AVANT-PROPOS
DE LA SAINTE
Des raisons qui ont porté la sainte à
établir une observance si étroite dans le monastere de S
Joseph D' Avila.
Que les religieuses ne doivent
point se mettre en peine de leurs besoins temporels. Des avantages qui
se rencontrent dans la pauvreté. Contre les grands bastimens.
La sainte exhorte ses religieuses
à prier continuellement Dieu pour ceux qui travaillent pour l' eglise.
Combien ils doivent estre parfaits. Priere de la sainte à Dieu pour
eux.
La sainte exhorte ses religieuses
à l' observation de leur regle. Que les religieuses doivent extremement
s' entr' aimer. Eviter avec grand soin toutes singularitez et partialitez.
De quelle sorte on se doit aimer. Des confesseurs. Et qu' il en faut changer
lors qu' on remarque en eux de la vanité.
Suite du mesme sujet. Combien
il importe que les confesseurs soient sçavans. En quels cas on en
peut changer. Et de l' autorité des superieurs.
De l' amour spirituel que l'
on doit avoir pour Dieu, et pour ceux qui peuvent contribuer à nostre
salut.
Des qualitez admirables de l' amour
spirituel que les personnes saintes ont pour les ames à qui Dieu
les lie. Quel bonheur c' est que d' avoir part à leur amitié.
De la compassion que mesme les ames les plus parfaites doivent avoir pour
les foiblesses d' autruy. Divers avis touchant la maniere dont les religieuses
se doivent conduire. Et avec quelle promtitude et severité il faut
reprimer les desirs d' honneur et de préference.
Qu' il importe de tout de se
détacher de tout pour ne s' attacher qu' à Dieu. De l' extreme
bonheur de la vocation religieuse. Humilité de la sainte sur ce
sujet. Qu' une religieuse ne doit point estre attachée à
ses parens.
Combien il est utile de se
détacher de la trop grande affection de ses proches. Et que l' on
reçoit plus d' assistance des amis que Dieu donne que l' on n' en
reçoit de ses parens.
Qu' il ne suffit pas de se détacher de
ses proches si on ne se détache de soy-mesme par la mortification.
Que cette vertu est jointe à celle de l' humilité. Qu' il
ne faut pas preferer les penitences que l' on choisit à celles qui
sont d' obligation, ny se flater dans celles que l' on doit faire.
Ne se plaindre pour de legeres
indispositions. Souffrir les grands maux avec patience. Ne point apprehender
la mort : et quel bon-heur c' est que d' assujettir le corps à l'
esprit.
De la necessité de la
mortification interieure. Qu' il faut mépriser la vie ; et assujetir
nostre volonté. Quelle imperfection c' est que d' affecter les preéminences
et remede pour n' y pas tomber. Il faut passer à d' autres choses,
qui bien qu' elles semblent peu importantes le sont beaucoup.
Suite du discours de la mortification.
Combien il importe de déraciner promtement une mauvaise coûtume,
et fuïr le desir d' estre estimé. Qu' il ne faut pas se haster
de recevoir les religieuses à faire profession.
Bien examiner la vocation des
filles qui se presentent pour estre religieuses. Se rendre plus facile
à recevoir celles qui ont de l' esprit. Et renvoyer celles qui ne
sont pas propres à la religion sans s' arrester à ce que
le monde peut dire.
Du grand bien que c' est de
ne se point excuser encore que l' on soit repris sans sujet.
De l' humilité. De la
contemplation. Que Dieu en donne tout d' un coup à certaines ames
une connoissance passagere. De l' application continuelle que l' on doit
avoir à Dieu. Qu' il faut aspirer à ce qui est le plus parfait.
Que toutes les ames ne sont
pas propres pour la contemplation. Que quelques-unes y arrivent tard, et
que d' autres ne peuvent prier que vocalement. Mais que celles qui sont
veritablement humbles se doivent contenter de marcher dans le chemin par
lequel il plait à Dieu de les conduire.
Des souffrances des contemplatifs.
Qu' il faut toûjours se tenir prest à executer les ordres
de Dieu. Et du merite de l' obeïssance.
De l' oraison qui se fait en
meditant. De ceux dont l' esprit s' égare dans l' oraison. La contemplation
est comme une source d' eau vive. Trois proprietez de l' eau comparées
aux effets de l' union de l' ame avec Dieu dans la contemplation. Que cette
union est quelquefois telle qu' elle cause la mort du corps. Ce qu' il
faut tascher de faire en ces rencontres.
Qu' il y a divers chemins pour arriver
à cette divine source de l' oraison : et qu' il ne faut jamais se
décourager d' y marcher. Du zele que l' on doit avoir pour le salut
des ames. En quel cas une religieuse peut témoigner de la tendresse
dans l' amitié : et quels doivent estre ses entretiens.
Que dans le chemin de l' oraison
rien ne doit empescher de marcher toûjours. Mépriser toutes
les craintes qu' on veut donner des difficultez et des perils qui s' y
rencontrent. Que quelquefois une ou deux personnes suscitées de
Dieu pour faire connoistre la verité prévalent pardessus
plusieurs autres unies ensemble pour l' obscurcir et pour la combatre.
De l' oraison mentale. Qu'
elle doit toûjours estre jointe à la vocale. Des perfections
infinies de Dieu. Comparaison du mariage avec l' union de l' ame avec Dieu.
Trois raisons pour montrer
que quand on commence à s' adonner à l' oraison il faut avoir
un ferme dessein de continuer. Des assistances que Dieu donne à
ceux qui sont dans ce dessein.
De quelle sorte il faut faire
l' oraison vocale pour la faire parfaitement. Et comment la mentale s'
y rencontre jointe : sur quoy la sainte commence à parler du pater
noster.
Qu' on peut passer en un instant
de l' oraison vocale à la contemplation parfaite. Difference entre
la contemplation et l' oraison qui n' est que mentale. Et en quoy cette
derniere consiste. Dieu seul dans la contemplation opere en nous.
Des moyens de recueillir ses
pensées pour tascher de joindre l' oraison mentale à la vocale.
Sur ces paroles du pater :
nostre pere qui estes dans les cieux. Et combien il importe à celles
qui veulent estre les veritables filles de Dieu de ne point faire cas de
leur noblesse.
La sainte continuë à expliquer ces
paroles de l' oraison dominicale : nostre pere qui estes dans les cieux.
Et traite de l' oraison de recueillement.
La sainte continuë dans
ce chapitre à traiter de l' oraison de recueillement.
Comme il importe de sçavoir
ce que l' on demande par ces paroles du pater : que vostre nom soit sanctifié.
Application de ces paroles à l' oraison de quietude que la sainte
commence d' expliquer, et montre que l' on passe quelquefois tout d' un
coup de l' oraison vocale à cette oraison de quietude.
De l' oraison de quietude qui
est la pure contemplation. Avis sur ce sujet. Difference qui se trouve
entre cette oraison et l' oraison d' union, laquelle la sainte explique.
Puis revient à l' oraison de quietude.
Sur ces paroles du pater :
vostre volonté soit faite en la terre comme au ciel. La sainte reparle
sur ce sujet de la contemplation parfaite qui est l' oraison d' union.
Ce qui se nomme aussi ravissement.
Du besoin que nous avons que
nostre seigneur nous accorde ce que nous luy demandons par ces paroles
: donnez-nous aujourd' huy le pain dont nous avons besoin en chaque jour.
Suite de l' explication de
ces paroles du pater : donnez-nous aujourd' huy le pain dont nous avons
besoin en chaque jour. Des effets que la sainte eucharistie qui est le
veritable pain des ames, opere en ceux qui la reçoivent dignement.
La sainte continuë à
parler de l' oraison de recueillement. Et puis adresse sa parole au pere
eternel.
Sur ces paroles du pater :
et pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui
nous ont offensé. Surquoy la sainte s' étend fort à
faire voir quelle folie c' est que de s' arrester à des pointilles
d' honneur dans les monasteres.
De l' excellence de l' oraison
du pater, et des avantages qui se rencontrent dans cette sainte priere.
on ne sçauroit trop rendre graces à Dieu de la sublime perfection
qui se rencontre dans cette priere evangelique qui nous a esté enseignée
par un maistre si sçavant et si admirable.
Sur ces paroles du pater :
et ne nous laissez pas succomber à la tentation ; mais délivrez-nous
du mal. et que les parfaits ne demandent point à Dieu d' estre délivrez
de leurs peines. Divers moyens dont le démon se sert pour tenter
les personnes religieuses. et de l' humilité, de la patience, et
de la pauvreté. puisque nous faisons ces demandes nous avons sujet
de croire qu' elles nous sont fort importantes.
Avis pour resister à
diverses tentations du démon, et particulierement aux fausses humilitez,
aux penitences indiscretes, et à la confiance de nous-mesmes qu'
il nous inspire.
Que l' amour et la crainte de Dieu joints ensemble
sont un puissant remede pour resister aux tentations du démon. Quel
sera à la mort, le malheur de ceux qui n' auront pas aimé
Dieu, et le bonheur de ceux qui l' auront aimé.
Continuation du discours de
la crainte de Dieu. qu' il faut éviter avec soin les pechez veniels
dont il y a deux sortes. Que lors qu' on est affermy dans la crainte de
Dieu on doit agir avec une sainte liberté, et se rendre agreable
à ceux avec qui l' on a à vivre : ce qui est utile en plusieurs
manieres.
Sur ces dernieres paroles du
pater : mais délivrez-nous du mal.
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