SERMON LXVI
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SERMON LXVI. Erreurs des hérétiques touchant le mariage, le baptême des enfants, le purgatoire, les prières pour les défunts, l'invocation des saints.

 

1. « Prenez-nous les petits renards qui ravagent les vignes (Cant. II, 15). » Me voici pour prendre ces renards. Ce sont ceux qui quittent le chemin et ravagent la vigne, non contents de quitter le chemin, ils font de la vigne un désert par une honteuse prévarication. Il ne leur suffit pas d'être hérétiques, il faut encore qu'ils soient aussi hypocrites, pour combler la mesure de leurs péchés. Ils viennent revêtus

 

a Saint Bernard traite de même « d'inepties, » les erreurs d'Abélard, dans la lettre CLXX, n. 1. Il emploie le même mot « ineptie » dans le même sens dans le sermon  suivant n. 4. L'Église de Lyon a fait usage du même terme dans son livre contre les inepties et contre les erreurs de  Jean Scott.

 

de la peau de brebis, pour dépouiller les brebis de leur toison et les béliers de leur laine. Ne vous semble-t-il pas que c'est ce qu'ils ont fait, en ôtant, d'un côté, la foi aux peuples, et de l'autre en leur ravissant les prêtres? Qui sont ces larrons? Ce sont des brebis en apparence, des renards en finesse, des loups eu cruauté. Ce sont des hommes qui veulent paraître bons, et ne l’être pas; ne point paraître méchants, et l'être. Ils sont méchants et veulent qu'on les croie bons, de peur qu'ils ne soient seuls méchants. Et ils craignent de paraître méchants, de peur dé ne point l'être assez. Car la malice ouverte a toujours été moins dangereuse, et un homme de bien n'a jamais été trompé que par l'apparence du bien. Ils s'étudient donc à paraître bons, pour perdre les bons, et ne veulent point paraître méchants, afin de l'être encore davantage. Car ils ne se soucient pas de cultiver les vertus, ils ont soin seulement de colorer les vices de l'apparence des vertus. Ils voilent du nom de religion une superstition impie, ils mettent l'innocence de ne point faire de tort ouvertement, et ainsi ils ne prennent pour eux que l'extérieur de l'innocence pour couvrir leurs infamies, ils font voeu de chasteté. Ils croient qu'il n'y a d'impureté que dans le mariage ; au lieu qu'il n'y a que le mariage qui exempte d'impureté les actions de la chair. Ce sont des rustres, des ignorants et des gens méprisables, mais néanmoins on ne doit pas les négliger ; car ils font beaucoup de mal à l'Eglise, et leurs discours gagnent et se glissent comme un chancre.

2. Aussi le Saint-Esprit ne les a-t-il pas négligés, puisqu'il a parlé d'eux il y a longtemps en ces termes (2 Tim. IV, 1). « Le Saint-Esprit dit clairement, que dans les derniers temps, quelques-uns s'écarteront de la foi, pour suivre l'esprit d'erreur, et la science des démons; qu'ils seront menteurs et hypocrites; que leur conduite sera toute corrompue; qu'ils défendront de se marier, et de manger des viandes que Dieu a créées pour s'en nourrir avec actions de grâces. » C'est sans doute de nos hérétiques qu'il parlait ainsi, car ils ne veulent pas qu'on se marie, et ils s'abstiennent des viandes que Dieu a créées, comme je le dirai plus tard. Et voyez si ce n'est pas là plutôt une illusion de démons que d'hommes, selon que l'a prédit le Saint-Esprit? Demandez-leur l'auteur de leur secte, ils ne vous le nommeront point ; et quelle est l'hérésie qui n'ait eu son hérésiarque parmi les hommes. Les Manichéens ont eu Manès pour chef et pour maître ; les Sabelliens, Sabellius ; les Ariens, Arius ; les Eunomiens, Eunomius; les Nestoriens, Nestorius, et ainsi des autres pestes qui ont eu chacune pour maîtres des hommes dont ils ont tiré leur origine et leur nom. Mais quel nom ou quel titre donnerez-vous à ceux-ci? L'on ne saurait leur en donner aucun (a), parce que leur hérésie ne vint

 

a Je ne pense pas que saint Bernard se fût exprimé ainsi, si ces hérétiques de Cologne avaient eu Henri pour chef, et eussent été des Henriciens. Il est vrai que les doctrines des Henriciens et celles des hérétiques de Cologne étaient pareilles, comme on peut s'en convaincre en relisant la lettre CCXL. Evervin signale deux sortes de Coloniens, distinction que saint Bernard indique à peine à la fin de son sermon précédent.

 

pas d'un homme, et qu'ils ne l'ont pas reçue d'un homme. A Dieu ne plaise que nous disions qu'ils l'aient reçue par la révélation de Jésus-Christ (Tim. IV) ; ils l'ont plutôt et certainement reçue, comme l'Esprit-Saint l'a prédit, par les suggestions et l'artifice des démons menteurs et hypocrites qui défendent le mariage.

3. Ils parlent avec hypocrisie, et c'est la finesse du renard qui les porte à feindre de dire, par amour de la chasteté, des choses qu'ils n'ont trouvées, en effet, que pour fomenter et multiplier davantage l'impudicité. Il est si visible que telle est leur intention, que je m'étonne qu'ils aient jamais pu faire croire ce qu'ils disent d, un chrétien, à moins qu'il ne soit si stupide qu'il ne voie pas que celui qui condamne le mariage, lâche la bride à toute sorte d'impuretés, ou qu'il soit si plein de malice et si possédé de la malignité du démon, que le voyant il fasse comme s'il ne le voyait pas, et se réjouisse de la perte des hommes. Otez de l'Eglise le mariage, qui est honorable et sans souillure, ne la remplissez-vous pas de concubinaires. d'incestueux, d'onanistes, d'impudiques, de sodomites, et de toutes sortes de personnes infâmes. Choisissez donc de deux choses l'une, ou tous ces monstres sont sauvés, ou tous ceux qui le doivent être sont réduits an petit nombre de ceux qui gardent la continence ; d'un côté vous accordez trop peu, et de l'autre vous accordez trop. Ni l'un ni l'autre ne conviennent au Sauveur; dites-vous que l'impudicité sera couronnée, rien ne sied moins à l'auteur de la chasteté. Si vous damnez tout le monde, hormis le petit nombre des continents, c'est détruire le Sauveur. La continence est rare sur la terre, et ce n'est pas pour si peu d'hommes que cette plénitude souveraine de grâces s'est anéantie. Et comment avons-nous tous participé à cette plénitude, si elle n'a fait part d'elle-même qu'aux seuls continents? Ils n'ont rien à répondre à cela, non plus qu'à ceci, je crois. S'il n'y a place dans le ciel que pour l'honnêteté, et qu'il n'y ait point de commerce entre l’honnêteté et l'impureté, comme il  n’y a point de rapport entre la lumière et les ténèbres, il est indubitable que nul impur n'y entrera. Si quelqu'un est dans un autre sentiment (Gal. V, 21), l'Apôtre le convaincra d'erreur en disant nettement : « Que ceux qui commettent de telles actions ne posséderont point le royaume de Dieu. » Par où ce renard artificieux s'échappera-t-il maintenant de son trou ? Je crois qu’il est pris dans la tannière, où il s'est fait comme deux trous, l'un pour entrer et l'autre pour sortir. Car il a coutume d'user de ce stratagème. Voyez donc comment nous lui fermerons l'un et l'autre passage. S'il ne met dans le ciel que les continents, le salut périt pour la plus grande partie. S'il y met tous les impurs avec les continents, l'honnêteté périt. Mais il est plus juste de dire qu'il périt lui-même, puisqu'il ne peut sortir par aucun endroit et se trouve enfermé pour toujours, et pris dans la fosse qu'il a creusée, pour y faire tomber les autres.

4. Quelques-uns d'entre eux, qui ne sont pas d'accord en ce point avec les autres, disent, que le mariage est permis, mais seulement entre personnes vierges. Mais je ne vois pas quelle raison ils peuvent apporter pour appuyer cette distinction, si ce n'est que chacun d'eux, comme une vipère, entreprenne, selon sa fantaisie, de déchirer à l'envi les sacrements de l'Eglise qui sont les entrailles de leur mère. En effet, quant à se qu'ils allèguent, que nos premiers parents étaient vierges lorsqu'ils furent mariés ensemble, en quoi, je vous prie, cela peut-il préjudicier à la liberté du mariage, et empêcher qu'il ne se puisse contracter entre d'autres qu'entre des vierges ? Mais je ne sais quelle parole ils murmurent et qu'ils ont trouvée dans l'Évangile qu'ils s'imaginent favoriser leur extravagance. Je crois que c'est le mot que Notre-Seigneur dit, après avoir rapporté ces paroles de la Genèse : «Dieu créa l'homme à son image et à sa ressemblance (Gen. I, 27). il les créa mâle et femelle (Matth. X, 40). » Car il en conclut. « Que l'homme ne doit pas séparer ce que Dieu a joint. » Dieu, disent-ils, les a joints ensemble, parce qu'ils étaient tous deux vierges, et n'est plus permis de les séparer, or toute union d'une autre sorte n'est point selon Dieu. Qui vous a dit que Dieu les a joints ensemble parce qu'ils étaient vierges ? L'Écriture n'en parle point. Mais n'étaient-ils pas vierges, disent-ils? Il est vrai, mais ce n'est pas la même chose qu'ils aient été unis vierges, et qu'ils l'aient été parce qu'ils étaient vierges. Encore ne trouverez-vous pas qu'il soit marqué empressément qu'ils étaient vierges, bien qu'ils le fussent. Ce qui est exprimé, c'est la différence des sexes, non pas la virginité, lorsqu'il est dit, « Il les créa mâle et femelle. » Et c'est avec raison. Car l'union du mariage ne demande pas nécessairement l'intégrité des corps, mais la différence du sexe. C'est donc avec raison que le Saint-Esprit, en instituant le mariage, a exprimé le sexe, sans parler de la virginité, de peur de donner occasion à ces petits renards malicieux d'en abuser, ce qu'ils auraient été bien aises de faire, quoique en vain. Car quand il aurait dit que Dieu les créa vierges, pourriez-vous en inférer qu'il n'est permis qu'aux seuls vierges de se marier; et pourtant combien cela seul vous aurait-il fait triompher? Comme vous auriez rejeté les secondes et les troisième noces? Comme vous auriez insulté à l'Église catholique qui marie ensemble, d'autant plus volontiers les personnes débauchées, qu'elle ne doute point que ce soit le moyen de les faire passer d'un état honteux à un état honnête? Peut-être même blâmeriez-vous Dieu d'avoir commandé à un prophète d'épouser une femme publique (Ozee. I, 2). Mais pour le moment vous n'en avez pas sujet, et vous prenez plaisir à être hérétique gratuitement. Car le témoignage sur lequel vous vous appuyez pour établir votre erreur sert plutôt à la détruire; non seulement il ne fait rien pour vous, mais même il fait beaucoup contre vous.

5. Mais maintenant écoutez ce qui doit vous confondre, ou vous corriger entièrement, et qui renverse et détruit tout-à-fait, votre hérésie « Une femme, tant que son mari est en vie, est liée à son mari ; mais lorsqu'il vient à mourir, elle est dégagée de ce lien, et peut se marier à qui il lui plaira, pourvu qu'elle le fasse dans la vue du Seigneur ( I Cor. VII, 36). » C'est saint Paul qui permet à une veuve de se marier à qui elle veut: et vous, au contraire, vous voulez absolument qu'il n'y ait que les vierges qui se marient, et que ce ne soit qu'à une vierge, en sorte que vous leur ôtez même la liberté de se marier à qui il leur plaît. Pourquoi restreignez-vous la main de Dieu? Pourquoi restreignez-vous la bénédiction si abondante du mariage ? Pourquoi n'accordez-vous qu'à la vierge ce qui est accordé au sexe ? Saint Paul ne le permettrait pas si ce n'était licite. C'est trop peu quand je dis qu'il le permet, il le veut, « Je veux, dit-il, que celles qui sont jeunes se marient (I Tim, V, 14). » Et il n'y a point de doute qu'il parlait des veuves. Qu'y a-t-il de plus clair? Ce qu'il accorde donc, parce que c'est permis, il le veut parce que c'est utile. Un hérétique défendra ce qui est permis et utile ? Il ne persuadera rien par cette défense, sinon qu'il est hérétique.

6. Il faut encore que nous les battions un peu sur le reste de la prophétie rapportée par l'Apôtre (I Tim VI, 3). Car ils s'abstiennent, suivant le même apôtre, des viandes que Dieu a créées pour que nous nous en nourrissions avec actions de grâces. Et ils font voir encore par-là qu'ils sont hérétiques, non parce qu'ils ne mangent pas de ces viandes, mais parce qu'ils s'en abstiennent dans un esprit hérétique. Je m'abstiens aussi quelquefois de manger, mais je m'abstiens afin de satisfaire pour mes péchés, non pas dans une pensée de superstition impie. Blâmerons-nous saint Paul de châtier son corps et de le réduire en servitude (I Cor, IX, 17) ? Je m'abstiens du vin, parce qu'il porte à l'impureté (Ephes. V, 18) , ou si je suis faible, j'en use un peu, selon le conseil de l'Apôtre (Tim. V, 23). Je m'abstiens aussi de manger de la viande, de peur qu'en nourrissant trop ma chair, je ne nourrisse en même temps en moi les vices de la chair. Je prends même du pain avec mesure, de crainte qu'ayant le ventre plein, je ne devienne lâche à prier Dieu, et que le Prophète ne me reproche de m'être rassasié de pain (Ezech. XVI, 49). Je me garde même ordinairement de boire de l'eau pure à discrétion, de peur que cela n'excite en moi des            mouvements déshonnêtes. Il n'en est pas ainsi d'un hérétique. Il abhorre le lait et tout ce qui est lait, de même que tout ce qui vient de l'union de deux êtres. C'est fort bien fait, c'est chrétiennement fait, si l'on s'abstient de cette nourriture, non parce qu'elle vient de l'union des sexes, mais de peur qu'elle nous provoque à l'impureté.

7. Mais d'où vient qu'ils évitent ainsi tout ce qui vient de la génération? Cette observation si particulière des viandes m'est suspecte. Si c'est par régime et par l'ordonnance des médecins que vous le faites, nous ne blâmons point le soin qu'on a du corps, pourvu qu'il ne soit pas excessif, car personne n'a jamais haï sa propre chair, comme dit le Sauveur. Si c'est par l'ordonnance des personnes sobres, c'est-à-dire de médecins spirituels, nous approuvons encore la vertu par laquelle vous domptez la chair et réfrénez ses mouvements. Mais si c'est par une folie (a) de Manichéens, que vous donnez des bornes à la libéralité de Dieu, en sorte que ce qu'il a créé et donné pour nourriture aux hommes, à condition qu'ils le prendront avec actions de grâces, non-seulement vous vous en montrez peu reconnaissant, mais que, comme un censeur téméraire, vous le jugiez immonde, et vous en absteniez comme d'une chose mauvaise, bien loin de louer votre abstinence, j'aurai en exécration votre malice et votre blasphème, et je vous estimerai vous-même immonde de croire qu'il y ait quelque chose d'immonde. « Toutes choses sont pures pour ceux qui sont purs (Tit. I, 15), a dit un excellent appréciateur des choses; et il n'y arien d'impur que pour celui qui le juge tel. « Il n'y a rien de par, ajoute-t-il, pour les impurs et les infidèles, parce que leur âme et leur conscience est toute pleine d'impureté. » Malheur à vous qui rejetez les viandes que. Dieu a créées, en les jugeant immondes et indignes de les faire passer dans votre corps, puisque cela est cause que le corps de Jésus-Christ, qui est l'Église, vous rejette vous-mêmes comme des immondes et des impurs.

8. Je n'ignore pas qu'ils croient être le corps de Jésus-Christ, et qu'il n'y a qu'eux qui le soient. Mais il ne s'en faut pas étonner, puisqu'ils se persuadent aussi qu'ils ont la puissance de consacrer tous les jours, à leur table, le corps et le sang (b) de Jésus-Christ, pour s'en nourrir et devenir son corps et ses membres. Car ils se vantent d'être les successeurs des apôtres, et ils s'appellent hommes apostoliques, quoique pourtant ils ne puissent montrer aucune marque de leur apostolat. Jusques à quand la lumière demeurera-t-elle sous le boisseau ? « Vous êtes la lumière du monde (Matt. V, 14), » a-t-il été dit nuis apôtres. Aussi les apôtres sont-ils sur le chandelier, afin d'éclairer tout le monde. Que ces successeurs des apôtres rougissent donc de n'ètre, au lieu de la lumière du monde, que la lumière et les ténèbres du monde. Disons leur : Vous êtes les ténèbres du monde, et passons au reste. Ils disent qu'ils sont l’Eglise, mais ils contredisent celui qui dit : « Une ville bâtie sur une montagne ne peut pas être cachée (Ibid). ») Croyez-vous que cette pierre qui s'est détachée de la montagne eue le secours de la main des hommes, et qui est devenue elle-même une montagne remplissant toute la terre, soit enfermée dans vos cavernes ? Mais il ne faut point encore nous arrêter ici. Leur erreur fuit le jour et se contente d'un sourd murmure. Jésus-Christ a et aura

 

a A cette époque tous ou presque tous les hérétiques étaient infectés des erreurs manichéennes, comme nous l'avons dit dans notre préface générale. Il ne faut donc point s’étonner s'ils repoussèrent avec tant d'énergie le dogme de la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie, puisqu'ils niaient que Jésus-Christ eût eu un véritable corps.

 

b Il ne peut exister aucune difficulté à propos de ces paroles, d'après la lettre d'Evervin que nous avons donnée plus haut et dans laquelle il dit que ces hérétiques croient que tout élu, c'est ainsi qu'ils appellent ceux qui ont reçu le baptême parmi eux, a le pouvoir de consacrer le corps et le sang de Jésus-Christ. Saint Bernard réfute cette erreur. On peut voir la note dont nous avons accompagné ce passage dans notre précédente édition (Note de Mabillon).

 

toujours son héritage entier, et sa possession n'aura pour bornes que celles de la terre. Ceux qui s'efforcent de ravir à Jésus-Christ cette grande succession, s'en privent plutôt qu'ils ne la lui ôtent.

9. Voyez ces détracteurs, voyez ces chiens. Ils se moquent de nous parce que nous baptisons les enfants, que nous prions pour les morts, et que nous implorons les suffrages des saints. Ils tâchent de proscrire Jésus-Christ dans toute personne, et tout sexe, dans les adultes et dans les petits enfants, dans les vivants et dans les morts. Dans les enfants, à cause de la faiblesse de leur âge, dans ceux qui sont plus âgés, à cause de la difficulté de la continence. Ils privent les morts du secours des vivants, et les vivants des suffrages des saints qui sont morts. Mais à Dieu ne plaise. Le Seigneur ne délaissera pas son peuple, qui s'est multiplié comme le sable de la mer, et celui qui a racheté tous les hommes ne se contentera pas d'un petit nombre d'hérétiques, car sa rédemption est abondante. Or, qu'est-ce que leur seul petit nombre pour la grandeur de la rançon. Ceux qui tâchent de la diminuer s'en privent eux-mêmes. Car qu'importe qu'un enfant ne puisse parer pour soi, puisque la voix du sang de son frère, et d'un tel frère, crie pour lui de la terre à Dieu? L'Eglise, qui est sa mère, se lève et crie aussi polir lui. Et ne vous semble-t-il pas qu'un enfant même ouvre la bouche, si je puis parler ainsi, vers les eaux du Sauveur, et dit à Dieu dans ses vagissements : Seigneur, je souffre violence, répondez pour moi (a). Il demande instamment le secours de la grâce, parce que la nature lui fait souffrir violence. II crie parce qu'il est innocent et malheureux. Il crie, parce qu'il est ignorant et petit. Il crie, parce qu'il est faible et condamné à souffrir. Ainsi tout crie en même temps chez lui, le sang d'un frère, la foi d'une mère, l'abandon d'un misérable. Et la misère d'un abandonné. Et ces cris sont poussés vers un père. Or, un père ne peut pars se désavouer lui-même,

10. Et qu'on ne me dise point que celui-là n'a point la foi, à qui sa mère communiqué la sienne, en l’enveloppant, pour ainsi dire, de tette foi dans le sacrement de baptême qu'elle lui donne, jusqu'à sas qu'il vienne capable de la développer et de la recevoir toute liure, non-seulement par sa propre connaissance, mais encore par sou consentement. Est-ce que son manteau est trop petit pour en couvrir tous leu deux en même temps. La foi de l'Église est grande. Est-elle moindre que la foi de la Chananéenne, qui fut insuffisante et pour elle et pour sa finie, et qui lui mérita d'entendre cette parole : « O femme, votre foi est grande, qu'il vous soit fait ainsi que vous l'avez demandé (Matt. XV, 28). » Est-elle moindre que la foi de ceux qui, descendant le paralytique par le toit, lui obtinrent en même temps la santé de l'âme et celle du corps? Car nous lisons: «Lorsque le Sauveur vit leur foi, il

 

 

a Dans plusieurs manuscrits, de même que dans les premières éditions des œuvres de saint Bernard, il n’y a point ici le mot inhiare « ouvrir la bouche ». On lit à la place de la leçon que nous donnons « ne vous semble-t-il pas qu’ils crient, » si je puis parler ainsi, du fond même des sources du Sauveur, » ete.

 

dit au paralytique, confiez-vous en moi, mon fils, vos péchés vous sont remis: » et un peu après : « Emportez votre lit et marchez (Matt. IX, 2). » Celui qui voit ces choses se persuadera aisément que l'Eglise peut présumer avec justice non-seulement du salut des petits enfants baptisés dans la foi ; mais aussi de la couronne des martyrs, pour ceux qui perdent la vie pour Jésus-Christ. Cela étant ainsi; ceux qui sont régénérés par le baptême, ne souffriront aucun préjudice de ce qui est dit, « que sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu (Heb. XI, 6), » puisque ceux qui ont recula grâce du, baptême en témoignage de la foi ne sont point sans foi : ils ne souffriront pas non plus de cette autre parole : «Celui qui n'aura point cru, sera condamné (Matt. XVI, 16). » Car, qu'est-ce que croire, sinon avoir la foi ? C'est pourquoi une femme sera sauvée en mettant des enfants au monde, si elle demeure dans la foi a avec douceur (1 Tim. II, 15) ; les enfants seront secourus par la génération du baptême, les personnes âgées qui ne pourront garder la continence se rachèteront par les nombreux fruits du mariage; les morts qui auront besoin et seront dignes des prières et des sacrifices des vivants, les recevront par l'entremise des anges, et l'assistance de ceux qui sont déjà dans le ciel ne manquera point aux vivants, parce que l'affection et la charité qu'ils ont par Dieu et en Dieu, qui est partout, les rend comme toujours, présents avec eux. Car Jésus-Christ n'est mort et ressuscité qu'afin de dominer star les vivants et sur les morts (Rom. XIV. 9). Et qu'il a voulu naître enfant, et passer par tous les degrés de l'âge jusqu'à l'homme parfait. C'est afin de ne manquer à aucun âge.

11. Ils ne croient point non plus au purgatoire après la mort, mais ils disent qu'aussitôt que l'âme est sortie elle passe ou au repos, ou à la damnation. Qu'ils demandent donc à celui qui a dit, qu'il y a un péché qui ne se remettra ni en ce monde ni en l'autre (Matt.        XII, 32), pourquoi il a dit cela, s'il n'y a en l'autre vie ni rémission de péchés, ni purgatoire. Mais il ne faut pas s'étonner si ceux qui ne reconnaissent point l'Eglise médisent des ordres de l'Eglise, s'ils ne reçoivent point ses institutions, s'ils méprisent ses sacrements, s'ils n'obéissent point à ce qu'elle commande. Les successeurs des apôtres, les archevêques, les évêques, les prêtres, sont des pécheurs, disent-ils, et partant ne sont point capables de donner ni de recevoir les sacrements. Ce sont donc deux choses à jamais inconciliables d'être évêque et pécheur? Nullement. Caïphe était évêque, et cependant n'était-ce point lui qui a prononcé la sentence de mort du Sauveur ? Si vous niez qu'il ait été évêque, le témoignage de saint Jean vous convaincra d'erreur, car, en preuve de son pontificat, il rapporte qu'il avait prophétisé (Joan. XII, 15). Judas était apôtre, et quoiqu'il fût un avare et un scélérat, il avait été choisi

 

a On trouve plusieurs variantes de ce passage. Le manuscrit de Jumièges donne avec la Vulgate cette version: . Si elle demeure dans la foi, dans la charité, dans la sainteté et dans une vie réglée. Un manuscrit de la Colbertine porte: « Si elle demeure dans la foi avec une vie réglée. » Notre leçon est préférée par le manuscrit de Saint-Germain et par las premières éditions.

 

par le Seigneur. Douterez-vous de l'apostolat de celui que le Seigneur lui-même avait choisi? « Ne vous ais-je pas choisi pour douze, dit-il, et l'un de vous est un diable (I Joan. VI, 71). » Vous voyez qu'on peut être apôtre et diable tout ensemble, et vous niez que celui qui est pécheur puisse être évêque? Les Scribes et les Pharisiens ont été assis sur la chaire de Moïse, et ceux qui ne leur ont pas obéi comme à des évêques, ont été coupables de désobéissance, même contre le Seigneur, qui commande de les écouter et dit: « faites ce qu'ils disent (Matt. II, 3). » Il est évident que bien que ce fussent des Scribes, des Pharisiens, et de très-grands pécheurs, néanmoins, à cause de la chaire de Moïse qu'ils occupaient, cette parole les regardait encore : « Qui vous écoute m'écoute, qui vous méprise me méprise (Luc. X, 16).

12. Les esprits d'erreur qui parlent avec hypocrisie et profèrent des mensonges, ont encore persuadé beaucoup d'autres opinions mauvaises à ce peuple fou et insensé. Mais je ne prétends pas leur répondre sur tous les points. Car qui pourrait connaître toutes leurs erreurs ? D'ailleurs ce serait un travail infini, et nullement nécessaire. Car on ne les convainc point par des raisons, car ils ne les entendent pas; on ne les corrige point par des autorités, attendu qu'ils ne les reçoivent pas ; et on ne les persuade point, parce qu'ils sont entièrement pervertis. On en a fait l'expérience. Ils aiment mieux mourir que de se convertir. Aussi leur fin sera une mort, et un embrasement éternel. Car ils ont été figurés il y a longtemps par le feu que Samson mit à la queue des renards (I Judic. 1, 5). Souvent les fidèles en ont pris quelques-uns qu'ils ont traînés en public. Ils leur ont demandé leur foi sur les points où ils étaient suspects, mais ils ont tout nié, selon leur coutume, et ensuite, étant mis à l'épreuve de l'eau (a), ils ont été trouvés menteurs. De sorte que ne pouvant plus nier qu'ils fussent dans les erreurs dont on les accusait, puisqu'ils avaient été découverts, et que l'eau ne les recevait point, ils prenaient le mors aux dents, comme on dit, et étaient assez malheureux pour professer ouvertement leur impiété, soutenir que c'était la véritable foi, et disaient qu'ils étaient prêts d'endurer la mort pour elle. Ceux qui étaient présents n'étaient pas moins prêts à la leur faire souffrir, si bien que le peuple, se jetant sur eux, fit de nouveaux martyrs de leur détestable secte. Nous approuvons son zèle, mais nous ne conseillons pas d'imiter cette action, parce qu'il faut persuader la foi, au lieu de l'imposer par la violence. Quoiqu'il serait mieux sans doute qu'ils fussent punis par l'épée (b) de celui qui ne la porte pas

 

a Les anciens ne rejetaient pas l'épreuve de l'eau, ainsi que l'a prouvé Hinchmar de Reims dans sa lettre à Hildegare de Meaux. On trouve la manière dont se faisait le jugement de Dieu par l'eau dans le tome Ier de nos Anatectes, où il est dit que c'est le pape Eugène II qui en est l'auteur. On peut voir cependant les notes de Horstius sur point.

b Saint Bernard n est pas ici en contradiction avec la doctrine qu'il a enseignée dans le sermon précédent n. 8, où il dit « qu'on doit prendre les hérétiques non par les armes, mais par les arguments, » ce qu’il n'entendait que des hérétiques qui s'observent et ne font point de propagande. « Autrement mieux vaut, sans aucun doute,dit-il, les réduire par l'épée que de les laisser libres d'entraîner une foule d'autres hommes dans leur erreur.

 

en vain, que de souffrir qu'ils en entraînassent d'antres dans leurs erreurs. Car il est ministre de Dieu, et il doit juger sévèrement celui qui fait mal (Rom. XIII, 14).

13. Quelques-uns s'étonnaient de les voir marcher à la mort, non-seulement avec patience, mais encore avec un esprit d'allégresse; mais c'est parce qu'ils ne savent pas combien grande est la puissance du diable, tant sur les corps que sur les âmes de ceux dont il s'est une fois emparé par la permission de Dieu. N'est-il pas plus étonnant qu'un homme se fasse mourir lui-même, que d'attendre qu'un autre lui donne la mort? Cependant nous savons par expérience que le diable a souvent eu ce pouvoir sur plusieurs qui se sont noyés on pendus. Car Judas se pendit (Matth. XXVII, 5) lui-même, évidemment par la suggestion du diable. Néanmoins je trouve encore plus étrange qu'il ait pu lui inspirer la pensée de livrer le Seigneur, que celle de se pendre de ses propres mains. L'obstination de ces hommes n'a rien de semblable à la constance des martyrs : dans ceux-ci c'est la piété (a) et dans ceux-là c'est l'endurcissement du coeur qui cause le mépris de la mort. Aussi un Prophète a-t-il dit, peut-être même au nom d'un martyr : « Leur coeur s'est serré et épaissi comme du lait, mais moi j'ai médité sur votre loi (Psal. CXVIII, 70), » pour montrer que bien qu'il semble que les tourments soient les mêmes, l'intention est bien différente, puisque les uns endurcissent leur coeur contre le Seigneur, et les autres méditent sur sa loi sainte.

14. Cela étant ainsi, il n'est pas besoin, comme j'ai déjà dit, d'en dire, davantage inutilement contre des hommes insensée et opiniâtres. Il suffit de les avoir fait connaître pour qu'on les évite. Aussi, afin de les découvrir, il faut les contraindre à chasser les femmes qu'ils entretiennent chez eux, ou à sortir de l'Église parce qu'ils la scandalisent. C'est une chose extrêmement déplorable, que non-seulement des princes séculiers, mais que des membres mêmes du clergé et des évêques (b), qui devraient les persécuter davantage, les supportent, à cause des avantages qu'ils en tirent, et en reçoivent des présents. Et comment, disent-ils, condamnerons-nous les hommes qui ne sont point convaincus des erreurs dont on les accuse et quine les avouent pas? Cette raison, ou plutôt ce prétexte, est frivole. Il suffit, comme j'ai déjà dit, pour les connaître, de séparer les uns des autres ces hommes et ces femmes qui se disent continents, et d'obliger ces femmes à vivre avec celles de leur sexe qui ont fait le même voeu qu'elles, et en faire de même des hommes. Car, de cette façon, on pourvoira et à leur vertu

 

a Saint Augustin émet la même opinion dans le livre I de son ouvrage contre Julien, ainsi que dans son livre sur la Patience, chapitre XVI. C'est d'après ce Père que la second concile d'Orange a dit dans son canon XVI, « la constance des Gentils prend sa source dans une cupidité mondaine, taudis que celle des chrétiens la trouve dans la charité de Dieu.

b Je ne sais si parmi ces évêques on ne doit pas compter l'évêque de Toul, à qui Hugue Metellus a écrit une lettre demeurée inédite, dans laquelle il dit que dans son diocèse ne cachent des hommes de pestilence qui condamnent le mariage, exècrent le baptême, et tournent en dérision les sacrements de l’Église.

 

et à leur réputation, en leur donnant des témoins et des gardiens de leur continence. S'ils ne le veulent pas, on aura droit de les chasser de l'Église, puisqu'ils la scandalisent par une cohabitation, qui est non-seulement suspecte, mais illicite. Que cela suffise donc pour découvrir les ruses de ces renards, et pour faire que l'Église les connaisse et s'en donne de garde, elle qui est l'Épouse bien-aimée et glorieuse de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui étant Dieu par dessus tout est béni dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

NOTES DE HORSTIUS ET DE MABILLON. POUR LE LXVIe SERMON SUR LE Cantique, n. 8.

 

293. De consacrer le corps et le sang du Christ. Peut-être quelques-uns verront-ils dans ce passage, que saint Bernard nie aux hérétiques le pouvoir de consacrer, ce qui serait abonder dans le sens hétérodoxe des Donatistes, qui prétendaient que les sacrements étaient souillés par les pécheurs, et leur effet empêché, en sorte que tout ce qui se fait par eux ou par les hérétiques doit être considéré comme non avenu et recommencé. Saint Augustin combat cette erreur en plusieurs endroits, en citant à l'appui de sa doctrine la coutume immémoriale de l'Église, de ne point réitérer le baptême des hérétiques, ainsi que plusieurs témoignages tirés de l'Écriture et des raisons très-concluantes. C'est donc avec raison qu'a été fait contre cette erreur le canon XII, de la session VII du concile de Trente : « Si quelqu'un dit que le ministre en état de péché mortel, même s'il observe tout ce qui est nécessaire à faire ou à conférer un sacrement, ne fait oit ne confère point ce sacrement, qu'il soit anathème. La doctrine de ce canon, dit Estius (Lib. IV, sent. dist. I, par. 25), étant générale, doit être entendue d'une manière générale, de tout ministre se trouvant en état de péché mortel, qu'il s'y trouve secrètement ou ostensiblement,qu'il soit encore catholique ou déjà hérétique, en un mot dans toute hypothèse possible. Aussi, dans le paragraphe suivant, à l'objection tirée de ce passage de saint Bernard, répond-il en ces termes : « Saint Bernard,en cet endroit, parle de ceux qui se nomment eux-mêmes apostoliques et se disent envoyés par les apôtres, sans être toutefois ni envoyés ni ordonnés par les successeurs des apôtres, et qui, par conséquent, ne sont pas véritablement prêtres. » On voit, en effet, combien saint Bernard était éloigné de cette erreur, par le langage qu'il tient plus loin, quand il reproche aux hérétiques de prétendre que les pécheurs sont incapables d'administrer et de recevoir les sacrements. (Note de Mabillon.)

 

POUR LE MÊME SERMON, N. 12.

 

294. Mis à l'épreuve du jugement par l'eau, etc. Autrefois il y avait plusieurs manières pour se justifier, en usage, tant pour démontrer qu'on était innocent, que pour repousser l'accusation de certains crimes : telles étaient les épreuves par la sainte Eucharistie, par le feu et par le fer rouge, par l'eau froide ou chaude, par le combat. singulier, et autres. Mais toutes ces épreuves ont été défendues et condamnées par les canons, les conciles et les décrets des souverains pontifes. Cependant il n'a pas manqué de gens qui prétendaient que l'épreuve par l'eau, dont parle ici saint Bernard, était louable, et qui même s'appuyaient du langage que notre saint docteur tient en cet endroit pour confirmer leur opinion. Mais Delrio montre que ces gens-là ont fort mal entendu notre saint (Lib. IV, disq. mag. cap. IV, 9, 5, secs. 2). En effet, il n'approuve point en cet endroit ce qui s'est fait, mais il dit ce qui s'est fait, à une époque où, en matière d'hérésie, ce genre d'examen et de preuve était encore pratiqué, sans que les magistrats, qui fermaient les yeux, et n'avaient pas assez de zèle pour faire observer les canons sur cette matière, s'y opposassent. (Note de Horstius.)

 

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