SERMON LXVI
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SOIXANTE-SIXIÈME SERMON. Les huit béatitudes sont opposées à autant de péchés.

 

1. Le remède du péché a suivi dans le même ordre que le péché a précédé. Le premier péché 1 a été commis dans le ciel par l'orgueil de l'ange prévaricateur qui a dit en son coeur : « Je monterai au ciel, j'établirai mon trône au dessus des astres de Dieu; je m'assoirai sur la montagne de l'alliance, à côté de l'Aquilon, je me placerai au dessus des nuées les plus"élevées, et je serai semblable au Très-Haut (Isa. XIV, 3). » Il s'enfla au dedans de lui-même et, chassé du milieu des esprits bienheureux, il perdit le royaume des cieux. C'est contre ce péché qu'il a été dit : « Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est à eux (Matt. V, 3). » Le second péché a été commis dans le paradis terrestre par la désobéissance de la femme. A la suite de ce péché, la chair se révolta contre l'esprit, en sorte que de même que l'esprit s'était révolté contre le Créateur, la chair refusa de se soumettre à l'esprit. C'est contre ce péché qu'il a été dit : « Bienheureux ceux qui sont doux, parce qu'ils posséderont la terre (Ibid.) » Le Seigneur renferme le remède à ces deux péchés dans ces mots: « Apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur (Matt. XI, 29). » Le troisième péché est celui que fit Ève quand elle entraîna Adam dans sa faute. Elle aurait pleurer sa faute au lieu d'en ajouter une seconde à la première, mais elle crut trouver une consolation si elle faisait participer son mari à son péché. C'est en effet un sentiment de la nature de vouloir trouver quelqu'un qui partage nos vices ou nos vertus. C'est contre ce péché qu'a été donné ce remède: « Bienheureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés (Matt. V, 6). »

2. Adam, par son consentement, commit le quatrième péché, car Adam ne fut pas séduit, tandis que ce fut la séduction qui entraîna Ève dans sa faute. Ève pécha par ignorance et Adam par faiblesse. L'affection trop grande qu'il avait pour sa femme le conduisit au péché, non parce qu'il fit la volonté de sa femme, mais parce qu'il préféra cette volonté à celle de Dieu; c'est pour cela que le. Seigneur a dit : « Puisque tu as mieux aimé obéir à la voix de ta compagne qu'à la mienne, la terre te sera maudite (Gen., III, 17). » Il était juste, en effet qu'il obéit préférablement à celui à qui il devait le plus, et qui oserait douter qu'Adam ne dût plus à Dieu qu'à Ève? Si l'amour l'attachait à sa femme, à plus forte raison l'amour et la crainte devaient l'attacher à Dieu. Ces deux liens devaient avoir plus d'empire sur lui pour; lui faire observer le précepte de Dieu, que la seule affection qu'il avait pour sa compagne. Le remède contre ce quatrième péché est dans ces paroles de l'Apôtre : « Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés (Matth., V, 6). » Or Adam eut la justice, car Dieu le créa juste; mais son libre arbitre, qui l'empêcha de suivre la justice, l'en détourna facilement. C'est ce que dit le Psalmiste lorsque, en parlant du Christ, il s'écrie : « Vous avez aimé la justice et détesté l'iniquité (Psal., XLIV, 8). » Adam commit un cinquième péché, en rejetant sa faute sur Ève, lorsqu'il dit : « La femme que vous m'avez donnée pour compagne m'a présenté du fruit et j'en ai mangé (Gen. III, 12). » D'abord il se. montra cruel envers lui-même en excusant son péché, ensuite envers son épouse en l'accusant. Il pensa ainsi se venger en accusant celle dont l'amour l'avait porté au péché. C'est contre ce péché qu'il est dit : « Bienheureux les miséricordieux, par ce qu'il leur sera fait miséricorde (Matt., V, 6). »

3. Le sixième péché est celui que commit Ève lorsque Dieu, en lui reprochant sa faute, lui demanda pourquoi elle avait agi ainsi. Elle répondit en effet : « Le serpent m'a trompée, et j'ai mangé du fruit (Gen. III, 13). » Elle s'est laissée aller à des paroles de malice et à chercher des excuses à son péché (Psal. CXL, 4), en rejetant sa faute sur le serpent, comme si elle cessait d'être coupable pour avoir été tentée quand les suggestions du serpent ne lui auraient fait aucun mal si elle avait refusé le consentement de sa propre volonté; peut-être bien aussi s'était-il déjà élevé en elle quelque mouvement d'orgueil qui lui valut d'être séduite parle serpent. C'est contre ce péché qu'il a été dit : « Bienheureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu (Matt. V. 8). » Le septième péché se commit hors du paradis terrestre, lorsque Caïn s'éleva contre son frère Abel et le tua (Gen. IV, 8). C'est depuis ce moment qu'il est devenu habituel aux méchants de se lever contre les bons, et de les opprimer : Voici le remède de ce péché : « Bienheureux les pacifiques, parce qu'ils seront appelés les enfants de Dieu (Mati. V, 9). » Si les méchants ne cessent point leurs persécutions, il faut que les bons les souffrent avec patience, en attendant les paroles consolantes qui suivent et qui leur sont adressées : « Bienheureux ceux qui souffrent persécution à cause de la justice, parce que le royaume des cieux est à eux (Ibidem). » Voilà à quel point l'avènement du Christ fut nécessaire pour soumettre la chair à l'esprit, remettre l'homme en paix avec lui-même et le réconcilier avec Dieu.

 

a Les Fleurs de saint Bernard reproduisent une partie de ce Sermon, dans le livre X, chapitre I.

 

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