même esprit de foi. Car je vous ai promis de vous faire connaître cette seconde cause. Prêtez-moi toute votre attention. La pensée que je vais vous développer est profonde, et demande de la perspicacité et de la pénétration. C'est pourquoi je vous engage à écouter sans en rien perdre ce que je vais vous dire. A moi la peine, à vous le bénéfice. Mais je rie dois pas dire : à moi la peine, car le Saint-Esprit me donnera la grâce, et quand c'est,lui qui nous révèle la sagesse, il n'y a de peine ni pour l'orateur, ni pour les auditeurs, mais pour tous la tâche est facile. Soyez donc attentifs ; car entendriez-vous la plus grande partie de mes paroles, si votre attention sommeille un moment, vous ne saisirez pas la beauté de l'ensemble , ayant une fois perdu le fil de mon discours. De même que ceux qui ne connaissent point leur chemin et ont besoin d'un guide, seraient-ils allés très-loin à sa suite, si, par négligence, ils le perdent de vue un, moment, l'office qu'on leur a rendu leur devient inutile, ils s'arrêtent et ne savent où se diriger; ainsi des auditeurs qui écoutent une instruction, s'ils se relâchent un moment de leur attention , perdent la suite des pensées et ne peuvent point parvenir à la conclusion. Pour qu'il ne vous advienne point ainsi , prêtez une constante attention à mes discours, jusqu'à ce que nous arrivions ensemble à la conclusion.

3. L'Apôtre a dit : Parce que nous avons le même esprit de foi, voulant montrer que dans l'Ancien Testament, comme dans le Nouveau, la foi est la mère de tous les biens. Pour le prouver, remontons un peu plus haut. La cause nous paraîtra ainsi plus manifeste. Quelle est donc cette cause? Au moment où parlait l'Apôtre, la guerre entourait les fidèles, guerre terrible et sans trêve. Des villes entières, des peuples divers se levaient contre eux; les tyrans leur dressaient des embûches, les rois s'apprêtaient à la guerre, les armes s'agitaient, les épées s'aiguisaient, on préparait des soldats, on imaginait mille châtiments, mille supplices : pillage et confiscations, prison, exécutions quotidiennes, tourments, chaînes, bûchers, glaives, bêtes féroces, gibets, roues, précipices, abîmes, il n'était rien qu'on n'inventât pour exterminer les fidèles. Et là ne s'arrêtait point la guerre. Car non-seulement les ennemis l'attisaient , mais la rature était divisée contre elle-même. Les pères faisaient la guerre aux enfants, les filles. haïssaient leurs mères, les amis détestaient leurs amis, dans toutes les familles, dans toutes les maisons se glissait la discorde, et le trouble était grand sur la terre. Et de même qu'un navire au milieu des vagues soulevées , des nuées qui s'entr'ouvrent, des tonnerres qui éclatent, des ténèbres qui couvrent tout d'une épaisse nuit, de la mer en fureur, des monstres qui se dressent, des pirates qui attaquent, des dissensions de l'équipage, ne saurait échapper au danger, si une main d'en-haut, forte et puissante, ne détournait la guerre, n:apaisait la tempête, et ne rendait le calme aux navigateurs; ainsi advint-il dans les commencements de la prédication. Car non-seulement au dehors la tempête se déchaînait, mais souvent au dedans régnait la discorde. Qui nous rapprend? c'est Paul lui-même quand il écrit : au dehors la lutte, au dedans les terreurs. (II Cor. VII, 5.) Et pour vous prouver la vérité de ce que j'avance, et que maîtres et disciples étaient entourés de mille maux et victimes d'une guerre universelle, j'appellerai encore Paul en témoignage. Souvenez-vous de toutes mes paroles, et lorsque vous connaîtrez les dangers, les épreuves et les malheurs sans nombre où étaient exposés les fidèles en ce temps, vous rendrez plus d'actions de grâces à Dieu qui conjura tous ces dangers, donna aux hommes une paix profonde, éloigna la guerre et rétablit dans le monde le calme et la tranquillité ; que désormais les indifférents ne comptent pas échapper au châtiment, et que les justes relèvent la tête !

4. En effet, il n'y a point un égal mérite à montrer le même zèle au milieu des attaques et des orages, ou dans le calme et la sécurité du port. Or , les fidèles alors n'étaient pas moins agités que des matelots ballottés par les flots en courroux, tandis qu'aujourd'hui nous (239) sommes sans trouble , comme le navire au port. Prenons donc garde de nous enorgueillir de notre foi, de succomber aux tentations, ou d'abuser, pour nous relâcher, de la paix de l'Eg lise . Ne cessons point de jeûner et de veiller, car nous avons encore à lutter contre les passions de notre nature. Nous n'avons plus d'ennemis dans les hommes, mais nous en trouvons dans les plaisirs de la chair ! Les tyrans et les rois ne nous font plus la guerre , mais la colère, la vanité, l'envie, la jalousie, et les autres sentiments coupables nous la font encore. A peine délivrés d'une épreuve, il s'en. présente de nouvelles où if faut triompher. Si je vous ai rappelé les malheurs de ces temps, c'est afin que ceux d'entre vous qui sont éprouvés aujourd'hui soient efficacement consolés, et que ceux qui vivent dans le calme et ne sont point exposés à ces périls, mettent tout leur zèle à combattre les pensées déraisonnables. C'est pour nous instruire, nous consoler, nous soutenir, que toutes ces choses ont été écrites. Je vais vous les faire connaître, et vous montrer la grandeur des dangers que couraient alors, non-seulement les maîtres, mais les disciples; écoutez ce que Paul écrit aux. Hébreux :rappelez en votre mémoire ce temps auquel, après avoir été illuminés par le baptême, vous avez soutenu de grands combats et de terribles persécutions. (Hébr. X, 32.) Car il n'y eut pas le plus petit intervalle de temps : dès le premier jour que fut prêchée la doctrine, les fidèles furent éprouvés, et, dès le baptême, tombèrent dans les périls. Et voici comment : D'une part, vous avez servi de spectacle au monde par les outrages et les tribulations que vous avez endurés. (Ibid. 33.) Ils étaient conspués , injuriés, moqués, bafoués; on les appelait fous, insensés , parce qu'ils avaient renoncé à la religion de leurs pères 'et adopté de nouveaux dogmes. Ces outrages pourraient certes ébranler une âme où la foi n'aurait pas poussé de profondes racines. Car rien ne blesse une âme aussi cruellement que l’outrage, rien n'anéantit l'esprit et la raison comme la moquerie et la raillerie. Bien des hommes ont succombé au sarcasme. Je vous dis ces choses afin que nous nous attachions avec confiance à notre foi. Car, si dans le temps que le monde entier outrageait les fidèles, ils ne succombèrent point, à plus forte raison devons-nous, avec une entière confiance, nous attacher à la vérité révélée, quand toute la terre a embrassé notre foi. Or, non-seulement les fidèles supportèrent alors les accusations , les injures et les outrages, mais ils eurent de la joie à les souffrir; la suite des paroles de l'Apôtre nous le prouve : Vous avez vu avec joie tous vos biens pillés. (Ibid. 34.) Voyez-vous qu'autrefois on confisquait les biens des fidèles, et qu'on les livrait en proie à quiconque leur voulait nuire ? Voilà donc ce que Paul écrit aux Hébreux,

5. Il rend aux Thessaloniciens le même témoignage : Vous êtes devenus, leur dit-il, nos imitateurs et les imitateurs du Seigneur, ayant reçu la parole de l'Evangile parmi de grandes afflictions. (I Thess. I, 6.) Vous voyez que ce peuple avait aussi des afflictions, et de grandes afflictions. Les tentations étaient violentes, et continuels les dangers; ni repos, ni trêve pour ceux qui luttaient alors. Mais parmi ces maux, ils ne s'indignaient point, ils ne perdaient point courage ; au contraire , ils se réjouissaient. Comment le savons-nous ?. par les paroles mêmes de Paul. Après avoir dit : Parmi de grandes afflictions, il ajoute : Avec la joie du Saint-Esprit. (Ibid.) De la tentation naissaient les afflictions, mais ils se réjouissaient en songeant à la cause de la tentation. Ce leur était une suffisante consolation de savoir qu'ils souffraient pour le Christ. Aussi, je les admire moins d'avoir en ces temps supporté les afflictions, que de s'être réjouis de souffrir pour Dieu. Car une âme généreuse et pleine de l'amour de Dieu, sait supporter les afflictions et les peines ; mais supporter dignement la tentation et rendre grâces à Celui qui permet qu'on soit éprouvé, c'est-là le signe du plus excellent courage, d'une âme zélée et qui s'élève au-dessus de toutes les choses terrestres.

Ce n'est point seulement en ce passage, mais dans d'autres encore que l'Apôtre nous enseigne tout ce que les fidèles de ce temps avaient à souffrir de leurs proches et de leurs parents, et c'étaient les plus terribles maux. Vous êtes devenus, dit-il, les imitateurs des Eg lise s de Dieu qui sont dans la Judée. En quoi sont-ils devenus leurs imitateurs ? En ce que vous avez souffert les mêmes persécutions de la part de vos concitoyens que ces Eg lise s ont souffrances de la part des Juifs. (Ibid. II, 14.) Voilà encore la guerre, mais la guerre civile, surcroît de douleurs. Si un ennemi m’avait outragé, je l'aurais souffert, dit le prophète; mais c'est toi qui vivais dans un merde esprit (240) avec moi, qui étais te chef de mes conseils, mon plus cher confident. (Ps. LXXXIV, 13, 44.) Cette figure étais alors réalisée. Aussi les hommes avaient besoin de grandes consolations. Ce que voyant Paul, et que ceux qu'il avait mission de conduite souffraient et faiblissaient sous le poids des maux et des douleurs qui se succédaient sans nombre , il s'ingénie à relever leurs courages. Tantôt il leur dit : Il est bien juste devant Dieu qu'il. afflige à leur tour ceux qui vous affligent maintenant, et qu'il vous console avec nous, vous qui êtes comme nous dans l'affliction. (II Thess. I, 6, 7.) Tantôt : Le Seigneur est proche, ne soyez point inquiets. (Phil. IV, 5, 6.) Ne perdez point votre confiance : car la patience vous. est nécessaire, afin qu'en faisant la volonté de Dieu, vous puissiez obtenir les biens qui vous sont promis. (Hébr. X, 35, 36.) Et pour les engager à la patience, il ajoute : Car, encore un peu de temps, et Celui qui doit venir viendra, et, ne tardera point. (Ibid. 37.) Quand un petit enfant pleure, s'irrite et demande sa mère, on s'assied près de lui, et pour le consoler, on lui dit : attends encore un peu de temps, ta mère va venir assurément; de même Paul, voyant les fidèles de ces temps en proie à la douleur, se plaindre et demander, dans l'intolérable excès de leurs maux, la venue du Christ, il leur dit pour les consoler : Encore un peu de temps; et Celui qui doit venir viendra et ne tardera point.

6. Les disciples étaient donc affligés, entourés de maux, et, comme des agneaux au milieu des loups, poursuivis et persécutés, vous l'avez vu. Ceux qui les instruisaient ne souffraient pas de moindres maux, mais des maux plus grands; car plus ils confondaient les ennemis de la foi, et plus ils en étaient tourmentés. L'Apôtre, à qui nous empruntions les précédentes citations, nous l'apprendra encore. Il écrivait aux Corinthiens : Nous prenons garde aussi nous-même de ne donner à personne aucun sujet de scandale, afin que notre ministère ne soit point déshonoré. Mais en toutes choses Nous nous montrons ministre de Dieu, par une grande patience dans les maux, dans les nécessités, dans les extrêmes afflictions, dans les plaies, dans les prisons, dans les séditions, dans les travaux, dans les veilles, dans les jeûnes. (II Cor, VI, 3, 6.) Vous voyez combien de maux il a comptés, que d'épreuves et, d’orages ! Il leur écrit encore : Sont-ils ministres de Jésus-Christ? quand je devrais passer pour imprudent, j'ose dire que je le suis plus qu'eux. (II Cor. XI, 23.) Ensuite, pour nous convaincre que le don des miracles est d'un moindre prix que la patience à souffrir pour Jésus-Christ, et faisant valoir sa qualité d'apôtre pour montrer qu'il vaut mieux que les autres, je ne dis point les autres apôtres, mais les faux apôtres, ce ne sont point ses miracles qu'il doue comme des preuves de sa supériorité, mais les continuels dangers où il a vécu. J'ai plus souffert de travaux, dit-il, plus reçu de coups, plus enduré de chaînes. Je me suis souvent vit tout près de la mort. J'ai reçu des Juifs, en cinq différentes fois, trente-neuf coups de fouet. J'ai été trois fois battu de verges, lapidé une fois; j'ai fait naufrage trois fois, j'ai passé un jour et une nuit au fond de la nier, j'ai été souvent exposé dans les voyages : périls sur les fleuves, périls des voleurs, périls de la part de ceux de ma nation, périls au milieu des villes, périls au milieu des déserts, périls sur la mer, périls entre les faux frères. Enfin j'ai souffert toute sorte de travaux et, de fatigues, les veilles fréquentes, la faim, la soif, les jeûnes réitérés, le froid, la nudité, et d'autres maux outre ces maux extérieurs. ( Ibid. 23, 29.) Telles sont les vraies marques de l'apostolat. Bien d'autres ont fait des prodiges et n'en ont tiré , d'autre fruit que d'entendre ces paroles : Retirez-vous, je ne vous connais pas, ouvriers d'iniquité! (Matth. VII, 23.) Ceux qui peuvent, comme Paul , énumérer leurs souffrances, n'entendront ces paroles, mais avec confiance ils monteront au ciel pour y jouir de tous les biens réservés. aux élus.

7. Mon discours vous semble long peut-être, mais soyez sans crainte, je n'oublie point ma promesse, et j'y reviens aussitôt. Ce n'est point sans dessein que je me suis étendu; c'est pour vous donner plus de preuves et rendre ma démonstration plus claire, et ensemble pour relever les âmes affligées, pour que chacun de ceux qui sont dans les tentations et les dangers emporte une consolation efficace, en sachant que ces souffrances le mettent en compagnie de Paul, et même du Christ , le Roi des anges. Car celui qui participe ici-bas à ses douleurs participera là haut à sa gloire : Si nous souffrons ensemble, dit-il, c'est pour être glorifiés ensemble (Rom. VIII, 17) ; et encore : Si nous supportons les mêmes maux, c'est pour partager la même couronne. (II Tim. II, 12.) (241) Il faut de toute nécessité que les fidèles soient éprouvés: Tous ceux qui voudront vivre dans la religion du Christ souffriront la persécution. (III Tim. III, 12.) Ailleurs il est écrit Mon fils, si tu veux servir Dieu, prépare ton âme à la tentation; sois juste et fort. (Eccl. II, 4.) — Voilà d'encourageantes promesses ! Tout d'abord les tentations! Est-ce donc une puissante exhortation, une sensible consolation, pour qui se consacre au service de Dieu, de trouver des dangers dès les premiers pas? Oui, c'en est une puissante, admirable, féconde. Et comment? Écoutez la suite : Comme on éprouve l'or dans le feu, de même Dieu éprouve ses élus au creuset de la tentation. (Eccl. II, 5.) Voici le sens de ces paroles : de même que l'or soumis au feu devient plus pur, de même l’âme éprouvée par les afflictions et les traverses du sort plus brillante et plus belle, et se purifie de toutes ces souillures du péché. C'est pourquoi Abraham disait au riche : Lazare a souffert, et ici il est consolé. (Luc, XVI, 25.) Et Paul écrit aux Corinthiens : C'est pour celte raison qu'il y a parmi vous beaucoup de faibles et de malades, beaucoup d'autres qui sommeillent. Car il est certain que si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas ainsi jugés de Dieu, et même lorsque nous sommes jugés de la sorte, c'est le Seigneur qui nous châtie, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde. (I Cor. XI, 30- 32.) Et s'il livre le fornicateur à la mortification de la chair, c'est afin que son âme soit sauvée (I Cor. V, 5); montrant ainsi que la tentation présente fait nôtre salut, et que les traverses, pour qui les supporte en rendant grâces à Dieu, sont la plus efficace purification de l'âme. Ainsi les fidèles étaient éprouvés; maîtres et disciples étaient exposés à mille dangers ; ils n'avaient point de trêve dans les guerres de toute espèce qu'ils soutenaient de tous côtés. — Mon discours l’a suffisamment montré; et après ce que j'ai dit, ceux qui se plaisent à l'étude des saintes Écritures y pourront trouver de nouvelles preuves.

8. Revenons enfin à notre sujet. Quel était-il? Pourquoi Paul a-t-il dit : ayant le même esprit de foi? C'est que les fidèles de ces temps étaient troublés de ne trouver que des maux dans la vie présente, et de ne voir de bonheur qu'en espérance ; des maux actuels, des espérances éloignées; d'un côté la réalité, de l'autre l’attente. Se faut-il étonner qu'au commencement de la prédication quelques âmes fussent découragées, lorsqu'aujourd'hui que la prédication s'est étendue sur toute la terre, qu'on a vu tant de preuves de la vérité des promesses de l'Évangile, tant de fidèles tombent néanmoins dans le découragement? Et ce  n'était point cette seule cause qui les jetait dans le trouble; il en était une autre tout aussi puissante. Laquelle? Ils faisaient réflexion que dans l'Ancien Testament les choses n'étaient point ainsi réglées, mais que les prix et les récompenses de la vertu ne se faisaient point attendre à ceux qui vivaient dans la justice et la sagesse. Ce n'était point après la résurrection, ni dans la vie future, mais dans la vie présente qu'ils voyaient s'accomplir les promesses de Dieu. Si vous aimez le Seigneur votre Dieu, dit l'Écriture; vous serez heureux. Dieu fera prospérer vos troupeaux de boeufs et de brebis; il n'y en aura point d'infécondes ni de stériles, vous n'aurez à craindre ni langueur, ni maladie. (Deut. VII, 13, 15.) Dieu enverra sa bénédiction sur vos greniers. (Deut. XXVIII, 8, 12.) Il ouvrira le ciel et vous enverra la pluie le matin et le soir. (Ibid. XI, 14.) Il y aura abondance de blé sur votre aire et de semence dans vos sillons. (Lévit. XXVI, 4, 5.) Et bien d'autres promesses encore, qu'il accomplissait dans la vie présente. Ceux qui ont quelque perspicacité peuvent déjà voir la solution. Ainsi la santé du corps, la fertilité de la terre, une nombreuse et sainte postérité, une vieillesse heureuse, des saisons bien réglées, l'abondance des moissons, l'opportunité des pluies, la fécondité des troupeaux de boeufs et de brebis, tous les biens enfin leur arrivaient en cette vie, ils n'avaient point à les espérer, à attendre le jour qu'ils quitteraient la terre. Les fidèles, songeant que leurs pères voyaient les biens naître sous leurs pas et qu'eux-mêmes devaient attendre la vie future pour recevoir les prix et les couronnes promises à leur foi, ils souffraient et se laissaient abattre par les maux où ils devaient . passer leur vie tout entière.

Paul voyant leur découragement et les maux terribles qui le devaient suivre, qu'aux uns Dieu avait promis après la mort le prix de leurs travaux, et qu'aux autres il avait accordé leur récompense dans la vie présente; prévoyant que ces pensées les jetteraient dans le relâchement, il veut ranimer leur zèle et leur enseigner qu'au temps de leurs pères les choses étaient réglées comme elles sont aujourd'hui, (242) et que beaucoup d'hommes alors furent récompensés en espérance et non par la réalité. C'est pourquoi il leur cite la parole du prophète : J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé. En effet, la foi se rapporte aux choses qu'on espère et non à celles qu'on voit, car ce qu'on voit, on ne saurait l'espérer. Or, si le prophète croyait aux choses qu'il espérait , et si ce qu'on espère on ne le voit point, il s'ensuit qu'il n'avait point encore en sa possession lesbiens auxquels il croyait. Voilà pourquoi Paul a dit: Parce que nous avons le même esprit de foi, c'est-à-dire, la même foi que celle de l'Ancien Testament. Il dit ailleurs, en parlant des saints de ces temps: Ils étaient vagabonds, couverts de peaux de brebis et de peaux de chèvres, abandonnés, affligés, persécutés, eux dont le monde n'était pas digne. (Hébr. XI, 37, 38.) Et pour nous enseigner qu'ils supportèrent tous les maux sans en recevoir la récompense, il dit: Tous sont morts dans la foi, sans avoir reçu l'effet des promesses de Dieu, mais seulement. les ayant vues et saluées de loin. (Hébr. XI,13.) Mais comment outils pu voir ce qui n'était point accompli? Avec les regards de la foi, qui pénètrent dans le ciel et contemplent tout ce qu'il renferme.

9. Considérez la sagesse de Dieu ! il leur montre de loin les récompenses, et ne les leur donne point sur-le-champ, afin d'exercer leur patience ; mas il les leur montre de loin , afin que, soutenus par cet espoir, ils supportent, sans même les sentir, les maux de la vie présente.

Peut-être les plus attentifs d'entre vous nous accuseront-ils de contradiction. Si nos pères eux-mêmes, diront-ils, ne recevaient pas sur-le-champ les prix et les récompenses, pourquoi nous avez-vous si longuement énuméré les saisons bien réglées, la santé du corps, une nombreuse et sainte postérité, l'abondance des moissons et des fruits de la terre , la fécondité des troupeaux de boeufs et- de brebis, tous les biens de la vie? Que répondrai-je à ces paroles? Que Dieu, dans ce temps, traitait le vulgaire et le peuple, encore mal affermi dans le bien, autrement que ces âmes nobles et qui s'étaient par avance initiées à la philosophie du Nouveau Testament. A la multitude qui rampait à terre, dont les yeux ne noyaient point ce qui est grand, et qui ne pouvaient élever leur âme a jouir en espérance des biens à venir, il promettait les biens de la vie présente pour soutenir leur faiblesse, pour les conduire à pratiquer la vertu et à aimer le bien. Mais Elie, Elisée, Jérémie, Isaïe, et tous les prophètes en un mot, et tous ceux qui appartenaient au choeur des saints et des forts, il les appelait au ciel et au partage des biens qu'il y réserve aux élus. Aussi, Paul n'a-t-il point parlé de tous les hommes. Il a cité ceux qui voyageaient couverts de peaux de brebis et de chèvres, ceux qui périssaient dans. les fournaises, dans les prisons, sur les chevalets, sous les pierres, par la faim et fa misère, ceux qui vivaient dans les' déserts, dans les cavernes, dans les souterrains , et qui souffraient mille maux. Ce sont ces hommes qu'il dit être morts dans l'espérance et sans avoir vu se réa lise r les promesses de Dieu : il ne parle point du commun des Juifs, mais des hommes qui ressemblaient à Elie.

Et si l'on demande pourquoi ces hommes n'ont point encore reçu les couronnes qu'ils méritent, Paul nous répondra. Après avoir dit : Tous ces hommes sont morts dans la, foi, sans avoir reçu l'objet des promesses de Dieu , il ajoute: Dieu ayant voulu, par une faveur singulière, qu'il nous a faite, qu'ils ne reçussent qu'avec nous l'accomplissement de leur bonheur. (Hébr. XI, 13, 40.) C'est une fête commune et plus joyeuse, dit l'Apôtre, que celle qui nous réunit tous dans le triomphe. De même aux jeux olympiques, les athlètes de la lutte, du pugilat, du pancrace , soutiennent leurs combats en divers temps, et tous les vainqueurs sont proclamés ensemble; de même dans les festins, quand certains convives viennent de meilleure heure et que d'autres tardent, l'hôte, pour faire honneur aux absents, prie ceux qui sont arrivés d'attendre un moment ceux qui manquent. C'est aussi ce que fait Dieu. Il a invité à une fête commune et spirituelle les justes qui ont vécu en divers temps dans toute la terre, et il veut que les premiers arrivés attendent ceux qui doivent venir après eux, pour les rassembler tous et leur faire partager le même honneur et la même joie.

10. Quel surcroît d'honneur ! Paul et les saints de son temps; Abraham et les hommes de son âge; tous ceux qui, tant de siècles avant lui ont lutté et vaincu, assis au ciel, et attendant que nous y soyons appelés ! Car Paul n'a point encore reçu sa couronne, ni aucun de ceux qui, depuis le commencement du monde ont été élus de Dieu, et ils ne la recevront point que tous ceux qui doivent être couronnés ne soient arrivés au ciel. Ecoutez les paroles de (243) Paul: J'ai bien combattu, j'ai achevé ma course; j'ai gardé la foi. Il ne me reste plus qu'à attendre la couronne de justice qui m'est réservée, et que le Seigneur me donnera comme un juge équitable. Quand? Au jour du jugement, en même temps qu'à tous ceux qui aiment son avènement. (II Tim. IV, 7, 8.) Et ailleurs, pour nous marquer que ces biens seront donnés le  même jour à tous les justes, il dit aux Thessaloniciens : Il est bien juste devant Dieu qu'il afflige à leur tour ceux qui vous affligent maintenant et qu'il vous console avec nous, vous qui êtes dans l'affliction. (II Thessal. I, 6, 7.) Et ailleurs encore: Nous qui vivons et qui sommes réservés pour l'avènement du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui sont déjà dans le sommeil de la mort. (I Thess. IV, 15.) Par toutes ces paroles, il nous apprend que nous recevrons tous ensemble et en commun les honneurs célestes, Cela même est pour les premiers arrivés une joie nouvelle, de jouir de ces indicibles biens avec ceux qui sont leurs propres membres. Un père, assis à une table riche et splendide, ressent plus de bonheur quand tous ses enfants partagent son bonheur et sa richesse. Ainsi, Paul et tous les saints qui vécurent en son temps , jouiront d'une félicité plus grande quand ils verront leurs membres la goûter avec eux. Car les pères ont moins d'amour pour leurs enfants que n'en ont les saints pour les hommes qui les ont suivis dans la voie de la vertu. Pour être au nombre de ceux qui seront honorés en ce jour, efforçons-nous d'imiter les saints. Et comment, dites-vous, pourrons-nous y arriver? qui nous montrera la route? Le Maître de ces saints; il nous enseigne non-seulement à les imiter, tuais encore le moyen de devenir leurs compagnons dans leur céleste demeure. Faites-vous des amis, dit-il, avec les trésors d'iniquité, afin que lorsque vous viendrez à manquer, ils vous reçoivent dans les demeures éternelles. (Luc, XIV, 9.) Il a bien dit Eternelles. Car eussiez-vous en ce monde un splendide palais, il faut qu'il périsse de vétusté. Et avant qu'il tombe en ruines sous l'effort du temps, la mort surviendra qui vous chassera de cette somptueuse demeure ; et avant la mort peut-être, les malheurs, les attaques des calomniateurs, les embûches des ennemis vous en feront sortir. Mais là-haut, vous n'aurez rien à craindre, ni la mort, ni la ruine, ni les calomniateurs, ni les autres fléaux: vous habiterez une demeure impérissable, immortelle. Voilà pourquoi Paul l'appelle immortelle : Faites-vous, dit Jésus, des amis avec les trésors d'iniquité.

11. Admirez toute la bonté du Maître, son humanité, sa douceur. Ce n'est point sans dessein qu'il a prononcé ces paroles; mais voyant que bien des riches ne doivent leurs trésors qu'à la fraude et à la rapine, il ne fallait point, dit-il, amasser des biens par le crime; mais puisque tu les as amassés injustement, mets un terme à tes vols et à tes rapines, et sers-toi pour le bien des trésors que tu possèdes. Je ne te dis point d'être à la fois nique et miséricordieux; je te conseille de te départir de ton avidité et d'employer tes biens eu aumônes et en bonnes oeuvres. Car celui qui ne met point fin à ses rapines ne saurait faire une fructueuse aumône. Jetterait-il d'innombrables richesses dans les mains des pauvres, s'il vole celles des autres et satisfait son avidité, il sera traité par Dieu à l'égal des homicides. Il faut donc qu'il renonce à son amour de l'or avant de secourir les malheureux. Oui, la puissance de l'aumône est grande. Je vous en ai parlé dans un précédent entretien, je vous en parlerai aujourd'hui encore. Mais que nul d'entre ceux qui m'écoutent ne prenne cette insistance pour une accusation. Dans les luttes, les spectateurs excitent ceux d'entre les coureurs qu'ils voient près d'atteindre le prix, ceux qui ont le plus d'espoir de vaincre. Ainsi fais-je moi-même. Je vois que vous écoutez toujours avec une attention nouvelle ce que je vous dis sur l'aumône, c'est pourquoi je m'étends d'autant plus volontiers sur ce sujet. Les pauvres sont les. médecins de nos âmes, nos bienfaiteurs, nôs protecteurs. En effet, vous leur donnez moins que vous ne recevez d'eux; vous leur donnez .de l'argent, et vous recevez le royaume des cieux; vous éloignez d'eux la pauvreté et vous vous réconciliez le Seigneur. Voyez -vous que t'échange n'est point égal? Les biens que vous donnez sont terrestres, ceux que vous recevez sont célestes : les uns passent, les autres demeurent; les uns périssent, les autres soit à .l'abri de tout accident. Vos pères ont placé les pauvres à la porte des ég lise s, afin que les plus durs et les plus inhumains, à la vue des pauvres, fassent un retour sur eux-mêmes et soient portés à l'aumône. En présence d'une foule de vieillards courbés par l'âge, couverts de misérables haillons appuyés sur des bâtons et se (244) soutenant à peine, aveugles souvent et estropiés de tous leurs membres , quel coeur de pierre ou d'airain serait insensible à leur vieillesse, à leur faiblesse, à leurs infirmités, à leur pauvreté, à leur méchant vêtement, en un mot, à ce spectacle de pitié, et ne se sentirait fléchir? Voilà pourquoi ils se tiennent à nos portes, où leur aspect, plus puissant que toutes les paroles, entraîne et provoque à la pitié ceux qui en franchissent le seuil. De même qu'il est établi par la loi qu'il doit y avoir des fontaines devant les oratoires, afin de purifier ses. mains avant de les lever vers Dieu, les pauvres furent placés comme les fontaines, devant les portes des ég lise s, afin que nous puissions purifier nos âmes par la charité, de même que nous purifions nos mains par l'eau, avant d'adresser à Dieu nos prières.

12. Car l'eau a moins de puissance pour laver les taches du corps que l'aumône pour effacer les souillures de l'âme: Vous n'osez point aller prier sans avoir lavé vos mains; ce serait cependant une faute assez légère; de même n'allez jamais prier sans avoir fait l'aumône. Quoique nos mains soient pures, nous ne les levons jamais vers Dieu sans les avoir lavées, car telle est la coutume établie ; faisons de même . pour l'aumône. N'aurions-nous conscience d'aucune faute grave , purifions cependant notre âme par l'aumône. La, place publique vous a fait tomber dans plusieurs fautes; un ennemi vous a irrité ; un juge vous a forcé de faire quelque action peu honnête ; vous avez dit des paroles déplacées; pour ménager un ami vous avez fait quelque injustice, votre âme enfin a reçu ces souillures qu'un homme doit recevoir quand il vit sur la place publique, siégeant aux jugements, administrant les affaires de la cité; c'est pour toutes ces fautes que vous allez prier Dieu et implorer son pardon. Versez donc l'aumône aux mains des pauvres, purifiez-vous de vos souillures, afin d'invoquer avec confiance celui qui peut vous remettre vos péchés. Si volis vous habituez à ne franchir jamais ce seuil sacré sans avoir fait l'aumône, bon gré mal gré vous accomplirez toujours cette bonne oeuvre. Telle est la force de l'habitude ! de même que jamais vous n'allez prier sans avoir lavé vos mains, parce que vous en avez n ne fois pris l'habitude; de même, si vous vous imposez la loi de l'aumône, bon gré mal gré vous la pratiquerez tous les jours, par la force de l'habitude.

La prière est un feu, surtout quand elle sort de l'âme de celui qui veille et qui jeûne. Mais ce feu a besoin d'huile pour s'élever jusqu'aux hauteurs du ciel; l'huile qui l'entretiendra n'est autre chose que l'aumône : versez donc l'huile en abondance, afin que, dans l'allégresse de cette bonne oeuvre, vous adressiez à Dieu vos prières avec plus de confiance et d'ardeur. De même que ceux qui n'ont conscience d'aucune bonne action ne peuvent pas même prier avec confiance, de même ceux qui, après avoir fait le bien, s'en,vont prier, heureux du souvenir de leurs bonnes oeuvres, offrent à. Dieu leur prière avec plus d'ardeur. Afin donc que nos prières soient plus efficaces, pour que notre âme ne soit excitée par le souvenir du bien que nous aurons fait, donnons l'aumône avant la prière. Souvenez-vous exactement de toutes mes paroles, et surtout retenez toujours l'image que je vous ai présentée en disant crue les pauvres, à la porte de nos ég lise s, font pour notre âme le même office que les fontaines pour notre corps. Si nous gardons toujours ce souvenir, si nous purifions nos âmes, nous pourrons adresser à Dieu des prières pures; nous aurons ainsi la paix devant Dieu, et nous obtiendrons le royaume des cieux, par la grâce et la bonté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui appartiennent la puissance et la gloire, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 

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